Fonte des glaciers : Danger !

 Fonte des glaciers

On vous l’a dit, l’activité humaine est un danger pour les glaciers. Le réchauffement climatique entraîne leur fonte progressive. Ce que l’on vous dit moins cependant, c’est que la fonte des glaciers est un danger pour l’humanité. Ces dernières décennies, les accidents liés aux divers effets de la fonte des glaces se sont multipliés, sans parler des effets à long terme de la fonte de quelques millions de milliards de m3 d’eau, actuellement stockés sur les continents sous forme de glace.

La fonte des glaciers en régions montagneuses a de graves conséquences : le réchauffement fragilise le glacier, provoquant la chute d’énormes blocs de glace. Ces blocs de plusieurs tonnes entraînent bien souvent dans leur chute une part du manteau neigeux dans des avalanches destructrices.

Un autre danger majeur lié au recul des glaciers est l’apparition, de plus en plus fréquente, de poches d’eau et de lacs glaciaires. Une poche d’eau se forme lorsque l’eau de fonte ne peut s’écouler naturellement ; les eaux peuvent alors s’infiltrer et former une poche d’eau dans une zone de vide dans la glace, ou entre la roche et la glace, ou bien encore s’accumuler en surface, formant des lacs retenus uniquement par un fragile barrage de moraines (gravats charriés par l’avancée des glaciers) ou de glace.

Soit la poche d’eau est pourvue d’un exutoire naturel, soit l’eau s’accumule progressivement jusqu’à ce que la pression fasse céder la glace et que l’eau se déverse alors en de brefs instants, créant le plus souvent une vague de plusieurs mètres de haut, plus communément appelée lave torrentielle : un mélange d’eau, de graviers, de rocs, de terre et d’arbres qui emporte tout sur son passage. En France le glacier le plus dangereux pour ses ruptures de poches est certainement celui de Tête Rousse, situé à 3200 mètres d’altitude au pied du Mont-Blanc. Le 12 juillet 1892, la rupture brutale d’une importante poche d’eau sous-glaciaire provoqua une lave torrentielle qui dévala la vallée de Saint-Gervais dévastant tout sur son passage, et faisant près de 175 victimes. Depuis, la poche s’est reformée et a été vidangée artificiellement a plusieurs reprises, mais malgré ces efforts, la poche menace encore la vallée du Mont Blanc.

Le danger majeur de la fonte des glaces reste celui de la montée du niveau des mers, qui entraînerait la perte d’une importante superficie côtière et surtout la disparition des villes et des habitations de ces territoires. Des pays entiers tel que les Pays-Bas se retrouveraient menacés. Le plus grand danger vient des inlandsis de l’Antarctique et du Groenland, ces immenses calottes glacières (un inlandsis fait plus de 50 000 km2 et mesure en moyenne 2000m d’épaisseur) qui couvre la quasi-totalité des terres polaires. A la différence de la banquise, dont la fonte n’accroît pas le niveau de la mer car elle est compensée par la baisse de la poussé Archimède, la fonte des inlandsis apporterait l’équivalent de millions de km3 d’eau aux océans. Par exemple, si les 2,85 millions de km3 de glace de l’inlandsis du Groenland fondaient, ils causeraient à eux seuls une élévation du niveau moyen de la mer de 7,2 mètres. Les conséquences d’une telle montée des mers seraient dévastatrices.

Si l’homme est dangereux pour les glaciers, il ne devrait pas oublier que le glacier l’est autant pour lui. Gare au Feed-back !

Andréanne Varet, Terminale S

Ce travail a été réalisé dans le cadre du programme de SVT (Mme Berger-Limone) et en lien avec l’éducation au développement durable (CDI).

Le grand dégel

Les glaciers sont à la une de l’actualité: marqueurs les plus évidents d’un réchauffement climatique aux conséquences potentiellement dramatiques, ils sont désormais l’objet de toutes les attentions. On sait maintenant que l’homme a vécu par le passé sous des climats plus chauds qu’aujourd’hui, avec des glaciers plus réduits. Mais aussi qu’à des périodes plus anciennes, d’immenses étendues glaciaires ont recouvert la planète.

L.Moreau

Dans le cadre de notre programme d’enseignement de spécialité de SVT, le mercredi 19 décembre 2012, nous avons pu assister à une conférence concernant les climats et leur influence sur les glaciers. C’est Luc Moreau, glaciologue, qui fut l’animateur de cette conférence fort intéressante. Luc Moreau est un glaciologue, docteur en géographie alpine, membre associé de l’équipe de recherche du Laboratoire CNRS Environnement et Dynamique des Territoires de Montagne ou EDYTEM, associé au laboratoire THEMA CNRS de Besançon et rattaché au projet EF1DIR. Depuis 1987, il étudie et mesure le glissement du glacier d’Argentière sur son lit rocheux, massif du Mont-blanc, pour le compte d’une société franco-suisse. Ses recherches et ses surveillances de l’hydrologie glaciaire s’appliquent à l’hydroélectricité mais aussi à la connaissance fondamentale et au risque des poches d’eau. Il travaille aussi depuis quelques années à placer des appareils photo automatiques pour mieux comprendre par l’image les dynamiques glaciaires.

Un glacier est une masse de glace plus ou moins étendue qui se forme par le tassement de couches de neige accumulées. Écrasée sous son propre poids, la neige expulse l’air qu’elle contient, se soude en une masse compacte et se transforme en glace.

