Du bio mais pas du faux !

 Comment distinguer le vrai du faux ?  : Trop de publicités de nos jours abusent du label Bio.

Afin d’argumenter notre point de vue, nous avons analysé deux publicités élaborées par les grandes surfaces  Carrefour et Auchan.

Carrefour

« Agir Bio », c’est bien mais c’est quoi ?

Carrefour en a fait une de ses gammes. L’enseigne a même conçu une publicité pour un jus de fruit qui nous est présenté sur fond blanc. On peut y voir le ventre arrondi d’une future maman. Le titre placé en haut au centre « Carrefour Agir Bio  Agir pour les générations futures » nous suggère que la gamme respecte la conception même du développement durable qui est : «  un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. » d’où l’utilisation dans leur slogan de «  générations futures ». L’affiche insiste lourdement sur la vie, la naissance, on peut ainsi y voir une campagne destinée aux femmes puisqu’elles constituent la majorité des clientes. La pub attire donc le regard des mamans qui veulent le meilleur pour leurs enfants. De plus, Carrefour s’engage dans une politique en faveur de l’environnement : « Une fabrication respectueuse des Hommes et de la planète. » Comme ici, ce jus de fruit « bio » ne montre aucune trace de pesticides, insecticides et d’engrais chimiques. Toute la fabrication est contrôlée par des producteurs convertis en agriculture biologique.

Cependant, si un étranger venait à voir cette campagne de Carrefour, il pourrait alors penser que Carrefour est une grande surface de vente de produits biologiques telle que « la Vie Claire » (magasin consacré à l’écologie). Or, si l’on s’intéresse de plus près à la quantité de produits biologiques sur l’ensemble des gammes Carrefour, nous remarquerons alors que les produits respectueux de l’environnement n’occupent qu’une infime partie de la surface de vente.  Carrefour vante ses produits « bio » comme il vante ses produits discounts (carrefour discount) or cette gamme est critiquée par des associations de consommateurs qui pointent du doigt des produits de moins bonne qualité nutritionnelle.

Les consommateurs s’intéressent de plus en plus aux produits écologiques;  il est donc important pour eux de trouver un grand nombre de ces produits dans leurs grandes surfaces.

Vous pouvez continuer à faire vos courses en faveur de l’environnement sans vous préoccuper des publicités mensongères grâce au Greenwashing ; ce terme est utilisé par les groupes de pression environnementaux pour désigner les entreprises abusant du label bio : www.greenwashingindex.com

Avis des jeunes expertes : 3/5

Malgré une affiche attendrissante et un slogan intéressant, Carrefour devrait élargir sa gamme « agir Bio »….

 

Pauline Le Quellec & Estelle Thouny 1ère S3

Auchan    

  

Face à la demande de plus en plus croissante de produits « bio » de la part des consommateurs. Auchan a décidé de créer sa propre marque écologique : « Mieux vivre bio ». Il a également mis en place une politique qui consiste à vendre des produits, pour la plupart, issus de l’agriculture biologique française afin de limiter les gaz à effet de serre. Ces produits sont vendus à des tarifs relativement bas afin que chaque consommateur puisse y avoir accès.

Nous pouvons « découper » la publicité en trois parties. Dans la première nous pouvons voir une image, en haut au centre ; ainsi Auchan a choisi d’illustrer sa pub avec quatre personnes, deux enfants et deux adultes, nous pouvons donc penser à une famille. Ils portent un tee-shirt avec le slogan « Auchan développement durable » et arborent un large sourire. Ce qui peut nous faire penser qu’Auchan joue sur le bonheur et le rayonnement de cette famille. Les enfants représentent la génération future. C’est l’idée principale du développement durable : protéger les générations futures ; ainsi Auchan joue sur la sensibilité des gens avec le sous-entendu : si vous achetez bio, vos enfants seront en bonne santé.

