Le Prix « Lire pour demain

Le Prix « Lire pour demain, les livres environnement des lycéens de Rhône-Alpes » est une action organisée par la Maison de l’Environnement de la Métropole de Lyon et la Maison de la Nature et de l’Environnement de l’Isère qui,  avec le soutien de la Région Auvergne-Rhône-Alpes,  a été proposé  cette année encore aux lycéens.  

Pour cette nouvelle édition 2017-2018,   ce sont les éco-délégués  de seconde qui ont lu  les 6   ouvrages,  sélectionné  leur 3 livres préférés dont leur « Coup de cœur » et présenté des travaux en lien avec les livres  pour la clôture de l’évènement.

Suite aux votes des lycéens participants, les résultats sont les suivants :

  1. Résilience : Tome 1 : Les terres mortes.   Augustin Lebon, Hugo Poupelin, Louise Joor
  2. Zone 2.   Mary Aulne.
  3. L’incroyable vie des paysages.   Marie Lecoeuvre, Vincent Mahé.
  4. L’Éveil.   Jean-Baptiste de Panafieu.
  5. La bio pour tous.   Stéphan KERCKHOVE, RED.
  6. Respirer tue : agir contre la pollution de l’air.   Gérard Borvon.

Les deux premiers remportent les suffrages largement, les suivants sont un peu plus serrés.

Les ouvrages sont présentés sur le site de l’association :

http://www.mnei.fr/index.php/lire-pour-demain-2017-2018-laureats-et-rencontre/

La remise du Prix  a eu lieu Jeudi 3 Mai,  malgré la grève des trains. Huit lycées ont pu arriver, comme nous,  sans trop d’encombres à la M.J.C. de Villeurbanne afin de rencontrer deux des trois auteurs retenus pour leurs livres.

Après une présentation  officielle du projet et des lauréats, les auteures Mary Aulne et Claire Lecœuvre   nous ont chaleureusement remerciés.  Puis,  l’organisatrice nous a lu la lettre  de remerciement d’Augustin Lebon,  malheureusement absent ce jour là :

Bonjour à tous,  et merci infiniment pour ce prix qui me touche beaucoup. C’est le premier que reçoit Résilience et je suis particulièrement heureux qu’il soit lié à l’environnement.

J’imagine que vous avez tous appréciés l’avenir tout doux et tout joyeux que j’ai imaginé dans mes deux premiers tomes. On se marre bien avec moi, je suis content que vous l’ayez remarqué !

 En réalité, quand j’ai commencé à écrire cette série, j’étais très en colère, face à tout ce que nous faisons subir à notre planète et aux nombreuses injustices qui en découlent. C’est cette colère naïve et sincère qui m’a poussé à dépeindre un avenir si sombre.

 Heureusement, en me documentant au fil de mes scénarios, j’ai découvert des tas de personnes extraordinaires : des gens capables de s’accrocher au sommet d’un arbre pour éviter la destruction d’une forêt primaire, des gens capables  de remettre en question leur tradition et parfois même leur propre famille pour cultiver la terre autrement, des gens capables  de parcourir la France pour récolter des graines et les envoyer illégalement dans un camp de réfugié, ou encore des gens capables  de défier les autorités lorsque les droits humains sont bafoués.

 Tous ces gens sont mes « super-héros » à moi, ils n’ont aucun « super -pouvoir » ni aucune fortune mais ils agissent. Ce n’est pas Batman qui accueillerait des réfugiés dans son manoir de 158 chambres, et on ne verra sûrement pas Superman bouger le petit doigt pour sauver le Mérou Goliath (qui est, comme vous le savez sûrement, une espèce de gros poisson hermaphrodite en voie d’extinction).

 Tous ces gens donc, me redonnent courage,  et si un jour je parviens à conclure ma série par un Happy End (ce qui n’est pas gagné, vous l’aurez compris), ça sera uniquement grâce à eux. Toutes ces personnes sont la Résilience d’aujourd’hui, et il ne tient qu’à nous d’en faire partie.

 Encore un immense merci à tous !

Augustin

 Dans un deuxième temps,  chaque lycée a présenté ses diverses créations, allant de la mosaïque à la vidéo animée,  en passant par le reportage,   avant un temps d’échange avec les deux auteures,  chacun(e) ayant pu les questionner tant sur leur ouvrage, leurs motivations,  que sur leur métier d’écrivain.  La cérémonie s’est terminée  par un goûter convivial à base  de produits d’ « Artisans du monde ».

Le Prix « Lire pour demain1

Pour notre 5ème participation, Alix Parizot (Seconde 2), Lise Paricot et  Sarah Chetibi (Seconde 7) ont présenté un reportage sur les pesticides,  Emilie Besson (Seconde 7) et Lili-Rose Caramelli (Seconde 3)  une vidéo animée sur le septième continent ?  Vous pouvez  les regarder en cliquant sur l’onglet vidéo.
Avec  Ilan Gouspy et Florian Arbane (Seconde 4), nous avons réalisé  un quizz  « spécial environnement »  que vous  découvrirez dans notre prochain journal annuel !

Cécilia Roux, éco-déléguée en  Seconde 3.

 

1083, une solution durable pour le marché du jean ?

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Aujourd’hui en France, il est vendu en moyenne 66 millions de jeans par an. L’industrie du jean, par sa fabrication mondialisée et sa reconnaissance sur toute la planète, ne connaît pas la crise. Du fait de son uniformisation, Il s’en vend 2,3 milliards de paires par an, pour un chiffre d’affaires de 58 milliards de dollars. 86% de ces jeans sont vendus dans les pays développés. Quatre pays concentrent plus de 80% des jeans importés en Europe : le Bangladesh, la Turquie, la Chine et le Pakistan. Il n’y a là aucune surprise, ce sont les principaux bassins de production du jeans. La Turquie est l’un des grands fournisseurs de textile à l’Europe. Toutefois, l’Europe se fournit moins chez les pays de la Méditerranée (Maroc, Tunisie, Turquie) et davantage chez les pays asiatiques. Le prix moyen du jean de Tunisie est de 17€, contre 13,5€ en Turquie et 5,4€ pour le Bangladesh. Le secteur du textile, pilier de l’économie du Bangladesh, représente 80% des exportations du pays. Cela a largement contribué à faire reculer la pauvreté dans le pays, en à peine vingt ans.

En ce moment, de nouveaux pays, avec des prix plus attractifs se tournent  vers la production du jean. Ce sont certains pays du continent africain : L’Éthiopie, le Kenya, le Mali et l’Égypte voient s’installer des usines de production. L’instabilité politique du pays et les risques de guerre, ici comme dans les autres pays, n’encouragent pas les affaires et n’incitent pas les entreprises à s’y installer. Ce problème récurrent est l’un des éléments qui empêchent un bon développement du continent africain.

