L’éco-quartier Confluence à Lyon : un bel exemple de réversibilité sur un temps court !

Passer de la marge au centre sur un temps court semble relever de la gageure. C’est pourtant l’ambition du projet Confluence à Lyon : transformer les friches industrielles et logistiques de la presqu’île entre Saône et Rhône pour doubler la superficie du centre ville lyonnais.

La visite guidée du quartier Confluence avec les éco-délégués du lycée a permis non seulement d’appréhender et de parcourir un espace singulier réaménagé à travers le prisme du développement durable  mais aussi de comprendre comment un espace marginal, lieu de déshérence , peut-être réversible et ne pas rester condamné justement à ce statut de marge.

Le guide a d’abord rappelé le site original de la capitale des Gaules. Lyon s’est d’abord développée à l’époque gallo-romaine sur la colline de Fourvière, les rives de la Saône,  celles du Rhône étant trop dangereuses et inondables. Le sud de la presqu’île actuelle était fort différent, constitué d’une multiplicité de petits îlots inondables. Il n’empêche que dès le IVème siècle, des espaces urbanisés existaient de part et d’autre de la Saône. De l’Antiquité à l’époque moderne, Lyon se dote d’une double centralité : le Vieux Lyon en rive droite de la Saône, tout à l’ouest, qui conserve au XVIIIème siècle les centres religieux (palais archiépiscopal) et politique (palais comtal), et une centralité émergente organisée autour de la place royale, la Place Bellecour, idéalement située entre deux ponts, l’un franchissant la Saône et l’autre, le Rhône. La pointe sud de la presqu’île est alors toujours inoccupée.

Au XVIIIème siècle, Antoine-Michel Perrache propose de remblayer les terres au sud du quartier d’Ainay pour relier les îlots instables et ainsi, accroître les espaces urbanisables. Mais le projet est coûteux et peu d’activités s’installent. La construction de la gare de Perrache au XIXème siècle coupe la presqu’île en deux : au nord, le quartier d’Ainay, voué au commerce et à l’habitat ; au sud, le quartier de Perrache, industriel et logistique. Pour les Lyonnais, la ville s’arrêtait alors sous les voutes de la gare, la coupure urbaine étant matérialisée par les voies ferrées puis, à partir de 1971, par l’autoroute reliant le sud et l’ouest de la ville à travers le tunnel sous Fourvière, la frontière était autant matérielle que symbolique entre les deux espaces. Au-delà des voutes, on quittait Lyon pour pénétrer dans l’espace des usines, entrepôts, de l’arsenal, du port industriel Rambaud en bord de Saône, l’espace des ouvriers, des prisons St Paul et St Joseph.

L’ambition du projet Confluence lancé par le maire de Lyon, Raymond Barre, en 1995, est de vaincre l’effet-frontière et de passer à un effet de seuil. La marge peut être effectivement perçue comme un bout du monde, une rupture ou, au contraire, comme une transition vers un autre espace. De fait, la métamorphose est impressionnante : le tramway relie pleinement le quartier au reste du centre-ville, les friches industrialo-portuaires ont laissé place à des immeubles contemporains de bureaux, de commerces et de logements, à une promenade végétalisée sur les quais. Alors que le marché de gros et les prisons ont été délocalisées en banlieue est, à Corbas, les bâtiments pénitentiaires ont été reconvertis en cité universitaire pour l’Institut Catholique de Lyon et l’ancienne Sucrière accueille désormais la biennale d’art contemporain.

Le réaménagement de ce quartier a convoqué de nombreux architectes « stars » pour dessiner le nouveau siège du Conseil Régional Auvergne-Rhône-Alpes, la requalification des terrasses de la presqu’île ou le musée des Confluences à l’architecture déconstructiviste.

Enfin, un signe fort du déplacement de centralité : les Archives municipales, la mémoire de la ville  a quitté le palais archiépiscopal St Jean du Vieux Lyon pour s’installer au pied de la gare de Perrache en lieu et place du tri postal.

Faire d’un espace de marge une nouvelle centralité à l’échelle de la ville  et qui s’inscrit dans les préoccupations actuelles du développement durable relève d’un véritable défi qui a pu voir le jour grâce au soutien des acteurs publics (Communauté Urbaine de Lyon et ville de Lyon) et privés. Cependant, le projet Confluence n’est pas sans effet sur les habitants du quartier dont la gentrification entraîne l’éviction des populations les plus précaires, une entorse de taille au pilier social du développement durable. ..