Analysons le slogan lui-même «agir pour la planète c’est bien, en faisant des économies  c’est mieux ». A travers, celui-ci Auchan nous prouve une nouvelle fois qu’il s’adresse à tous les consommateurs grâce à des tarifs compétitifs. En 2010, Auchan s’est engagé à mettre en rayon 50 produits « bio » à moins d’un euro. De plus, ces produits « bio » sont utilisés au quotidien (comme la pâte à tarte). A travers ce slogan, Auchan joue sur l’argent, grande préoccupation des consommateurs en temps de crise. En effet, il incite à faire des économies en faisant acheter des produits : c’est donc une publicité lucrative.

Dans la partie inférieure de la publicité, nous voyons qu’Auchan joue sur trois thèmes du développement durable. La première concerne la nature en général avec les pastilles de lave-vaisselle. Ensuite, pour l’économie d’énergie grâce à des prises programmées ne laissant passer le courant qu’à certaines heures. La troisième concerne l’eau avec une photo d’un terreau biologique. Ainsi Auchan joue sur tous les plans. Il montre qu’il est entièrement bénéfique d’acheter des produits écologiques et que, pour cette grande surface, l’écologie est une priorité. Mais peut-on leur faire confiance? Il suffit de regarder les rayons de grandes surfaces pour s’apercevoir que les produits écologiques représentent un moindre pourcentage.

En conclusion nous pouvons dire qu’Auchan joue sur la jeunesse et le destin des générations futures afin de persuader la population d’acheter « bio ». Néanmoins, nous pouvons voir une certaine limite à l’efficacité de ses publicités puisque seulement 15.57% des personnes interrogées lors d’un sondage déclarent acheter des produits éco-responsables cette année. Vu la crise écologique mondiale actuelle, ce pourcentage paraît dérisoire.

Avis des jeunes expertes : 2/5

Malgré un slogan très accrocheur, le reste de la publicité reste terne et donc peu attrayant. De plus, on peut y voir un message implicite : acheter écolo pour faire des économies. Cela montre bien que l’enseigne cherche avant tout à faire des bénéfices. La protection de la nature n’est pas la finalité recherchée…

Fausse pub

Mélanie Martin& Amandine Salembier 1ère s3

Ce travail a été réalisé avec Mme Lecocq Hubert dans le cadre des cours d’ECJS

                                                                                                                                                            

Un déo dit « bio»

D’après la dernière campagne de publicité d’Ushuaïa, leurs déodorants sont certifiés « bio ». Mais le sont-ils vraiment ?

Gel douche bio-truc, déo bio-machin, le nouveau marché du bio n’a pas fini de nous en faire voir. En France, il n’existe actuellement aucune réglementation pour encadrer l’usage du terme bio en cosmétique. Ce qui peut paraître contradictoire puisque dans le domaine de l’alimentation les réglementations sont très strictes. En 2006, la direction générale de la concurrence de la consommation de la répression des fraudes (DGCCRF) a testé 47 produits prétendus naturels ou biologiques mais 6 d’entre eux ne rentraient pas dans les normes écologiques.

C’est pourquoi nous avons décidé de nous pencher sur la fiabilité d’une publicité concernant les déodorants biologiques Ushuaïa.

Des composants fiables ? :

A première vue, tout converge pour nous prouver l’aspect naturel de ce produit. Sur la publicité on retrouve tous les items « bio » : couleurs, fleurs, fruits, plantes … Par ailleurs, nous pouvons voir le logo « cosmétique bio, charte cosmébio ». Après vérification, nous avons constaté que ce produit labélisé par cosmébio est certifié par écocert (cosmébio est une référence en cosmétique naturelle, écologique et biologique ; écocert, lui, délivre une certification pour les produits issus de l’agriculture biologique, les cosmétiques écologiques et biologiques). Le soutien de ces deux labels à la gamme de ce produit n’est pas anodine, ni négligeable. Il représente un atout pour la vente du produit. Pour approfondir la critique de ce cosmétique, nous nous sommes intéressées aux composants de ce déodorant Ushuaia. Ainsi, il est certain que les ingrédients sont 100% naturels. Si l’on prend l’exemple de l’aloe vera, on apprend qu’il est d’origine bio. Cependant, les ingrédients provenant de l’agriculture biologique ne représentent que 20% du produit. De plus, certaines substances naturelles comme l’inaloeol, lemonere, benzyle, alcool …sont potentiellement allergisantes pour des personnes sensibles.