La mondialisation de l’industrie du jean est un facteur de croissance considérable pour les pays producteurs  pour qui cette production constitue une grande part de leur économie nationale. Cette mondialisation profite par ailleurs aux principaux intéressés, les consommateurs, puisqu’ils bénéficient d’une grande variété de jeans et de prix avantageux. Pour les pays rentrant dans la chaîne de production du jean, bien que cela leur permette de se développer économiquement, les impacts sont nombreux.

Avant d’arriver dans nos magasins français, le jean est produit et acheminé en huit  étapes. De la culture du coton à la distribution du jean, beaucoup d’actions sont effectuées par divers acteurs. Nous pouvons, grâce à ces étapes, faire un lien entre le jean et la production du coton.

Environ deux millions d’agriculteurs produisent en moyenne plus de deux millions de tonnes de coton graine, soit près de 830 000 tonnes de fibres au taux moyen de rendement. Un jean est composé à lui seul de 600 grammes de coton avec quelques rivets et boutons en métal.

Cette production mondialisée importante engendre des conséquences  humaines, sociales et environnementales désastreuses.  En effet, il faut savoir que l’industrie textile est la deuxième industrie la plus polluante au monde, après l’industrie du pétrole. L’industrie du jean en fait partie. Autre exemple : le  24 avril dernier,  1 127 ouvriers sont morts dans l’effondrement d’un bâtiment abritant des ateliers de confection, près de la capitale du Bangladesh, Dacca. Un drame historique, mais loin d’être isolé, qui a mis au jour les conditions de travail déplorables des quelque 3,5 millions de salariés du secteur.

Il faut aussi savoir que la plupart des industries textiles emploient des ouvriers pour un salaire misérable. En plus de ne gagner que 2 ou 3 euros par journée de 12 heures de labeur en moyenne, ils travaillent   dans des conditions dangereuses pour leur santé, car ils sont exposés aux produits chimiques utilisés notamment dans la teinture des jeans. Une étude des eaux aux abords des usines, au Xintang, a été menée par Greenpeace, en 2010.  70% des cours d’eau en Chine sont pollués à cause de l’industrie textile. Les échantillons d’eau prélevés ont été analysés, et des taux de produits chimiques bien plus élevés que la limite maximale ont été établis. On y trouve par exemple du  manganèse, qui a  des effets irréversibles sur le cerveau, ainsi que l’alkyl phénol, qui réduit la fertilité. D’autres techniques sont dangereuses pour la santé, comme le sablage, qui permet de lui donner un aspect « vintage »,  pose  particulièrement problème, car il expose les travailleurs à la silice cristalline alvéolaire : libérée lors de la pulvérisation du sable, elle provoque la silicose chez ceux qui l’inhalent. A un stade avancé, cette maladie pulmonaire incurable devient invalidante, voire mortelle. Pour prendre un exemple parlant, 47 ouvriers de Turquie sont décédés après 6 mois d’exposition. Cette technique est censée être interdite dans plusieurs pays, mais la plupart ont recours à des moyens détournés pour continuer de l’utiliser.  Par ailleurs, les principaux pays producteurs de coton-fibre étant la Chine, l’Inde, les États-Unis, on observe  là aussi des problèmes : l ‘Ouzbékistan a été le premier pays à exploiter le  coton de manière intensive et les conséquences ont été désastreuses : en 40 ans, la mer d’Aral a été divisée par trois.  Cet assèchement est dû au détournement de l’eau de cette mer afin d’irriguer les champs   de culture de coton d’Asie centrale. C’est l’une des plus importantes catastrophes environnementales du XXème siècle. Outre le gaspillage de l’eau, la culture de cette plante nécessite énormément d’engrais et de pesticides. L’usage d’engrais est polluant. Il faut savoir que la plupart des pesticides utilisés dans la culture du coton sont considérés comme dangereux par l’OMS (Organisation Mondiale pour la Santé) mais continuent d’être vendus par des firmes multinationales, telles que Bayer ou Monsanto, dans les pays en voie de développement, notamment en Inde.

En somme, les dommages engendrés concernent, d’une part, l’environnement : pollution des nappes phréatiques, destruction des ressources en eau, salinisation des sols, déclin de la fertilité des sols causé par une culture intensive, empoisonnement direct et indirect via la contamination des nappes phréatiques, du bétail, et d’autre part, la santé humaine :  il n’est pas rare d’observer une hausse inhabituelle de nombreuses maladies et cancers  chez les travailleurs ou les riverains de ces usines.

Pour chaque hectare de coton,  on utilise en moyenne  près de 1 kg  de pesticides provoquant, selon  l’OMS, chaque année de réels dégâts humains : 1 million de personnes sont intoxiquées et 22 000 personnes meurent ou se suicident, notamment en Inde, suite à  la culture du coton.

Face à ce désastre,   1083  jeans,  100% écolo, travaille dans le respect de l’environnement et de ces salariés. C’est est une entreprise de jeans française.  Elle a été fondée en 2013 par Thomas Huriez. Celui-ci avait déjà crée son premier commerce éthique en 2007, Modetic, un magasin de distribution de vêtements écologiques français. Il crée sa propre marque,  d’abord de jeans, puis de chaussures :  L’entreprise 1083 est née !

Thomas se lance alors à la recherche de sites de productions et d’experts français du jean. Ils sont difficiles à trouver car il y en a très peu. Mais il n’abandonne pas  et finit par dénicher les  bonnes personnes. Son projet qualifié d’ « impossible » par beaucoup finit par voir le jour. Grâce au financement participatif (ulule), il réussit à  récolter  les gains nécessaires au lancement de sa production.

Pourquoi ce nom 1083 ? 1083 km séparent les 2 villes les plus éloignées de l’hexagone : Menton au sud-est et Porspoder, un petit village au nord de Brest. 1083 km, c’est donc le nombre de kilomètres maximum qu’un jean peut faire pour aller de l’usine de production au consommateur. Un jean standard, quant à lui, peu parcourir jusqu’à 65.000 km lors de sa fabrication.

Aujourd’hui, depuis le lancement de 1083, plus de 30 000 jeans et chaussures ont été commandés, qui ont permis de créer 30 emplois en France.

Les jeans 1083 sont en coton bio (il vient de Tanzanie, de Turquie ou du Mali), entièrement tissés et fabriqués en France. Le fil de coton est teint dans l’une des dernières usines de teinture encore en activité en France,  à Sevelinges,  dans la Loire, avec des colorants dont l’innocuité (la non toxicité) est prouvée. Juste à côté,  à Charlieu, on tisse la toile denim. Les pièces sont ensuite confectionnées à Marseille où on réalise la coupe du denim, la couture des différents éléments, la finition, la pose des boutons et rivets et enfin le repassage.

La seule étape de la confection qui ne se fait pas  en France est celle de la filature qui a lieu en Grèce et en Belgique. En effet, il n’existe plus de filature de coton en France. Les rivets et boutons viennent également d’Italie,  faute de fabricant français.

