Le Citeau, la station d’épuration du futur !

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Citeau : Centre  Intercommunal  De Traitement  de l’Eau

SAÔNE-BEAUJOLAIS -BELLEVILLE

Un peu d’histoire

L’être humain ne s’est intéressé que très tard au traitement des eaux puisqu’ après l’Antiquité les systèmes d’égouts qui existaient ont vite été abandonnés.

À partir du Moyen-Âge,  les excréments étaient jetés directement dans des caniveaux.

Il faudra attendre 1854,  après l’épidémie de choléra à Londres,  pour réintégrer des égouts sous-terrains. Cependant,  le traitement des eaux n’existait toujours pas,  mais grâce aux progrès de la microbiologie au XXème siècle, des scientifiques anglais mirent au point en 1914 précisément,   le premier système de bassin, dans lequel des bactéries traitaient les eaux insalubres.

C’est ainsi que les premières stations d’épuration virent le jour dans les années 40.

La station d’épuration de Belleville, hier et aujourd’hui

L’ancienne station de Belleville créée en 1969 fut mise en service en 1971, traitant les eaux usées de Belleville-sur-Saône, de Saint-Jean-D’Ardières  et de Taponas.  La station se retrouva vite saturée  car  la population passa  d’environ 7 000 habitants en 1975 à 26 000 habitants dès 2010. Au même moment, l’Union européenne  décidait   de taxer les Etats d’Europe ayant des stations d’épuration qui ne répondaient plus aux normes de dépollution. Belleville faisait partie des 22 stations françaises les plus mal évaluées.

Une station d’épuration éco-responsable

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Dès lors d’importants travaux de rénovation ont commencé. Le but étant de construire une station éco-responsable. La station a été rebaptisée  Centre  Intercommunal du Traitement des Eaux.  La station se situe proche du centre –ville, fait inhabituel, certes, mais qui se justifie par le fait qu’elle se situe en amont d’un  bassin versant : grâce à l’inclinaison de la pente, l’eau provenant des maisons s’écoule de manière naturelle jusqu’à la station, ce qui permet d’amener l’eau jusqu’à la station sans avoir besoin d’intervenir. Il est évident que cette technique est moins coûteuse pour l’environnement. La localisation est restée la même, malgré les risques d’inondation dus  à sa proximité avec la Saône.  Mais lors de la rénovation de la station, le site a été surélevé, afin d’éviter tout désagrément.

On peut parler de  station autonome et éco-responsable  car elle est installée devant un verger pollinisé par des abeilles. La première récolte a permis d’obtenir de 26 kg de miel en 2015. L’entretien des espaces verts qui entourent la station sont à la charge de deux poneys brouteurs, Khaleesi et Epona,  réduisant  ainsi la consommation d’énergie fossile. Ils sont suivis régulièrement par un vétérinaire, et sont en bonne santé !

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Le site comporte aussi un toit végétalisé, afin  de garder la chaleur et d’isoler des bruits extérieurs.. Ce toit est parsemé de puits de lumière permettant à la station de ne pas utiliser d’éclairage artificiel en journée.

Sous la station, nous avons aussi un bassin d’orage : c’est un bassin de 2000 m3 qui absorbe les premières pluies -soit la première demi-heure- pour récupérer la pollution présente sur le sol,  tels que l’hydrocarbure, le gazoil, l’huile, etc. qui polluent les fleuves, rivières et nappes phréatiques. Ces pluies sont ensuite réinsérées dans le processus du traitement des eaux de la station.

L’idée de venir habiter juste à côté d’une station d’épuration n’est pas très attirante, mais cette station a été conçue pour s‘intégrer à la ville.  Une  paroi en verre inclinée, autour des bassins, cache totalement les bassins même du haut des immeubles du programme immobilier Villa Durabo.  Pas de mauvaises odeurs non plus : une salle désodorisante a été installée pour capturer les odeurs venant des boues, rendant impossible la propagation des mauvaises odeurs.   Des nez ont mené  une enquête et confirmé que  la station est inodore. De plus, un éclairage composé de néons tout autour de la paroi la rend plutôt esthétique et permet de limiter les éclairages, coûteux pour l’environnement.