Les limites de l’emballage :

Le déodorant contient parallèlement ce qui peut être à l’origine d’irritation. Concernant l’emballage, il est réalisé en polypropylène qui d’après U est recyclable à un très bon point mais Le magazine Terra Economica de novembre 2008 affirme que l’emballage des déodorants en plastique pose problème, car il ne se recycle seulement que s’il est composé exclusivement d’aluminium, d’acier ou de verre. En effet, seules deux sortes de plastique trouvent une seconde vie. Or le paquet de ce produit ne fait pas partie de cette catégorie. Si nous comparons l’emballage de ce produit avec d’autres emballages en plastique, nous constatons qu’il est possible d’obtenir des solutions plus écologiques. Volvic, par exemple, a crée la première bouteille éco-conçue  (20% de plastique végétal issu de canne à sucre et 25% de plastique recyclé). En outre Ushuaïa aurait pu aller plus loin en proposant des emballages rechargeables comme de nombreuses marques l’ont déjà fait.

Pour conclure, on ne peut pas parler de publicité mensongère pour les déodorants Ushuaïa car le produit respecte quelques exigences écologiques. Malgré cela, nous pourrions nous attendre à plus d’efforts de la part cette marque reconnue. Il faut tout de même garder une certaine vigilance face aux publicités de cosmétiques dits biologiques.

Fausse pub

Clémence Vignon, Pauline Radix, Pauline Reynaud et Eléonore Pahaut (1ère S3).

 Ce travail a été réalisé avec Mme Lecocq Hubert lors des séances d’ECJS.

Le Greenwashing ? Comment décrypter les faux produits écolos ?

On a de très nombreux cas de Greenwashing, scandales courants de l’actualité. Ainsi, tout comme Le chat vert « éco-efficacité », ou encore le fameux K2R écologique dont le slogan « dur avec les taches, pas avec la nature » insiste très lourdement sur des propriétés écologiques en fait irréelles et pousse le consommateur à choisir le produit pour ses qualités environnementales qu’il ne possède pas entièrement. Il s’agit donc bien d’une arnaque écologique !

Il est courant de trouver des publicités concernant des lessives vantant leurs qualités écologiques. On doit donc se méfier des différents slogans publicitaires divulgués de nos jours puisqu’on remarque après étude que peu d’entre elles répondent réellement à tous les critères proclamés par les labels écologiques.

Qu’est-ce qu’une lessive écologique ? En existe-t-il vraiment ? La réponse donnée par les professionnels est, sans le moindre doute, non. En effet, une « lessive écologique » serait un produit sans le moindre impact sur l’environnement. Une étude de 60 millions de consommateurs nous confirme « l’écotoxicité de l’eau de lavage de toutes les lessives ». Il n’existe donc pas de lessive écologique.

Cependant, par leurs composants plus ou moins biodégradables, par le niveau de toxicité de l’eau de lessive, etc., il existe des lessives plus ou moins écologiques souvent reconnaissables à des labels officiels (labels verts, labels européens…)

Ici, on étudiera un cas de Greenwashing avéré, la campagne publicitaire du Chat éco efficacité.

Dans ce cas précis, on a une habile utilisation de l’emballage, de l’étiquette du flacon de lessive, dans le but d’induire le client en erreur. Ainsi, le Chat éco efficacité ® va fortement jouer sur la couleur verte afin de « renforcer la dimension écologique ». De la même manière, les mentions du produit sont précédées de diverses affirmations (« tensio-actifs d’origine végétale et la présence d’aucun rejet polluant au fil du temps dans la nature » ainsi que « efficace même en eau froide ») ainsi que de sigles graphiques, signes ambigus, simples signes esthétiques, mais rappelant au client les écolabels officiels, sans pour autant que le produit en possède, et toujours en jouant, auprès du client, sur la confusion, et le manque de précision.