Marie-Line Dumas, professeure d’histoire-géographie. Cet article a été écrit dans le cadre du programme Erasmus + et est accompagné d’une vidéo réalisée par les éco délégués du lycée. Vous pouvez la regarder en cliquant sur l’onglet vidéo.

Fairtrade, Fair For Life, FSC… des labels, pour qui et pourquoi ?

Prêtez-vous attention à ce que vous achetez ? Qu’est ce que consommer équitable pour vous ? Regardez-vous les labels présents sur vos achats avant de les régler en caisse ? Et savez-vous vraiment ce qu’ils signifient ?

Dans le cadre du projet Erasmus+, les élèves ont été reçus avec leurs homologues belges sur le campus d’Efeuweg à Berlin.  Cette année,  la thématique transversale était « Nourrir les hommes ». Un atelier  sur le commerce équitable animé par une association locale nous a été proposé. Il s’agit d’une coopérative d’agriculteurs dont la  rémunération reste la même malgré la fluctuation des prix.

Commençons par définir le commerce équitable : c’est un système d’échange favorisant des producteurs autochtones de pays exportateurs en voie de développement, leur offrant un salaire plus juste par rapport à leurs productions. En Europe, certains sigles présents sur nos produits de consommation prouvent leur appartenance à ce système. Lors de l’atelier, nous avons été sensibilisés à la multiplicité des labels et à leur spécificité.

Car aussi responsable soit-il, le consommateur a tendance à se perdre facilement au milieu de ces sigles…

Voici donc trois labels qui nous ont été présentés et qui, bien que leurs démarches soient assez proches, bénéficient de caractéristiques propres :

En premier lieu, l’un des plus connus : Fairtrade/Max Havelaar, mouvement mondial d’origine néerlandaise, regroupe des ONG et représentants de producteurs présents dans 30 pays consommateurs. Le label reprend le nom d’un héros de roman anticolonialiste du 19ème siècle très célèbre aux Pays-Bas, Max Havelaar ou les ventes de la compagnie commerciale des Pays-Bas, d’Edouard Douwes Deckker, dit Multatuli, du latin « j’ai beaucoup souffert ». C’est l’un des premiers mouvements,  né en 1988, qui s’est inspiré de démarches qui ont vu le jour dès les années 1950. Il respecte simplement les conditions du commerce équitable et donne l’occasion aux producteurs de devenir les acteurs du marché à part entière. Il est présent auprès des consommateurs de 140 pays en Europe, au Japon, aux Etats-Unis, au Mexique, en Australie…

Ensuite, l’association Fair For Life, un programme de labellisation de produits pour le commerce équitable et les filières responsables : elle est  moins connue que Fairtrade, mais a autant d’exigences vis-à-vis des producteurs : respect des droits de l’homme et des conditions de travail dignes ; respect des écosystèmes et promotion de la biodiversité, de pratiques agricoles durables ; contribution au développement local.

Enfin, le concept du FSC, Forest Stewardship Council, a été inventé  par un groupe de commerçants, d’utilisateurs de bois, des représentants d’ONG environnementales et des droits sociaux lors d’une réunion en Californie en 1990. Leur objectif est une gestion écologiquement appropriée, socialement bénéfique et économiquement viable des forêts, permettant de répondre aux besoins des générations actuelles et futures.

Comme nous pouvons le constater, un simple sigle peut changer l’origine et la qualité de votre consommation.

Quoi qu’il en soit, si le commerce équitable existe, c’est pour aider les agriculteurs qui, dans d’autres régions du monde,  ne sont pas toujours aussi bien rémunérés.

C’est le cas du Costa Rica qui produit 85 à 90 % des ananas nous parvenant. Dans ce pays, plus petit que l’état fédéral de la Bavière, le contraste est flagrant : bien que 5% de la biodiversité se trouve uniquement dans ce pays et que l’indice de développement humain est l’un des plus élevés au monde, il y a beaucoup de monocultures d’ananas qui  contribuent à la majeure partie de l’économie du pays sans pour autant s’accommoder de deux des principaux enjeux du développement durable : social et environnemental.