Pour ce qui est de l’église romane qui est tout près, les architectes des bâtiments de France ont accepté le projet : la proximité avec l’église n’était pas problématique. Le Conseil d’architecture d’urbanisme et d’environnement du Rhône (CAUE), organisme d’intérêt public, qui a pour objectif de promouvoir la qualité de l’architecture, de l’urbanisme et de l’environnement dans le territoire départemental, a qualifié le CITEAU d’exemplaire.

Le CITEAU est une station d’épuration classique à 85% : elle suit le même processus de traitement des eaux que les autres stations d’épuration. Ce qui change,  c’est bien sûr la tenue éco-responsable du site mais aussi l’utilisation d’énergies dites « fatales ». L’énergie fatale, comme l’énergie solaire ou éolienne. est une énergie naturelle qui est perdue si elle n’est pas utilisée au bon moment L’énergie utilisée par la station est présente dans les boues actives. Ce sont des boues comportant des bactéries,  qui en traitant les eaux, créent  de la chaleur dans un bassin de décantation. Le CITEAU utilise ces effluents pour chauffer  en hiver et rafraichir en été les 88 logements de la Villa Durabo et prochainement un complexe médical et commercial. Les effluents utilisés sont traités et ne sont donc pas dangereux. Une fois le cycle terminé,  ils sont réinsérés dans le processus du traitement des eaux puis rejetés dans la Saône.

D-autre part, La station utilise un système d’eau glycolée, technique qui capture et conduit les calories dans les sols des appartements. Ce système à un taux de couverture de 80%,  ce qui permet de réduire par trois le bilan carbone du bâtiment. Les 20% restants sont assurés par un secours au gaz.

Le CITEAU est la seule station d’épuration en France à posséder ce système de chauffage.  Les travaux on débuté  en 2011 et se sont terminés  au printemps 2014. Le projet a été subventionné par  le groupe SAUR. C’est un ensemble d’entreprises qui accompagne les collectivités locales et les industriels dans leurs projets d’aménagement principalement liés à l’eau. Le coût  total du projet est de 9,9 millions d’euros. Le programme immobilier Villa Durabo offre aussi des logements sociaux, le but étant de renforcer le pilier social du développement durable.  Le chauffage est ici  5% moins cher  que le chauffage traditionnel. A l’avenir l’écart de prix entre l’énergie fournie par le CITEAU et les énergies fossiles devrait se creuser davantage,  d’autant plus  que les énergies fossiles sont de plus en plus rares.

Le CITEAU a également pensé à utiliser tout ce qui pouvait  être recyclé  lors du traitement de l’eau afin d’optimiser le rendement. Par exemple,  les boues sont envoyées en usine de compostage et seront ensuite transformées  en engrais ; 1400 tonnes de boue par an sont valorisées à travers le compostage.  De plus les eaux traitées sont parfois remplies de terre et de sable, alors elles passent dans un  dégrilleur. Le dégrillage consiste à piéger les matières plus ou moins volumineuses contenues dans l’eau traitée pour permettre leur extraction, ce qui sépare le sable et l’eau. Ce sable est ensuite vendu pour servir dans les chantiers. Une partie des eaux épurées est réutilisée en passant dans des tuyaux sous rayons ultra-violets  et ne possèdent  donc plus de bactéries. Elle est ensuite réutilisée pour nettoyer le bâtiment et tout son équipement, ce qui permet d’économiser environ 2500 m3 d’eau potable par mois. Sachant que 1m3  d’eau coute 3 euros, on économise 7500 euros par mois. Pour la réalisation de ces projets,  la station a reçu en décembre 2013 la Marianne d’or qui est un prix d’excellence des municipalités en France.

Un autre projet vient d’être lancé : un concours dans une école d’architecture pour des  étudiants qui proposeront la maquette d’un projet pour mettre en avant cette  station éco responsable.  Ne voulant pas s’arrêter là, la station veut aussi devenir  précurseur dans le développement d’un nouveau processus consistant à éliminer les antibiotiques et hormones non assimilés par l’homme et rejetés dans les excréments, qui impactent  et modifient  la biodiversité comme le sexe des poissons. Les bactéries utilisées aujourd’hui ne peuvent remplir ce rôle. Mais rien ne peut se faire sans l’accord de l’Union européenne…

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Cet article a été réalisé dans le cadre de nos recherches en TPE. Capucine Thiou, Pierre Gaudriot, Victor Droin-Roussel ( 1ère ES2)

Le stress hydrique et l’hccessibilité à l’eau en France : une répartition inégale