On retrouve aussi ce manque de précision avec les affirmations de la marque, sans la moindre preuve à l’appui (labels…), telles que « Lessive écologique », « éco », « 100% biodégradables ». Ce dernier label prouve que le produit ne comporte aucune substance nuisible à la nature, mais qu’en est-il réellement ? Il s’agit donc ici d’une publicité mensongère.

De plus, alors que les allégations du produit restent vagues et non prouvées, le consommateur se trouve dans l’impossibilité de se renseigner sur ses réelles qualités. En effet, il ne pourra trouver sur son site www.lechatecoefficacite.fr,  aucune indication concrète sur la nature du produit. On nous indique sur le site de l’observatoire  de la publicité, OIP (observatoiredelapublicite.fr), que « Les lessives dites vertes ou écologiques qui respectent l’éco-label sont celles qui imposent une limitation des substances dangereuses, une biodégradabilité accrue et une réduction des produits issus de la pétrochimie pour un lavage efficace. Même s’il n’est pas parfait, ce label officiel permet de faire la différence entre un produit qui tente de réduire réellement son impact sur l’environnement et les autres. A la lecture des points précédents, on voit que Le Chat est nettement dans la « surpromesse » publicitaire »

Enfin, le produit conduit directement le lecteur à la confusion en sous-entendant que la composition du produit le rend tout à fait écologique. Or, les tensio-actifs d’origine « 100% végétale » n’en font pas pour autant un produit entièrement écologique et biodégradable

Le Chat, avec ce produit, n’a pas de comportement particulièrement contraire à un comportement écologique (ce produit pollue du fait des émissions de dioxyde de carbone puisque sa production est centrée à Nemours, en France…), mais la campagne de publicité étudiée reste un cas de Greenwashing, en raison de l’accumulation de sous-entendus, d’approximations, de mensonges par omission.

Nous avons donc pu voir que la publicité vantant les qualités écologiques du Chat Vert n’était pas réellement véridique. A l’inverse de ce produit très médiatisé, nous avons découvert une nouvelle substance dont les critères écologiques sont vérifiés: les noix indiennes de lavage. En effet, ce détergent naturel ne nécessite pas de transformation ou de production industrielle, c’est pourquoi il est biodégradable et hypoallergénique. De plus, le sac de coton dans lequel les noix sont vendues, est également écologique. Néanmoins ce produit, tout à fait naturel, vient de pays asiatiques. Ainsi la longue distance séparant le lieu de fabrication du pays de consommation induit un transport coûteux, et peu écologique du fait des émissions de CO2.

Cependant la récolte et l’entretien de ce produit entraînent la création de nouveaux emplois dans la région et permettent de développer le commerce équitable. Pourtant ce moyen de lavage montre encore quelques inconvénients liés à une origine naturelle; effectivement, certaines noix commercialisées peuvent être inefficaces à cause d’une mauvaise récolte, de mauvaises pluies  ou encore un mauvais séchage.

De par sa méconnaissance dans les pays développés, ces noix indiennes sont peu commercialisées. De plus, on peut supposer qu’elles sont peu utilisées du fait de l’absence d’odeur après le lavage. En effet, nous sommes attachés à la bonne odeur qui se dégage de notre linge propre !

En observant ces deux types de lessives : le Chat Vert et les Noix Indiennes, on constate que le premier type de lessive n’est en aucun cas écologique comme le prétend la publicité. En effet, cela s’explique  par les substances qui la composent, les moyens utilisés pour son exportation (transports…), etc. Tandis que le caractère écologique de ces noix ne fait pas de doute, hormis en ce qui concerne les transports polluants (CO2.). On peut donc dire que ce type de lessive est quasiment écologique. Ainsi, l’essentiel est de tenter d’adopter un comportement le plus écologique possible, sans se vanter de qualités environnementales factices.

Claire-Marie Maignet, Augustin Metge, Axel-Corentin Rongère et Yoann Revol, 1ère S3.

Ce travail a été réalisé avec Mme Lecocq Hubert lors des séances d’ECJS.