Le succès de 1083 repose en fait sur le savoir-faire de sa main d’œuvre, son implication, et la suppression des intermédiaires de distribution.

En 4 ans seulement, 1083 affiche déjà 2 millions de chiffre d’affaire. Mais le jean « made in France » est-il vraiment durable ? C’est un produit de grande consommation, et non pas de luxe, un marché hyperconcurrentiel, et non pas une niche.

1083 a adopté une réelle stratégie marketing. Pour Thomas, La communication, le marketing, c’est le pilier de 1083. . Thomas essaye d’être toujours au plus proche de ses clients ainsi que de ses fournisseurs. Au début, lors du lancement de la marque, il a fait le tour de France à vélo avec sa femme, visitant tous les fournisseurs, allant au plus proche de ses collaborateurs. 1083 étant également une des seules vraies marques totalement françaises, elle est très médiatisée. Présente au salon des artisans français, interviewée de toute part, florissante en projets, on en entend parler de partout. Ainsi,  la marque touche en même temps ses clients historiques de base, très engagés dans la protection de l’environnement, mais aussi une clientèle plus mode, plus sensible au  «  made in France » et plus attachée au prix.

La stratégie économique de Thomas est la suivante : il a  copié le modèle économique des anciens fabricants de chaussures de Romans il y a 50-60 ans, à savoir multiplier  par 3 le prix de revient pour avoir le prix de vente, alors que dans la mode conventionnelle on multiplie par 10. C’est un modèle économique avec moins d’intermédiaires : environ 97 % de la valeur ajoutée de l’achat du client reste sur le territoire.

Thomas cherche une troisième voie entre le capitalisme classique et le système coopératif : il  envisage la création d’une  « fondation actionnaire » à laquelle il va céder la majorité de l’entreprise, ce qui va garantir à l’entreprise de ne jamais pouvoir être délocalisée,  car elle va appartenir à une structure qui n’a pas de but lucratif.

Entre  l’enseigne Marques Avenue et le Musée de la Chaussure, Thomas lance  dans la région une nouvelle  opération d’envergure : réhabiliter l’usine Jourdan, aujourd’hui une friche, pour en faire un pôle industriel, commercial et touristique. Que ce soit pour le recyclage de jeans usagés, le tissage, la confection, toute l’usine s’ouvrira au public.  Des expositions, des boutiques,  des jardins,  des restaurants verront le jour sur le site pour un investissement total  de 5 millions d’euros !

Ce secteur reste néanmoins très concurrentiel et difficilement accessible pour plusieurs raisons : tout d’abord, les prix sont relativement élevés. On peut d’ailleurs souligner que le magasin à Lyon se situe dans le quartier de la Croix Rousse, quartier d’une classe sociale plutôt élevée. De plus, les stocks ne sont jamais garantis et les clients repartent généralement sans leurs produits, qu’ils doivent  alors commander. Les variétés de coupes et de couleurs ne sont pas nombreuses car l’entreprise ne peut pas, d’un point de vue financier, diversifier sa production.

La concurrence est très forte dans un milieu où le capital de base doit être élevé. 1083 a choisit une solution aléatoire : le financement participatif.  Certes,  l’entreprise crée des emplois,  mais elle ne peut pas, à grande échelle,  offrir des salaires élevés et des horaires satisfaisants pour tous.

Enfin, ce type de relocalisation n’est pas du tout soutenu par l’Etat tant sur le plan financier que moral et social,  et il  n’est pas à l’abri  d’une crise financière importante.

En conclusion, nous insisterons sur le fait qu’ il existe réellement des conséquences sociales et environnementales à la production planétaire qu’elle celle du jean.  Produit par milliards dans le monde chaque année,  essentiellement au Bangladesh, il est de notre devoir de remettre en cause ce modèle et de changer notre façon de consommer,  afin de prôner le vivre ensemble et le respect  à la fois de  la planète et des hommes et des femmes qui ont droit à la liberté. Ainsi, l’entreprise 1083 avec son nouveau modèle industriel, sa production faite de coton bio, de matériaux naturels et son respect des employés répond pleinement à ce besoin de changer de  société et de créer par ailleurs de l’emploi dans un pays affaibli  par  le chômage et les déficits financiers, où l’industrie est en déshérence et où la délocalisation est le mot d’ordre.

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Cet article a été rédigé dans le cadre de nos recherches en TPE. Madeleine Duffez, Ella Godfroy et Justine Galopin (1ES1.)

Le Citeau, la station d’épuration du futur !

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Citeau : Centre  Intercommunal  De Traitement  de l’Eau

SAÔNE-BEAUJOLAIS -BELLEVILLE

Un peu d’histoire

L’être humain ne s’est intéressé que très tard au traitement des eaux puisqu’ après l’Antiquité les systèmes d’égouts qui existaient ont vite été abandonnés.

À partir du Moyen-Âge,  les excréments étaient jetés directement dans des caniveaux.

Il faudra attendre 1854,  après l’épidémie de choléra à Londres,  pour réintégrer des égouts sous-terrains. Cependant,  le traitement des eaux n’existait toujours pas,  mais grâce aux progrès de la microbiologie au XXème siècle, des scientifiques anglais mirent au point en 1914 précisément,   le premier système de bassin, dans lequel des bactéries traitaient les eaux insalubres.

C’est ainsi que les premières stations d’épuration virent le jour dans les années 40.

La station d’épuration de Belleville, hier et aujourd’hui

L’ancienne station de Belleville créée en 1969 fut mise en service en 1971, traitant les eaux usées de Belleville-sur-Saône, de Saint-Jean-D’Ardières  et de Taponas.  La station se retrouva vite saturée  car  la population passa  d’environ 7 000 habitants en 1975 à 26 000 habitants dès 2010. Au même moment, l’Union européenne  décidait   de taxer les Etats d’Europe ayant des stations d’épuration qui ne répondaient plus aux normes de dépollution. Belleville faisait partie des 22 stations françaises les plus mal évaluées.

Une station d’épuration éco-responsable

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Dès lors d’importants travaux de rénovation ont commencé. Le but étant de construire une station éco-responsable. La station a été rebaptisée  Centre  Intercommunal du Traitement des Eaux.  La station se situe proche du centre –ville, fait inhabituel, certes, mais qui se justifie par le fait qu’elle se situe en amont d’un  bassin versant : grâce à l’inclinaison de la pente, l’eau provenant des maisons s’écoule de manière naturelle jusqu’à la station, ce qui permet d’amener l’eau jusqu’à la station sans avoir besoin d’intervenir. Il est évident que cette technique est moins coûteuse pour l’environnement. La localisation est restée la même, malgré les risques d’inondation dus  à sa proximité avec la Saône.  Mais lors de la rénovation de la station, le site a été surélevé, afin d’éviter tout désagrément.