De plus, la quasi-totalité de la production est tournée vers l’exportation ; par conséquent, les habitants ne peuvent pas en profiter. En outre, les intrants utilisés pour cette culture usent les sols, dégradent l’environnement et menacent la qualité des eaux. De surcroit, les paysans ne perçoivent que 4% du prix final d’un produit  fixé par le marché mondial et non par le pays producteur.

Nous avons ainsi pris conscience de l’importance des sigles : ils nous informent sur les conditions de production, ils impliquent aussi tout un système qui peut permettre de s’engager indirectement dans le  développement durable mondial et d’offrir une vie meilleure à des milliers d’exploitants issus de pays en voie de développement.

Cecilia Roux, 2.3 et Florian Arbane, 2.4

Cet article a été écrit dans le cadre du programme Erasmus+, lors du séjour à Berlin en mai 2018 encadré par Mme Combrichon, professeur d’allemand, et Mme Dumas, professeur d’histoire-géographie.

Vers une parité Hommes-Femmes en politique au Burkina Faso ?

Vers une parité

Des inégalités hommes-femmes existent dans le monde et au Burkina Faso, une transition vers moins d’inégalités se fera en fonction de l’engagement du gouvernement mais également en fonction de la population et des mœurs qu’elle véhicule.

Des progrès ont-ils été faits ? Oui ! Une réduction des inégalités est-elle possible dans les années à venir ? Est-ce que la politique est réservée uniquement aux hommes ?

Le 3 septembre 1979, la CEDEF, la Convention sur l’Elimination de la Discrimination à l’Egard des Femmes, est mise en place, puis ratifiée le 8 novembre 1984 par le Burkina Faso et marque le début d’une démarche égalitaire.

En 2001, le Centre International pour l’Education des Filles et des Femmes en Afrique, le CIEFFA, s’installe à Ouagadougou. Il prend de nombreuses mesures, notamment en 2003-2004, où l’enseignement primaire des petites filles de première année est entièrement pris en charge par l’Etat.

Malheureusement, ces politiques de discrimination positive visant à limiter les inégalités entre hommes et femmes sont insuffisantes. En effet, il y a très peu de femmes au parlement, au gouvernement et dans la haute administration centrale et communale : Seulement 20 maires de commune sont des femmes pour 351 postes, 18 femmes députés sur 111 à l’Assemblée Nationale, et 4 femmes ambassadrices sur 28.

Et, lors de notre correspondance avec les élèves du Burkina Faso, l’absence de réponse sur la question de la politique nous a surpris, et nous pousse à nous interroger sur les raisons de ce silence. Les collégiens n’ont-ils pas d’informations sur ce sujet ? S’en désintéressent-ils ?

Il y a donc de nombreuses inégalités au sein du gouvernement burkinabé

Ces démarches égalitaires vont-elles aboutir ? Est-ce que cette situation va permettre une remise en question des pays plus développés au niveau de la parité politique ?

Hugo Guastalla, Hugo Laviron , Victor De Regard  et Henri Duffez, seconde 1

Cet article a été réalisé dans le cadre des cours d’EMC de N. Mergoux en collaboration avec C. Lecocq Hubert, professeur documentaliste.

 

L’Etat se préoccupe-t-il de la santé des femmes Burkinabé ?

l'Etat se préoccupe

Nous avons eu l’occasion d’échanger avec des adolescents burkinabé, habitant à Koudougou, au sujet de la santé des femmes. Leurs réponses, différentes de celles que l’on aurait pu imaginer, nous ont montré que notre société et notre culture sont très éloignées des leurs.

Un enfant sur dix, né au Burkina-Faso meurt avant l’âge d’un an. Quelles en sont les causes ?

L’excision est le retrait d’une ou plusieurs parties de tissus organiques, généralement lors d’une intervention chirurgicale. Mais au Burkina, c’est une pratique qui consiste à une ablation d’une partie de l’organe génital de la femme. Ces pratiques servent en partie à conserver la virginité de la femme. Une femme Burkinabé, nommée Andal Traoré, fille de Komala Traoré, sage-femme, nous a expliqué que les femmes se font exciser dans leur village et cette pratique concerne notamment les ethnies mossi, bobo, ou autres. Cette pratique est de plus en plus condamnée car une lutte contre celle-ci a commencé en 1996 et une loi est entrée en vigueur en février 1997. Malgré tout, dans certaines régions, elle reste encore, hélas, bien présente.