Le Stress Hydrique
En France, les territoires et les populations concernées par le « stress hydrique » sont inégalement répartis sur le territoire mais en augmentation…
Dans les habitations, l’eau sert principalement à l’hygiène corporelle et aux tâches ménagères. Dans l’agriculture, elle est surtout utilisée pour irriguer la terre. Elle est aussi indispensable à l’industrie.
On parle de stress hydrique lorsque la demande en eau est plus élevée que la quantité disponible pendant une période ou lorsque l’usage de l’eau est limité à cause de sa mauvaise qualité.
Actuellement, la France est un pays qui n’est pas en situation de pénurie, mais elle verra sa disponibilité en eau en douce diminuer de 12% d’ici 2030. Certaines régions, comme la Vendée, se tournent déjà vers la désalinisation de l’eau de mer,  qui consiste à extraire le sel de cette eau afin de la rendre potable.
Les ressources d’eau en France sont réparties inégalement et varient en fonction des saisons. Cela explique les difficultés de certaines régions en période de sécheresse. D’autre part, la qualité de l’eau varie selon les régions. Le Sud-Ouest de la France a un risque de sécheresse élevé. A Paris, la demande en eau n’est pas satisfaite car la Seine est de plus en plus polluée.
La France n’est donc pas à l’abri du stress hydrique, ce qui appelle à une réflexion globale sur des usages plus raisonnés de l’eau.

Julie Boaretto, Lisa Brunel et Tiphaine Bourricand, 2nde 3
Cet article a été écrit dans le cadre des cours de géographie de M.L. Dumas et de l’EDD (A. L. Clément et
E. Novales) en lien avec la Villa Gillet.

Conférence de Philippe Perrin sur l’eau

Le 5 février dernier, un éco-infirmier est venu faire une conférence de deux heures auprès d’une classe de seconde au CDI. Le thème était l’eau.

Conférence de Philippe
M. Perrin est un éco-infirmier, un des seuls de France. Il est à la fois infirmier et conseiller en environnement. Il met tout en œuvre pour que les personnes en bonne santé le restent.
Tout d’abord, il nous a parlé des sources d’eau. Les principales sources d’eau sont situées en Amérique du Sud, au Canada, en Russie, en Afrique et en Océanie. Cela se comprend par leur situation géographique : leur relief montagneux ou forestier.
Il a ensuite évoqué les volumes d’eau. Sachez qu’il y a 4 300 000 000 milliards de litres d’eau sur Terre : 97% de cette partie sont de l’eau salée et 3% de l’eau douce. L’eau douce est principalement issue des glaciers et des nappes souterraines. Malheureusement on dit que seulement 1% de l’eau douce est accessible contre 99% qui ne le sont pas. En moyenne, un Américain des Etats-Unis, consomme 300 à 400 litres d’eau par jour contre 120 à 150 litres par jour pour un européen, et 20 à 30 litres pour un africain sub-saharien.
Nous avons par ailleurs été informés sur notre consommation d’eau. Le corps humain est constitué, en moyenne, de 66% d’eau. Il a un apport de 2,5 litres d’eau par jour environ mais il en perd la même quantité quotidiennement, sachant que le minimum vital d’eau par jour et par habitant est de 2700 litres* soit 1000 mètres cube. On consommerait en moyenne plus de 10 000 mètres cube d’eau par an et par habitant. Tout ce que l’on consomme provient et est constitué de molécules qui sont elles-mêmes constituées d’eau.
*Cette quantité correspond à la consommation d’eau pour se nourrir, s’habiller, etc.
Il fut aussi question d’eau et d’hygiène. Toutes les 20 secondes, un enfant meurt à cause d’un manque d’hygiène. Ce qui fait un total par an de 1,5 milliards de vies d’enfants qui s’éteignent. On peut regretter que 4,1 milliards de personnes dans le monde n’aient pas accès à une installation sanitaire. Seuls 2,6 milliards de personnes en bénéficient. De plus, 900 millions de personnes boivent une eau insalubre et 3,3 milliards de personnes ne bénéficient pas d’une eau propre, accessible et abordable.
La répartition de l’eau dans le monde :
– 70 à 80% pour l’agriculture ;
– 14 à 20% pour l’industrie ;
– 6 à 10% pour les individus.
La répartition de l’eau en France :
– 58% pour l’énergie,
– 19% pour l’eau potable,
– 14% pour l’irrigation,
– 11% pour l’industrie.