On peut parler de  station autonome et éco-responsable  car elle est installée devant un verger pollinisé par des abeilles. La première récolte a permis d’obtenir de 26 kg de miel en 2015. L’entretien des espaces verts qui entourent la station sont à la charge de deux poneys brouteurs, Khaleesi et Epona,  réduisant  ainsi la consommation d’énergie fossile. Ils sont suivis régulièrement par un vétérinaire, et sont en bonne santé !

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Le site comporte aussi un toit végétalisé, afin  de garder la chaleur et d’isoler des bruits extérieurs.. Ce toit est parsemé de puits de lumière permettant à la station de ne pas utiliser d’éclairage artificiel en journée.

Sous la station, nous avons aussi un bassin d’orage : c’est un bassin de 2000 m3 qui absorbe les premières pluies -soit la première demi-heure- pour récupérer la pollution présente sur le sol,  tels que l’hydrocarbure, le gazoil, l’huile, etc. qui polluent les fleuves, rivières et nappes phréatiques. Ces pluies sont ensuite réinsérées dans le processus du traitement des eaux de la station.

L’idée de venir habiter juste à côté d’une station d’épuration n’est pas très attirante, mais cette station a été conçue pour s‘intégrer à la ville.  Une  paroi en verre inclinée, autour des bassins, cache totalement les bassins même du haut des immeubles du programme immobilier Villa Durabo.  Pas de mauvaises odeurs non plus : une salle désodorisante a été installée pour capturer les odeurs venant des boues, rendant impossible la propagation des mauvaises odeurs.   Des nez ont mené  une enquête et confirmé que  la station est inodore. De plus, un éclairage composé de néons tout autour de la paroi la rend plutôt esthétique et permet de limiter les éclairages, coûteux pour l’environnement.

Pour ce qui est de l’église romane qui est tout près, les architectes des bâtiments de France ont accepté le projet : la proximité avec l’église n’était pas problématique. Le Conseil d’architecture d’urbanisme et d’environnement du Rhône (CAUE), organisme d’intérêt public, qui a pour objectif de promouvoir la qualité de l’architecture, de l’urbanisme et de l’environnement dans le territoire départemental, a qualifié le CITEAU d’exemplaire.

Le CITEAU est une station d’épuration classique à 85% : elle suit le même processus de traitement des eaux que les autres stations d’épuration. Ce qui change,  c’est bien sûr la tenue éco-responsable du site mais aussi l’utilisation d’énergies dites « fatales ». L’énergie fatale, comme l’énergie solaire ou éolienne. est une énergie naturelle qui est perdue si elle n’est pas utilisée au bon moment L’énergie utilisée par la station est présente dans les boues actives. Ce sont des boues comportant des bactéries,  qui en traitant les eaux, créent  de la chaleur dans un bassin de décantation. Le CITEAU utilise ces effluents pour chauffer  en hiver et rafraichir en été les 88 logements de la Villa Durabo et prochainement un complexe médical et commercial. Les effluents utilisés sont traités et ne sont donc pas dangereux. Une fois le cycle terminé,  ils sont réinsérés dans le processus du traitement des eaux puis rejetés dans la Saône.

D-autre part, La station utilise un système d’eau glycolée, technique qui capture et conduit les calories dans les sols des appartements. Ce système à un taux de couverture de 80%,  ce qui permet de réduire par trois le bilan carbone du bâtiment. Les 20% restants sont assurés par un secours au gaz.

Le CITEAU est la seule station d’épuration en France à posséder ce système de chauffage.  Les travaux on débuté  en 2011 et se sont terminés  au printemps 2014. Le projet a été subventionné par  le groupe SAUR. C’est un ensemble d’entreprises qui accompagne les collectivités locales et les industriels dans leurs projets d’aménagement principalement liés à l’eau. Le coût  total du projet est de 9,9 millions d’euros. Le programme immobilier Villa Durabo offre aussi des logements sociaux, le but étant de renforcer le pilier social du développement durable.  Le chauffage est ici  5% moins cher  que le chauffage traditionnel. A l’avenir l’écart de prix entre l’énergie fournie par le CITEAU et les énergies fossiles devrait se creuser davantage,  d’autant plus  que les énergies fossiles sont de plus en plus rares.

Le CITEAU a également pensé à utiliser tout ce qui pouvait  être recyclé  lors du traitement de l’eau afin d’optimiser le rendement. Par exemple,  les boues sont envoyées en usine de compostage et seront ensuite transformées  en engrais ; 1400 tonnes de boue par an sont valorisées à travers le compostage.  De plus les eaux traitées sont parfois remplies de terre et de sable, alors elles passent dans un  dégrilleur. Le dégrillage consiste à piéger les matières plus ou moins volumineuses contenues dans l’eau traitée pour permettre leur extraction, ce qui sépare le sable et l’eau. Ce sable est ensuite vendu pour servir dans les chantiers. Une partie des eaux épurées est réutilisée en passant dans des tuyaux sous rayons ultra-violets  et ne possèdent  donc plus de bactéries. Elle est ensuite réutilisée pour nettoyer le bâtiment et tout son équipement, ce qui permet d’économiser environ 2500 m3 d’eau potable par mois. Sachant que 1m3  d’eau coute 3 euros, on économise 7500 euros par mois. Pour la réalisation de ces projets,  la station a reçu en décembre 2013 la Marianne d’or qui est un prix d’excellence des municipalités en France.

Un autre projet vient d’être lancé : un concours dans une école d’architecture pour des  étudiants qui proposeront la maquette d’un projet pour mettre en avant cette  station éco responsable.  Ne voulant pas s’arrêter là, la station veut aussi devenir  précurseur dans le développement d’un nouveau processus consistant à éliminer les antibiotiques et hormones non assimilés par l’homme et rejetés dans les excréments, qui impactent  et modifient  la biodiversité comme le sexe des poissons. Les bactéries utilisées aujourd’hui ne peuvent remplir ce rôle. Mais rien ne peut se faire sans l’accord de l’Union européenne…

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Cet article a été réalisé dans le cadre de nos recherches en TPE. Capucine Thiou, Pierre Gaudriot, Victor Droin-Roussel ( 1ère ES2)

Envers et contre tout, en vert et pour tous !

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A l’initiative des responsables de  la Pastorale,  les élèves de Terminale ont participé le Jeudi 26 avril de 13h30 à 16h30 à un temps fort intitulé « Envers et contre tout ? En vert et pour tous ! », afin de réfléchir, partager en petits groupes,  avec des intervenants aux problématiques suivantes :

Envers et contre tous : une écologie du désespoir et de la résistance contre un monde qui consomme, se consomme, se consume et s’éteint ?

Envers et contre tout : une écologie frustrée et culpabilisante à laquelle on nous force alors qu’on veut vivre pleinement et jouir et profiter….Se restreindre malgré tout et moins vivre ?