Au Burkina, il y a des centres d’accouchement gratuits. Il existe aussi des pédiatres pour les enfants et des médecins gynécologues pour les mères. Malheureusement, ils ne sont pas assez nombreux pour le grand nombre de femmes et d’enfants burkinabé. De plus, il y a beaucoup de fausses couches, ils appellent cela « Grossesse qui Coule ». Dans les hôpitaux publics, le matériel médical manque. Le gouvernement a mis en place un service de médicaments gratuits pour les enfants de 0 à 5 ans, mais cela ne suffit pas car le nombre d’enfants est vraiment supérieur aux moyens octroyés. De plus, les seuls médicaments qui sont donnés à ces enfants sont des équivalents du paracétamol en France. C’est donc pour cela que la mortalité infantile reste élevée au Burkina.

Tout de même, toutes les jeunes filles du Burkina sont informées sur la contraception et y ont accès, peu importe la situation de la personne.

L’Etat met aussi en place de plus en plus de moyens pour améliorer l’état de santé des femmes, c’est encourageant !

Ce travail fut très enrichissant car il nous a fait découvrir des coutumes et des cultures totalement différentes des nôtres.

Maxime Bourlier, Thomas Mangin, Carla Lopes, Florine Picaud et Noémy Lièvre

Cet article a été réalisé dans le cadre des cours d’EMC de N. Mergoux en collaboration avec C. Lecocq Hubert, professeur documentaliste.

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Aimerions-nous étudier au Burkina Faso ?

Aimerions-nous étudier

 L’accès à l’éducation au Burkina Faso favorise l’émancipation des femmes. D’ailleurs, depuis peu, la scolarité des jeunes filles est aussi importante que celle des garçons. Il y a 65% de taux de scolarisation en primaire pour les garçons contre 54,5% pour les filles. L’école est accessible aux enfants habitant en ville et à la campagne. Ainsi, le nombre scolarisé n’a cessé d’augmenter, ce qui montre une évolution des droits de la femme.

La parité filles/garçons semble être respectée, pourtant des indicateurs nous montrent que les garçons étudient plus que les filles.

La scolarité au Burkina Faso est accessible à tous, filles comme garçons, néanmoins dans le pays pour environ 60 000 étudiants on compte seulement 20 000 filles. Nous remarquons donc que la proportion des filles étudiantes atteint tout juste le tiers. De plus, le taux de scolarité est faible : en 2002-2003, celui des filles en primaire était de 38,2% contre 40,6% pour les garçons. Ceci s’explique par le fait que l’école n’est pas obligatoire, contrairement à la France. L’école est donc une chance pour eux. Au Burkina Faso, les études, de la maternelle au supérieur, sont payantes. Par exemple, dans la commune de Nouna, au Burkina Faso, l’année scolaire coûte 25 000 F.CFA ajouté à cela 5 000 F.CFA de frais de dossier… soit 45,7€ alors que le salaire moyen par mois est de 175€. Sachant que le taux de fécondité par femme, au Burkina, est estimé à plus de 5 enfants en 2015, que plus l’enfant fait des études, plus le coût est important et que, en plus de cela, les fournitures, les uniformes, etc. sont à payer. Le coût est donc très élevé pour une famille de classe moyenne. Par conséquent, le taux de scolarisation des filles baisse en fonction de la progression des études. En 2002-2003 par exemple, le taux de scolarité secondaire était de 13,8% pour les filles contre 17,3% pour les garçons.

Les élèves du Burkina Faso ont une longue journée de cours car ils commencent à 6h55 et terminent à 18h. Leurs journées sont rythmées par des heures de cours, de travaux de groupes mais aussi de ménage. Les élèves habitent soit à la campagne, soit en ville… Mais l’école étant une chance pour eux, ils acceptent de faire près d’une heure de trajet en bus, moto, voiture, à pied pour s’y rendre. Ensuite chacun peut s’engager dans des études supérieures mais tous, n’ont pas forcément les mêmes ambitions.

Dans le cadre de l’EMC, nous avons travaillé sur les droits des femmes au Burkina Faso. Toutes nos recherches ont abouti à un échange avec un établissement à Koudougou afin d’observer les différences entre notre culture et la leur. L’école avec laquelle nous échangeons au Burkina Faso favorise l’éducation des filles dont le nombre est neuf fois supérieur au nombre de garçons. C’est une avancée pour l’éducation des femmes. Des mesures sont mises en place afin d’inverser la tendance.