Dans un premier temps, Luc Moreau nous a expliqué comment se formaient les glaciers et quels étaient les deux grands types de glaciers. La formation de ceux-ci est complexe, le glacier se forme dans une zone au dessus de 3000 mètres, où l’accumulation de la neige l’emporte sur la fonte. Au dessus de 400 mètres, la fonte n’existe pas, la neige et le glacier restent secs et froids, collés au rocher.

Il existe actuellement deux types de glaciers. En effet, la dynamique glaciaire est étroitement dépendante du régime thermique du glacier. La température de la glace est contrôlée par trois facteurs principaux, qui sont : les échanges thermiques avec l’atmosphère (contrôle climatique), le flux géothermique (contrôle géologique) et la pression de la glace et la friction (contrôle glaciologique). En fonction du régime thermique, on distingue deux catégories de glaciers :

* Le glacier tempéré :

Il a une température partout proche du point de fusion, sauf à la surface, où la température fluctue selon la saison ; à la base, il est travaillé par l’eau de fonte, dont la présence rend son glissement possible et plus rapide selon la saison.

* Le glacier froid :

Il a une température située partout en dessous du point de fusion ; il est donc gelé à sa base (pas d’écoulements d’eau). Le glacier froid se rencontre en altitude (supérieure à 4000 m dans les Alpes) ou aux latitudes très basses. Sa température est entièrement négative, ce qui influe sur son comportement : il adhère à son lit rocheux, ce qui lui permet de tenir sur des pentes bien plus raides qu’un glacier tempéré.

Les glaciers sont également révélateurs de notre climat. La mer de glace est le plus grand glacier du monde, avec 11 km de longueur !

Comme les autres glaciers alpins, la mer de glace a subi des modifications à cause des différentes variations climatiques (notamment le réchauffement actuel). De puis 1830, et sachant que nous n’avons pas connu de période glaciaire depuis 10 000 ans, le glacier a perdu plus de 160 m d’épaisseur et 2300 mètres de longueur ! La mer de glace est donc en retrait.

Mais les glaciers sont également une ressource en eau ! Les glaciers représentent en volume les deux tiers de l’eau douce sur terre. En tant que ressource en eau, on les utilise aujourd’hui pour la production d’énergie, pour l’irrigation, voir pour la glace, elle-même, dans son usage premier : le rafraîchissement ! Aujourd’hui, les nombreuses inquiétudes sur les changements climatiques, la diminution des ressources en eau douce par rapport à l’augmentation de la population, placent les glaciers au centre de l’attention et de l’intérêt du monde.

Toutefois, attention, les glaciers, sources de nombreuses rivières et de vie sont en diminution avec parfois des eaux polluées. En Himalaya par exemple, cette réduction de l’eau solide inquiète certaines populations venant puiser à la source. De plus, la ressource en eau solide est mal repartie sur terre, à tel point que certaines solutions de transport d’iceberg ont été envisagées pour les pays en manque d’eau.

Dans un second temps, Luc Moreau nous a expliqué quel lien existait entre les glaciers et les climats.

En effet, on remarque depuis quelques années déjà, que les glaciers fondent de plus en plus. Ceci est d’ailleurs bien visible sur les glaces de mer, qui, lorsque le climat est chaud, se transforment en eau qui coule directement dans les océans. Cette fonte des glaciers est d’autant plus amplifiée par le fait que les glaciers, blancs, renvoient les rayons du soleil et les océans, sombres, au contraire, absorbent ces rayons. Ce phénomène permet alors le réchauffement des eaux marines dont le contact avec les glaces implique la fonte des ces dernières.

En milieu alpin, il est possible de mesurer la quantité de glace fondue chaque été en effectuant un bilan de masse. Pour ce faire, il suffit d’insérer une sonde dans la glace pour voir de combien de mètres celle-ci fond pendant l’été.

Enfin, les glaciers permettent aussi de nous fournir des informations sur les climats antérieurs mais aussi sur la composition de l’atmosphère au cours de différentes périodes. En effet, la glace, en se formant, emprisonne des bulles d’air ancien enfermant ainsi les composants de l’atmosphère présente durant cette époque. D’autre part, si l’on étudie le rapport isotopique 180/160 sur une même couche de glace, il est possible de déterminer si cette glace a été formée durant une période froide ou plutôt au cours d’une période chaude, si la valeur de ce rapport est élevée ou faible. Plus ce rapport est important, plus la température présente lors de la formation de la glace est élevée. De cette façon, l’homme a pu reconstituer la composition de l’atmosphère primitive ainsi que les climats qui se sont succédé au cours des 800 000 dernières années. Il est possible de remarquer une évolution cyclique et périodique du climat, puisque tous les 100 000 ans, une glaciation s’opère.

Cette conférence, au final, nous a apporté de nombreuses nouvelles informations intéressantes et enrichissantes. Ainsi Luc Moreau nous a présenté son domaine professionnel en nous montrant de nombreux documents, tout en répondant à nos questions. Cela nous a permis de recueillir quelques connaissances avant d’étudier le sujet en classe.

Clémence Brunel et Jean-Christophe Bozetto / Terminale S

Ce travail a été réalisé dans le cadre du programme de SVT (Mme Berger-Limone) et en lien avec l’éducation au développement durable (CDI).