En vert et pour tous : une écologie altruiste et solidaire, pour toi, pour moi, pour aujourd’hui et pour demain ?

En vert et pour tout : une écologie de la relation, du temps, de la nature, de l’amour, de l’art…une écologie intégrale ?

En  guise d’introduction ils ont regardé  et réagi à des extraits de Human de Yann Arthus-Bertrand.  Ensuite, ils se sont répartis dans 3 ateliers de leur choix dans au moins 3  de ces pôles :

Pôle A : S’émerveiller

Atelier A1 : « Intériorité : s’émerveiller devant la nature », animé par Sr Marie-Geneviève Poulain, religieuse de l’Assomption.

Description : dans un monde où tout va trop vite, prendre le temps de souffler, de se mettre à l’écoute de ce qui se passe à l’intérieur de nous, de s’émerveiller devant le printemps qui surgit…

Cet atelier propose plusieurs expériences pour vivre une pleine présence à soi, à la création, aux humains.

Un temps de relaxation guidée pour apprivoiser son souffle et ses  pensées, une marche contemplative dans la nature pour s’émerveiller, une danse de bénédiction pour sentir tout cela avec notre corps.

Atelier A2 : « La Création dans la Bible, le projet de Dieu », animé par Sr Anne-Flore Chocarne, religieuse de l’Assomption.

Description : la Bible appartient au patrimoine littéraire et culturel de l’humanité. Ses histoires ont modelé le monde dans lequel nous vivons. Elle fait partie des récits fondateurs ; si elle fait sens pour les croyants, elle entre aussi en résonance avec la réflexion philosophique et anthropologique contemporaine.

Cet atelier propose d’ouvrir un espace de contemplation et de réflexion, permettant de relier entre elles les questions philosophiques et religieuses, pour se préparer à des choix de vie engagés et éclairés en cohérence avec les valeurs chrétiennes.

Pôle B : Réfléchir

Atelier B1 : « Quel monde pour demain ? », animé par Julien Grisoni, ancien élève de Mongré, élève en hypokhâgne AL, option cinéma.                                                                                                                                                           Description : à partir d’extraits du film Demain  : “Alors que l’humanité est menacée par l’effondrement des écosystèmes, Cyril, Mélanie, Alexandre, Laurent, Raphäel et Antoine, tous trentenaires, partent explorer le monde en quête de solutions capables de sauver leurs enfants et, à travers eux, la nouvelle génération. A partir des expériences les plus abouties dans tous les domaines (agriculture, énergie, habitat, économie, éducation, démocratie…), ils vont tenter de reconstituer le puzzle qui permettra de construire une autre histoire de l’avenir.” A travers ces extraits, nous verrons comment la société civile prend notre avenir en main, et comment un changement est possible, à travers l’action de chacun.

Atelier B2 : « Monde ou e-monde ? », animé par Françoise Angelot, professeur d’économie  et Jean-Philippe Coumel, professeur de  philosophie.

Description : depuis quand je n’ai pas vu le monde ? Tous les jours je le vois, je le touche et je le balaie du doigt ! Le monde immatériel, l’e-monde ? L’immonde ? Quand la technologie se fait envahissante, quelle place encore pour l’homme dans le travail, la relation, le temps ? A partir d’un dialogue économico-philosophique, nous débattrons de ce qui fait notre monde.

Pôle C : Rencontrer des acteurs de demain

Atelier C1 : « Stratégie d’une collectivité en matière de développement durable »,  animé par Marie-Line Dumas, professeur de Géographie et Bruno Charles, Vice-président du Grand Lyon, en charge du Plan Climat.

Description : plan climat, éco-quartier, plan de recyclage et de traitement des déchets, plans de déplacements…autant de projets que les collectivités peuvent mener, avec un objectif : améliorer les conditions de vie des habitants, dans une perspective de développement durable. Pendant cet atelier, nous découvrirons un projet de ce type mené près de chez nous.

Atelier C2 : « Un projet d’habitat partagé » : l a Bénisson-Dieu »,  animé par François Nollé et Antoine Scherrer, fondateurs de cet éco-hameau.

Description : vivons-nous mieux aujourd’hui qu’avant ? La technologie est-elle mauvaise ? Les réseaux sociaux sont-ils sociaux ? Faut-il arrêter de manger de la viande et de prendre l’avion ? Les énergies renouvelables se renouvellent-elles ? Faut-il sauver les bébés phoques ? La maison de retraite, une solution pour les vieux ? Qu’est-ce que l’écologie intégrale ?

Atelier C3 : « Alimentation et territoire », animé par Marion Mazille, ancienne élève et protagoniste du film Regards Sur Nos Assiettes.

Description : « L’alimentation est un sujet qui nous concerne tous. L’acte de manger qui paraît en soi anodin impacte beaucoup ce qui se passe autour de nous. » Où a été produit ce que je mange ? Dans quelles conditions cela a-t-il été produit ? Que raconte le paysage autour de moi sur l’alimentation produite ici ? Comment mon alimentation impacte-t-elle mon environnement ?  A partir d’extraits du film Regards Sur Nos Assiettes, nous nous interrogerons et nous tenterons de comprendre les relations entre notre alimentation et le territoire qui nous entoure.

Pôle D : S’entraîner

Atelier D1 : « L’écologie de nos relations », animé par Véronique Mille et Muriel Blanc, animatrices en pastorale.

Description : atelier sur la communication non violente (CNV) : écoute, bienveillance, empathie, expression de ses besoins et demandes en « Je ».

Nous découvrirons en quoi consiste cette technique à travers un jeu nous mettant en action pour vivre des relations vraies et apaisées.

Atelier D2 : « Vers une écologie du débat ? », animé par Mathieu Guillermin, Ucly

Description : un avis personnel c’est bien…Une conscience globale du problème c’est mieux.

Doit-on sauver toutes les espèces en danger ? Doit-on sauver la nature seulement car elle nous permet de vivre ?… Formez des équipes et marquez des points en trouvant des arguments en faveur d’une position ou d’une autre…Faites des combos d’arguments contradictoires pour multiplier vos points…

Atelier D3 : « Mongré, un lycée éco-responsable », animé par les éco-déléguées de 1ère  et Elisabeth Novales et Anne-laure Clément,  documentalistes.

Description : l’équipe développement durable de Mongré vous présente les projets pédagogiques menés à l’échelle de l’établissement et qui ont permis d’obtenir le label “éco-responsable” au niveau Expert.  Les éco-délégués vous présenteront aussi les motivations de leur engagement.

Atelier D4 : « Ecologie et art de vivre chrétien », animé par le père Arnaud Alibert, prêtre accompagnate.