Aujourd’hui, des associations se créent afin de limiter les inégalités d’accès à l’éducation. Elles trouvent, per exemple des fonds et de la main-d’œuvre pour construire des écoles. Des démarches sont mises en place pour inciter les parents à envoyer leurs enfants, particulièrement les filles, à l’école. Au Burkina Faso, l’école n’a pas pour but de préparer les enfants à un métier. De plus, le travail est rare. Cependant, le développement d’un pays passe par l’éducation et donc par l’augmentation du nombre d’enfants scolarisés.

Un proverbe africain  dit : « Lorsque vous éduquez un homme vous éduquez un individu. Lorsque vous éduquez une femme vous éduquez une nation ou une famille ». Pourtant, hélas, malgré les évolutions depuis de nombreuses années, les mentalités évoluent peu et trop de femmes sont encore destinées à fonder une famille et non pas à travailler.

Aliénor Barthelet, Julian Bermudez, Anthony Montaya, Baptiste Gervais,  Zoé Nespoulos et Romane Solelhac

Cet article a été réalisé dans le cadre des cours d’EMC de N. Mergoux en collaboration avec C. Lecocq Hubert, professeur documentaliste.

 

 

 

 

L’égalité homme/femme, entre la théorie et la pratique

L'égalité homme

Au Burkina Faso, de nouvelles lois en faveur de l’égalité homme/femme ont vu le jour comme par exemple l’adoption de la politique Genre de l’Union Africaine (UA) en décembre 2008 ou un certain nombre de dispositifs de la PNG (Politique Nationale Genre), qui traduisent une volonté politique de lutter contre les inégalités liées au sexe. Cependant, on sait qu’il a souvent une différence entre la théorie et la pratique. En France, par exemple la loi du 22 décembre 1972 inscrit dans notre droit le principe de l’égale rémunération des femmes et des hommes mais en réalité, les femmes gagnent encore en moyenne 15% de moins que les hommes.

Qu’en est-il donc de l’égalité réelle entre l’homme et la femme au Burkina Faso ?

La CADHP, Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples consacre, dans son article 2, le principe d’égalité en «interdisant toute forme de discrimination fondée sur le sexe et demande aux Etats d’éliminer toute forme de discrimination à l’égard des femmes et d’assurer la protection de leurs droits.»

De plus, le Conseil des femmes du Burkina Faso (CNFB), une association de femmes leader de la société civile fondée le 27 mai 2014, a participé à la rédaction du texte de loi. Le Burkina Faso a fait un pas en avant dans la répression des violences faites aux femmes. Ces agressions font l’objet d’un projet de loi qui a été voté dimanche 6 septembre 2015 par les députés du Conseil national de transition. Il prévoit notamment des peines de prison allant jusqu’à cinq ans et des amendes allant jusqu’à un million de Francs CFA selon les types de violences.

Pourtant, dans les faits, les femmes sont encore trop soumises à leur mari. En effet, à la lecture du livre Femmes du Burkina de Marie-Pascale Vincent publié en avril 2016 aux éditions L’harmattan, on peut être choqué par de nombreux témoignages. Bien souvent encore «c’est l’homme qui décide et les femmes n’ont pas les moyens de se faire entendre». Les élèves interrogés de l’école de Koudougou avec lesquels nous avons établi un échange disent «L’homme est le maître de la maison et tout le monde se doit de le respecter», ce qui rappelle que les systèmes sociaux au Burkina Faso sont basés sur le patriarcat et la suprématie du mâle.

L’organisation non gouvernementale Oxfam Québec,qui s’engage dans la lutte contre les violences faites aux femmes : témoignages de l’Afrique de l’ouest nous dévoile que «Au Burkina Faso, les violences faites aux femmes représentent un sujet de préoccupation majeure, voire une urgence nationale au regard de leur impact sur la vie psycho-sociale des femmes».  En effet, le document de la PNG, sur le site burkinafaso.unfpa.org, fait une synthèse des inégalités et disparités du genre au Burkina Faso et indique l’existence de nombreuses inégalités et violences faites aux femmes, comme «la persistance de la préséance du garçon par rapport à la fille dans le choix des naissances, dans le droit de succession et de propriété»; «inégalités et disparités dans la division sexuelle du travail, qui donnent plus de charge de travail à la femme par rapport à l’homme» ou encore «l’exploitation sexuelle des jeunes filles», «violences sexuelles, tels le viol, le harcèlement, les agressions et abus, la pédophilie [.