En conclusion, face aux menaces du réchauffement climatique et de la production intensive, on se rend compte souvent trop tard de la valeur de l’eau. Alors préservons- la et économisons- la le plus longtemps possible !

Tristan Ferreira Rocha, 3°8 (stagiaire au CDI)

L’or bleu, sources de conflits.

L’or bleu, sources de conflits.

Bien qu’étant source de vie ultime, l’élément constitutif des écosystèmes et la ressource la plus précieuse, l’eau est malmenée par les usages multiples et les besoins croissants de l’homme. Le problème du partage inégal de l’eau provoque des conflits transfrontaliers mais aussi des conflits d’usage au sein des Etats.
Plusieurs mises en situation s’imposent pour cibler précisément les causes de ces problèmes : « Ne s’est-on jamais réveillé le matin avec une coupure d’eau ? » nous dit l’éco-infirmier, Monsieur Philippe Perrin, venu donner une conférence à notre classe au CDI. L’eau est un luxe, une chance à laquelle, certaines populations du globe ne peuvent avoir accès normalement ou alors dans des conditions sanitaires déplorables.
Chaque année, 1,5 million d’enfants meurent dans le monde à cause d’une eau impropre à la consommation. Au total, ce sont quelque 2,6 milliards d’individus touchés par l’absence d’installations sanitaires. En termes de chiffres, la terre dispose de 1,4 milliard de kilomètres cubes d’eau, 97,2% d’eau salée et 2,8 % d’eau douce. Malgré ces disponibilités colossales, des conflits se forment en Syrie et en Irak pour l’Euphrate et le Tigre, dont les sources respectives sont localisées sur le territoire turc. Ou encore, le conflit autour du Bassin du Mékong qui naît dans les hauts-plateaux de l’Himalaya et qui irrigue la Chine où il a fait l’objet d’aménagements monumentaux sous forme de barrages réduisant ainsi le débit des pays situés en aval. Ainsi, les populations de Birmanie, du Viet Nam, de la Thaïlande, du Laos et du Cambodge se trouvent maintenues dans une situation défavorisée sur le plan économique faute d’un accès suffisant à l’eau du fleuve.
On trouve une situation similaire en Egypte où la question de l’accès à l’eau du Nil se pose avec acuité. Ce long fleuve de 6000 km prend sa source dans les grands lacs africains, traverse neuf pays avant de se jeter dans la Méditerranée en formant un vaste delta. Là encore, son cours est ralenti par des aménagements hydrauliques en amont qui pénalisent l’Egypte.
Toutes ces tensions évoluent en conflits géopolitiques qui s’accompagnent de vaines tentatives d’accords pour déterminer un droit de prélèvement qui serait équitable entre les états riverains. La difficulté résulte dans le fait que l’état situé en amont s’octroie des droits exorbitants prétextant que la source du fleuve se trouve sur son territoire.
Outre les conflits géostratégiques, la production de denrées alimentaires ou de biens destinés à la consommation requiert des volumes d’eau importants : 80 à 70% de l’eau douce sont destinés à l’agriculture, 18 à 20% à l’industrie et, le peu qui reste suffit aux usages domestiques. Par ailleurs, les besoins insoupçonnés en eau que l’on appelle « eau virtuelle » c’est-à-dire, la quantité d’eau nécessaire que le consommateur ignore pour l’élaboration d’un produit, interpellent fortement. Ainsi, pour un litre de bière, 25 litres d’eau sont nécessaires ; pour un kilo d’aluminium, 1250 litres sont utilisés ou encore, pour un kilo d’antibiotiques, 4 millions de litres d’eau partiront dans la fabrication, il nous reste donc à imaginer ce qu’une voiture pourrait coûter en litres.
Alors, une question s’impose : l’eau constitue-t-elle un bien privé que l’on peut marchander ou un patrimoine commun qui serait régi par un droit international ?
Avec la croissance démographique et l’accroissement des besoins alimentaires, certaines tensions pourraient s’intensifier à l’avenir. Selon les Nations Unies, l’eau pourrait devenir d’ici à 2050, un bien plus précieux que le pétrole.

Christophe Karam.

Cet article a été écrit dans le cadre des cours de géographie de Mme Dumas