Description : la presse parle de « mur écologique », un mur qu’il va nous falloir franchir sinon notre monde ira vers des temps de plus en plus difficiles, en particulier pour les peuples les plus vulnérables. C’est l’occasion pour chacun de changer de vie. La foi chrétienne appelle à ce changement et propose des manières précises  de le réaliser en conciliant notre devoir écologique et les attendus de notre religion. Cet atelier propose de faire découvrir les aspects écologiques pratiques de l’enseignement de l’Eglise.

Envers et contre 2

En qualité d’éco-déléguées, nous avions comme mission de présenter un  des ces ateliers  « Mongré,  un établissement éco-responsable ». Voici le contenu de notre intervention auprès de 3 groupes :

Présentation  du projet d’établissement : Etre un lycée éco-responsable, c’est quoi au juste ?  C’est un établissement  qui forme ses élèves, futurs citoyens, aux problématiques du développement durable, aussi bien dans le cadre des enseignements et de la vie scolaire, que par son fonctionnement et sa gestion. Il nécessite l’implication de l’ensemble des personnels et des élèves au service de la construction et de la mise en œuvre d’un projet collectif qui se traduit en actions concrètes valorisées et évaluées dans la durée.

–          Mongré,  engagé depuis 10 ans  dans cette démarche, a obtenu  officiellement  le  label  « établissement éco-responsable », décerné par le Rectorat de Lyon et la Région Auvergne-Rhône-Alpes

o   Une première fois  en 2008 ;

o    renouvelé au niveau EXPERT en 2015 pour 3 ans  (Collège et Lycée).

–          Mongré s’engage donc, moyennant des subventions de la Région,  à atteindre sur 3 ans des objectifs en conformité avec les objectifs du développement durable.

Les actions s’articulent autour de :

o   La gestion des déchets : récupération, tri et recyclage du papier à tous les niveaux (salles de classes, bureaux administratifs, salle des professeurs, salles des DS) ;

o   les pratiques alimentaires : introduction à la cantine  de produits bio  et issus de l’agriculture raisonnée dans le cadre des circuits courts ;

o   les économies d’énergie : installation d’ampoules basse consommation et raccordement de l’établissement à l’incinérateur de déchets de Villefranche. Les économies réalisées, ajoutées aux subventions de la Région, permettent de réaliser des travaux d’isolation.

–          Les pratiques pédagogiques à Mongré :

o   Chaque classe compte 2 éco-délégués choisis sur la base du volontariat en début d’année scolaire ;

o   un comité de pilotage présidé par le Chef d’établissement réunit 3 fois par an les  « Super éco –délégués » de Première et de Terminale,  les professeurs  référents du collège et du lycée, les autres acteurs  impliqués dans cette démarche tels que des professeurs, le gestionnaire, le chef cuisinier, chacun apportant sa contribution et ses idées ;

o   des temps forts sont organisés plusieurs fois dans l’année : repas zéro déchets (tri et pesée des déchets) / journée sans portable (sensibilisation aux effets néfastes sur la santé du téléphone portable))/ participation à la fête de l’environnement à Villefranche /Semaine du développement durable ;

o   participation à des sorties  scolaires, à des conférences, des séminaires et  à des concours académiques en lien avec l’Education au Développement Durable ;

o   participation au programme triennal  Erasmus + avec un lycée belge et un lycée allemand autour de nos pratiques éco-citoyennes (2016/2017- 2017/2018- 2018/2019)

o   aménagement du parc :

– un potager et une ruche entretenus essentiellement par les éco-délégués du Collège «  Jardiniers » et » Apiculteurs »avec leurs professeurs référents ;

– une spirale d’aromatiques : ce parterre surélevé en spirale fut inventé par les Anglais pour créer des conditions nécessaires à l’introduction de plantes aromatiques dans leurs jardins et ainsi lutter contre le climat humide de l’île ;

–  une « oasis nature », un lieu où l’homme laisse la nature s’installer pour favoriser la biodiversité ;

– un hôtel à insectes ;

o   réalisation d’un journal annuel « Vert Mongré » et du blog du même nom,  qui donnent à lire  les articles écrits par les élèves à l’issue de chaque action ou sortie.  Le journal  est distribué à chaque famille au mois de janvier.

Présentation de notre engagement  en tant qu’éco-déléguées  (motivations, actions menées, bénéfices…)

Présentation de la ruche et du parc

–          La ruche est entretenue par les éco-délégués « apiculteurs »  avec 3 professeurs et un apiculteur professionnel. La récolte est ensuite vendue et l’argent sert à acheter le matériel nécessaire à l’entretien de la ruche. Récolte 2016 : 19kg  / Récolte 2017 : 26 Kg.

Dans le parc :

–          Le potager est  essentiellement entretenu par les éco-délégués du Collège « Les jardiniers » entourés de professeurs, surtout à partir du printemps ! Cette année ils ont semé des graines de légumes, d’aromatiques et de fleurs Kokopelli, nom d’une association qui collecte et distribue des semences bio, reproductives et libres de droits ;

–          la spirale d’herbes aromatiques et l’hôtel à insectes construits par les collégiens  ont pour objectif de préserver la biodiversité ;

–          l’oasis nature : Pierre Rabhi, paysan philosophe, est à l’origine du concept des Oasis en Tous Lieux dans les années 90 : «  L’objet des Oasis en Tous Lieux est d’être des oasis de convivialité, d’abondance et de bien-être. Les Oasis en Tous Lieux seront des graines d’espoir dans un monde désertifié par la rupture des liens sociaux et par la séparation d’avec le milieu naturel ».

Le mouvement est organisé au niveau national  et international avec des correspondants locaux, parmi lesquels Hubert Reeves et son association Humanité et Biodiversité, qui intervient dans les instances parlementaires.

Installée en 2012 dans le parc de Mongré, nous avons pris le temps d’en expliquer l’intérêt aux élèves.

Envers et contre 3

Qu’est-ce qu’une Oasis Nature ?

Une Oasis Nature, c’est un jardin, un parc, un domaine, un lieu où la nature est respectée et peut se développer. Dans tous les cas, c’est un espace où la biodiversité s’épanouit. Quelques fleurs suffisent pour faire revenir coccinelles, abeilles et papillons. Alors finis les pesticides et la chasse…

Elle permet ainsi  l’apparition d’une flore et d’une faune riches et variées ! Et la multiplication de ces lieux d’accueil est une contribution certaine à la sauvegarde de la biodiversité pour le plus grand bien de la nature mais aussi pour le nôtre ! C’est là que nous avons  d’ailleurs installé notre hôtel à insectes !

Pourquoi créer une Oasis Nature ?

–          Parce que l’urbanisation va croissante et s’ajoute aux méfaits des pollutions ;

–          pour enrayer la dégradation de la biodiversité locale ;

–          pour assurer les continuités et les proximités entre les milieux naturels;

–          pour permettre aux espèces de circuler et d’interagir,  et aux écosystèmes de fonctionner.