Le Burkina Faso continue d’agir pour trouver des solutions aux inégalités. Il s’est déjà fortement engagé en faveur de la lutte contre les inégalités entre hommes et femmes au cours des dernières décennies à travers des mesures notamment dans le cadre de la Politique Nationale Genre, qui ont permis de réaliser des progrès dans les domaines de l’éducation des femmes, de leur santé et de leur participation politique. Ainsi, aujourd’hui, presqu’autant de filles que de garçons sont scolarisés dans le primaire.

Juliette VANDECASTEELE , Clara FOUCRAS, Djehi AYESSOU , Maude EVRARD Seconde 1.

Cet article a été réalisé dans le cadre des cours d’EMC de N. Mergoux en collaboration avec C. Lecocq Hubert, professeur documentaliste.

La femme dans la société burkinabé

Cette année, à Mongré, les 2°1 ont eu la chance de pouvoir échanger avec des élèves d’un collège burkinabé. En automne, nous leur avons envoyé des questions sur la place de la femme dans la société et au mois d’avril, nous avons enfin reçu leurs premières réponses. Il faut dire que là-bas la connexion à Internet est très fluctuante. Nous allons ici partager avec vous ce que nous avons appris sur le travail et l’emploi de la femme au Burkina Faso. Les femmes sont placées dans un contexte relativement compliqué, elles sont contraintes de respecter les traditions tout en ayant la forte volonté de se faire une place dans la société.

La femme dans la société

Auparavant, au Burkina Faso, beaucoup d’avantages étaient donnés aux hommes, en particulier dans le domaine du travail. Les femmes étaient en majorité contraintes de rester au foyer, et étaient très discriminées dans le domaine du recrutement, elles constituaient une très faible part des travailleurs. Les femmes étaient aussi moins encouragées à aller à l’école du fait que les parents privilégiaient les garçons pour en faire de futurs « chefs de familles », ce qui constituait aussi pour elles un manque de formation, et entrainait un taux encore plus faible de femmes employées.

Aussi, à cette époque, le peu de femmes qui travaillaient étaient réduites à certains métiers spécifiques, et quelque peu stéréotypés comme secrétaires ou nourrices, par exemple.

En effet, du fait des discriminations de genre, le nombre de femmes au foyer parmi la population totale de femmes burkinabé est majoritaire. Mais la femme ne se laisse aucunement faire. Effectivement, elle représente plus de 52% de la population totale burkinabé et, avec la mondialisation et les progrès qui en résultent, les femmes obtiennent peu à peu leur indépendance économique. Ainsi, on peut dorénavant voir des femmes auto-entrepreneurs ayant généralement un petit commerce. Les femmes sont maintenant mieux admises dans le monde du travail grâce à différents traités internationaux tels que la (CEDEF) Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes. Elle a été adoptée en 1979, elle occupe une place importante parmi les traités internationaux relatifs aux droits de la personne humaine (Source : https://lacedef.org).

En outre, on peut voir cette amélioration dans la scolarité car maintenant le nombre de filles est égal ou même supérieur à celui des garçons dans les écoles ; en effet, dans l’établissement de Ouagadougou, les filles sont estimées à 9 fois le nombre de garçons mais c’est une école privée de l’Assomption. Aussi, grâce aux études supérieures, les femmes peuvent prétendre, depuis peu, à des emplois plus valorisés.

En conclusion, nous pensons, que ces différents problèmes d’inégalité entre les hommes et les femmes évoqués dans cet article sont d’ordre culturel. Il faut donc, pour les résoudre, changer avant tout les mentalités et montrer à chacun la perspective d’un avenir meilleur. Cela rendrait plus efficace chaque action menée pour la cause des femmes.

Victor Mairot, Alexandre Chaboud, Gérald Bouchet et Thomas Bourcelot

Cet article a été réalisé dans le cadre des cours d’EMC de N. Mergoux en collaboration avec C. Lecocq Hubert, professeur documentaliste.