En résumé, «  les Oasis Nature sont des lieux de vie proposant des alternatives de mode de vie  dans tous les domaines : habitat, énergies, gestion de l’eau et de la terre, santé, éducation) et visant une autonomie fondée sur la Terre nourricière, la pluriactivité et les échanges favorables à la reconstitution du lien social et à la coopération ville/campagne. Elles favorisent les pratiques écologiques  alternatives (agroécologie, permaculture),  solidaires et intergénérationnelles ».  http://www.humanite-biodiversite.fr

Nous avons été très contentes d’apporter notre contribution à ce temps fort et espérons que les élèves que nous avons accueillis garderont de  Mongré  un souvenir durable !

Envers et contre4

Ella Godfroy (1ES1), Agathe Colletta (1ES1), Marie Rochas(1S2), Marine Dandois (1S3), Valentine Charpy(1S3), éco-déléguées de 1ére.

Halte au gaspillage alimentaire ! Mongré se mobilise 

Depuis 1983, l’association  Terargir,  membre-fondateur de la Foundation  for Environmental   Education(FEE), présente dans 75 pays à travers le monde, accompagne les acteurs de la société dans leurs projets de développement durable. Elle  est à l’initiative de 6 programmes et labels : Pavillon Bleu, Eco-Ecole, Clef Verte, La Journée internationale des forêts, Jeunes Reporters pour l’Environnement et le Stockholm Junior Water Prize.

Le programme Jeunes Reporters pour l’Environnement   s’adresse aux jeunes de 11 à 18 ans ainsi qu’aux étudiants. Il s’applique au scolaire, à l’extra scolaire (centres d’animation et de loisirs, services jeunesse des communes, accueils périscolaires, conseils municipaux des jeunes), aux universités, grandes écoles, associations étudiantes, etc.

C’est  un programme international développé dans 34 pays à  travers le monde qui a pour but de sensibiliser les jeunes au développement durable par la pratique du journalisme.

Il aborde ces enjeux de façon concrète et positive, dans l’esprit du « journalisme de solutions », également appelé « journalisme d’impact ».

Les reportages peuvent prendre la forme d’un article, d’une vidéo, ou d’une émission de radio.

Les projets présentés au Jury doivent s’inscrire dans l’un ou plusieurs des objectifs de développement durable définis en 2015 par les pays membres de l’ONU :

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Source : teragir.org

Le thème de l’année à Mongré étant « Nourrir les hommes », nous avons inscrit notre reportage  dans l’objectif 12 –consommation et production responsables-.  Il est en ligne sur ce site dans la rubrique « vidéos ».  A l’issue des délibérations du jury,  notre  reportage  se classe au 4ème rang parmi les 16 vidéos reçues cette année.

Pauline Maire (T.ES2), Juliette Garnier (T.ES1), Louise Ducroux (T.ES1), Justine Cremilieu (1.L), éco déléguées.

Le téléphone portable, pas vraiment un ennemi, mais pas un ami non plus….

Rayonnement et Santé, Conférence de Philippe Perrin, éco-infirmier

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Nous sommes collégiens, lycéens  et  nous  sommes la première génération de l’histoire à être sous l’influence des rayonnements électromagnétiques.

Les premières antennes électriques ont vu le jour en 1906 et les premiers téléphones portables sont apparus il y a 30 ans maintenant mais ils étaient essentiellement  utilisés dans le monde professionnel.

Nous sommes  ainsi  les « cobayes » des nouvelles technologies. ! Les études, très coûteuses,  sont donc  peu nombreuses, et il est difficile de s’appuyer sur des versions souvent controversées pour se faire une opinion.

Néanmoins, l’OMS, Organisation Mondiale de la Santé annonce déjà  pour les utilisateurs du  téléphone portable  de plus de 10 ans :

  • 4 fois plus de risques de tumeur du nerf auditif ;
  • 2 fois plus de risques d’avoir une tumeur cérébrale.

C’est pourquoi, nous avons choisi  la  Journée  internationale sans portable, le 6 février , pour inviter Philippe Perrin , éco-infirmier, afin de sensibiliser tous les élèves de 4ème aux effets néfastes des ondes sur notre santé et sur l’environnement.

Selon son expérience,  d’autres risques  constatés  sont tout aussi  graves:

  • Tumeurs du cerveau, des glandes salivaires ;
  • perturbations de la communication des cellules ;
  • troubles de la vue, cataracte ;
  • fausses- couches ;
  • céphalées ;
  • troubles de la mémoire, de la concentration et du sommeil ;
  • fertilité en baisse chez les hommes.

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Pourtant, nous pouvons diminuer ces risques en changeant nos habitudes. Quelques exemples :

  • Mettre l’appareil en hors ligne ou mode avion le plus souvent possible, notamment la nuit ;
  • poser le téléphone face clavier sur la table, car même en veille, il émet des radiations ;
  • utiliser un kit mains libres pour éloigner le téléphone de l’oreille et de l’appareil génital ;
  • ne pas travailler avec un ordinateur sur les genoux pour éviter les risques de radiations, mais à distance respectable ;
  • privilégier les connexions avec câbles  aux connexions sans fils ;  les appareils « éco responsables » de type  ECO DECT limitent l’exposition aux hyperfréquences et permettent ainsi de réduire la puissance d’émission entre le combiné et la station de base en fonction de la distance qui les sépare.  De plus,  moins consommateurs  d’énergie, ils préservent notre environnement.
  • éviter les déplacements lors d’un appel ainsi que les lieux peu « connectés », car plus le réseau  est difficile à avoir, plus le téléphone va émettre de radiations.
  • acheter un smartphone plus durable et plus équitable appelé Fairphone.

Nous avons aussi accompagné les collégiens  au CDI  lors de la visite de notre exposition montrant clairement  les conséquences de  nos comportements   sur notre santé et sur l’environnement, et incitant vivement à adopter  de nouvelles habitudes pour être moins exposés aux ondes, protéger les travailleurs qui fabriquent nos téléphones,  et préserver notre planète.

Cet article a été écrit par Emilie Besson et Jeanne Benk, éco -déléguées de Seconde.

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 Qu’est-ce qu’un Fairphone ?

 « Le principe du Fairphone est simple : proposer un smartphone réparable et avec des composants issus de filières plus éthiques. Dans un smartphone il y a, en effet, plus de 1200 composants et 60 métaux différents dont plusieurs ont des impacts environnementaux et sociaux très importants. Ce n’est pas pour rien que certains sont surnommés les minerais «de sang». Les équipes du Fairphone travaillent, par exemple, en République Démocratique du Congo,  avec des mines de tantale ou d’étain qui ne financent pas les conflits, d’autres mines au Rwanda ou des usines en Chine qui accordent de meilleures conditions de travail à leurs salariés. On est loin du 100% équitable mais l’entreprise hollandaise est petite, plus elle grossira, plus elle aura d’impact sur ses fournisseurs et pourra changer les choses. Ce téléphone est également réparable, le patron du Fairphone Bas van Abel s’amuse même à le démonter d’une main. Ceux qui ont déjà essayé de changer l’écran d’un smartphone haut de gamme le savent :  il faut s’armer d’outils et de patience. Le démontage du Fairphone est déconcertant de facilité et beaucoup de composants sont changeables. Au lieu de sortir un téléphone chaque année, l’entreprise hollandaise fait évoluer les composants. Les possesseurs du smartphone peuvent ainsi avoir un appareil photo plus performant sans changer de téléphone. Bien sûr, il ne faut pas s’attendre ni à un design ni à des performances incroyables,  mais c’est aussi un choix à faire en tant que consommateur ».

 

Hélène Chevallier, Le Fairphone, le smartphone anti-obsolescence programmée,  

Emission du 02 octobre 2017 C’est déjà demain, franceinter.f/

Les moissons du futur

les moissons

Le monde vit une triple crise : économique, alimentaire et énergétique. La question alimentaire n’est pas encore résolue à l’échelle planétaire. Quelles solutions peuvent être envisagées pour renouer avec une agriculture durable, respectueuse du vivant et de l’environnement ? Afin de découvrir des solutions possibles à la crise alimentaire, Marie-Monique Robin enquête sur les méthodes de l’agroécologie dans différents points du globe.

Le tour du monde de Marie-Monique Robin débute au Mexique, où elle rencontre deux paysans locaux, pratiquant la technique du Milpa, qui est considérée comme l’un des modèles les plus accomplis de l’agroécologie.

L’agroécologie est une façon de concevoir des systèmes de productions qui s’appuient sur les fonctionnalités offertes par les écosystèmes. Elle vise à diminuer les pressions sur l’environnement (réduire les émissions de gaz à effet de serre, limiter le recours aux produits phytosanitaires) et à préserver les ressources naturelles.

Quant à la technique du Milpa, elle consiste à semer en même temps des graines de maïs, de haricots et de citrouille. Le maïs sert de tuteur aux haricots, le haricot fixe l’azote de l’air et l’apporte ensuite au maïs. Les feuilles de citrouille font de l’ombre sur le sol et permettent, de ce fait, de conserver l’humidité. Les agriculteurs obtiennent donc des parcelles en parfaite santé, et les résultats sont meilleurs. Dans le système de la Milpa, les « mauvaises herbes » n’existent pas ; car, même les plantes sauvages qui poussent au milieu des cultures ont de multiples fonctions, comme par exemple, nourrir les animaux. Les animaux produisent du fumier, qui entretient la fertilité du sol. Ce système de la Milpa fonctionne en circuit fermé, c’est pourquoi il est considéré comme durable et il ne dépend pas du marché extérieur. Il permet à ces agriculteurs d’être autosuffisants. Comme ce système entraîne une grande diversité d’aliments pour les insectes, ceux-ci s’attaquent un peu au maïs, un peu aux haricots, aux citrouilles et aux herbes qui poussent dans la parcelle mais ils ne représentent donc jamais un réel problème !

La deuxième étape de l’enquête se déroule au Malawi, un pays de quinze millions d’habitants, où la moitié de la population vit dans un état de pauvreté extrême avec un revenu inférieur à un euro par jour. En 2007, le gouvernement a lancé un vaste programme d’agroforesterie, considérée comme une expérience d’agroécologie réussie. Les sols du Malawi sont très pauvres en azote et en phosphore (aliments les plus importants pour la production agricole). C’est pourquoi, ils ont décidé de développer l’agroforesterie, car c’est un moyen d’augmenter la fertilité des sols. Ce système consiste à planter un arbre utilisé comme engrais (ici le gliricidia) autour de leurs cultures, mais aussi en alternance avec les plants de maïs. L’opération d’enfouissement doit être répétée trois fois par an. L’agroforesterie a rendu les terres fertiles et a résolu les problèmes de récoltes qu’elle rencontrait avec l’utilisation des engrais chimiques lors des périodes de sécheresse, le gliricidia permettant de conserver l’humidité. Pour cette technique, on peut utiliser des arbres qualifiés de « fertilisants » : ils ont la capacité de fixer l’azote et sont capables d’améliorer immédiatement la fertilité des sols. Les rendements sont alors multipliés par deux ou par trois. Ce système permet aux agriculteurs du Malawi de ne pas souffrir de la famine et de vivre décemment. Le centre mondial d’agroforesterie a été créé à Nairobi, au Kenya, en 1977.

La dernière étape de ce tour du monde est l’Allemagne, où deux agriculteurs biologiques exploitent une ferme de trente-trois hectares aux portes de la Forêt Noire.

Ils pratiquent ce que l’on appelle les « techniques culturales simplifiées ». Ils ne labourent plus leurs champs, ils n’utilisent jamais d’engrais chimiques ni de compost, mais nourrissent leurs sols avec un couvert végétal permanent considéré comme un engrais vert. Ils pratiquent enfin le « semi-direct » ; en mai, ils sèment du soja au milieu des plants de trèfle et de seigle. Ils travaillent le sol le moins possible, car chaque préparation du sol perturbe la vie microbiologique de la terre.

Le seigle fabrique beaucoup de matière sèche, et donc de carbone ; le trèfle est une légumineuse, qui fixe l’azote de l’air. C’est donc un alliage de plantes qui se complètent parfaitement et qui a différentes fonctions, comme celle de protéger le sol. Avec ce système, les rendements de soja sont similaires à ceux du soja conventionnel.

L’agriculture biologique entraîne une réduction de 45% de la consommation d’énergie et de 40% des émissions de gaz à effet de serre. Pendant les périodes de sécheresse, les récoltes des agricultures biologiques sont supérieures à celles des agricultures conventionnelles. Grâce à ce système et donc à la réduction des coûts de production, les agriculteurs biologiques de la Forêt Noire économisent cinq-cents euros par hectare et par an.

Le principal obstacle à une conversion massive vers l’agriculture biologique est l’énergie trop bon marché. Le jour où le prix de l’énergie augmentera et où l’agriculteur conventionnel ne pourra plus payer les entrées chimiques, il sera obligé de se tourner vers l’agriculture biologique.

De plus, les fournisseurs d’intrants chimiques n’ont aucun intérêt à ce que l’on enseigne aux agriculteurs comment se passer de ce qu’ils produisent et de ce qu’ils vendent.

Pour conclure, les agriculteurs auraient tout intérêt à passer à une agriculture durable comme l’agroécologie, avec ses différents systèmes, selon le climat et les ressources de chaque pays. Cette conversion réglerait de nombreux problèmes alimentaires dans le monde.

 

Alycia Bessaud, Seconde 3. Cet article a été rédigé dans le cadre du cours de géographie de Mme Dumas.