Qui est Nnimmo BASSEY ?

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Nnimmo Bassey a grandi au Nigeria et a vu de grandes sociétés pétrolières causer de nombreuses pollutions. Cela a  beaucoup influencé sa vie et il a  décidé de défendre les droits de l’homme et de l’environnement, les deux étant intimement liés. C’est un poète, un écrivain et on peut le qualifier d’activiste  dans la mesure où ses activités sont militantes.

Il pense que la situation de l’Afrique n’est pas désespérée et que les populations peuvent encore réagir. Ses actions sont très vastes : il échange avec les villageois touchés par la pollution et la pauvreté afin de partager ses connaissances et organiser une résistance.

Beaucoup de défis l’attendent : combattre les multinationales et les gouvernements corrompus (il a parfois fait de la prison ou été interdit de voyage) ainsi que la violence. Beaucoup de jeunes, en effet, combattent les répressions policières par la violence mais ce n’est pas une solution à long terme. Il croit que seul le dialogue peut apporter une solution durable.

Concernant les multinationales, la communication est extrêmement difficile (surtout avec les entreprises pétrolières). Par exemple, en 1995, des militaires britanniques incendièrent un village entier pour pouvoir garder le monopole de l’exportation de l’huile de palme. De plus, il critique les « fausses solutions » des gouvernements qui ne font que repousser la prise de décisions.  Les vraies solutions ne peuvent venir que des forces civiles, qu’elles soient locales ou internationales. Dans cette perspective, il construit actuellement des groupes communautaires pour l’environnement et les droits de l’homme.

Quelles sont ses actions en cours ?

  • Afin de lutter contre la faim dans le monde, il préconise l’obtention d’une indépendance alimentaire ;
  • il tente de lutter contre la première cause du réchauffement climatique : les énergies fossiles (transports, usines…). Il faut que les gouvernements investissent dans les énergies renouvelables, que les étudiants/chercheurs inventent de nouvelles solutions…. L’être humain a les moyens de faire cela ;
  •  il demande aussi aux actionnaires des grandes sociétés comme Shell ou Total de vendre leurs actions afin de montrer qu’ils s’opposent à leurs pratiques.

En quoi ses actions ont-elles conduit à une prise de conscience écologique ?

  • Beaucoup de formations, d’actions pédagogiques sont organisées dans les villes et villages afin d’informer et prévenir les populations. Des campagnes sont menées  auprès des gouvernements pour stopper  la contrebande et les  vols de barils (+ de 400 000 par jour) ;  il faut aussi surveiller les  pipe-lines et les frontières ;
  •   depuis 20 ans, il a ainsi pu noter de grands changements dans le comportement des gens. Certains, même les plus pauvres et les plus faibles osent parler, partager leurs connaissances, témoigner lors de procès, dire non, car lorsque l’eau est polluée, cela devient pour eux une question de vie ou de mort !

Sait-on  qui a proposé sa nomination au Prix Nobel Alternatif ?

Non, car il y a beaucoup de personnes et de  très bons projets parfois méconnus et c’est très difficile de choisir. Il y a quatre gagnants par an : le 1er obtient le titre, ce qui l’aide à valider ses projets et les trois autres reçoivent 50.000 euros.

Il en est très fier mais sa plus grande victoire reste l’engagement des plus démunis.

Les prix qu’il reçoit ne sont pas une reconnaissance personnelle, il pense à tous ceux qui se battent aussi avec courage. Cependant, grâce à ses actions il y a des progrès avec les tribunaux, ils écoutent et prennent plus souvent leur défense qu’auparavant. Ses paroles ont plus de poids.

De plus, Nnimmo Bassey possède beaucoup d’amis dans le monde qui l’aident et le soutiennent malgré les menaces quotidiennes.

Enfin, des événements comme le festival Mode d’emploi sont très importants car ils permettent de faire avancer les choses. A l’inverse, la télévision (la publicité notamment) est un outil de mondialisation qui a un mauvais effet en créant une césure générationnelle : les jeunes sont attirés par les villes, lieux de consommation, donc de pollution et rêvent d’une vie meilleure, qu’ils ne pourront jamais avoir.

 

Anaïs Martin  2de3

 

Babacar et les hommes de la ville

Ce matin-là, des hommes arrivèrent de la ville. Babacar, qui travaillait avec ses compagnons dans les champs depuis le lever du soleil, les avait vus arriver au loin. Ils voyageaient dans de gros véhicules tout-terrain dont le moteur ronflait alors qu’ils progressaient à vive allure sur l’unique piste de terre qui permettait l’accès au village. Lorsqu’ils ralentirent et atteignirent les premières cases, Babacar avait déjà rejoint les habitants qui, abandonnant leurs occupations, s’étaient tous rassemblés sur la petite place où avaient généralement lieu les grandes réunions, curieux d’apprendre ce qui amenait ces gens par ici.

C’était en effet un simple village d’Afrique équatoriale, sans grand intérêt – du moins pour les citadins qui se considéraient, semblait-il, bien plus développés qu’eux. Les habitants y étaient peu nombreux, mais Babacar aimait cette ambiance chaleureuse qui y régnait. Il était né dans ce village et y avait grandi en apprenant à vivre avec les autres, à respecter la nature. En grandissant, il avait pris l’habitude de travailler aux champs, et c’était pour lui naturel de labourer, planter, arroser, moissonner, chaque jour dès que les oiseaux entamaient leurs chants mélodieux, tout comme il jugeait évident que les femmes préparassent le repas et que les enfants cueillissent les fruits ou chassassent pour avoir de la viande : c’était essentiel au bon fonctionnement de la vie au village.

Le travail était certes parfois difficile, quand la fatigue se faisait sentir ou que le temps devenait pluvieux, mais Babacar savait que, si cette petite parcelle de terre que possédait le village n’était pas exploitée, il manquerait de céréales et il ne pourrait plus nourrir ni sa femme, ni ses deux fils.

Ces hommes, donc, arrivaient de la ville la plus proche, et ils demandèrent à s’entretenir avec le chef du village. Après plusieurs minutes de discussion, ils expliquèrent à l’ensemble du village qu’ils étaient venus leur proposer des produits efficaces pour l’agriculture et qu’ils trouvaient intéressant d’en propager l’utilisation jusque dans les petites cultures indépendantes. Ces engrais et pesticides – car c’est ainsi qu’ils les avaient nommés – devaient éliminer tous les petits obstacles au développement des céréales, et donner des légumes plus gros, qui mûrissaient beaucoup plus vite que ceux qu’ils faisaient pousser. L’idée enchanta immédiatement Babacar, et il constata que ses compagnons étaient du même avis. Ils acceptèrent la proposition à l’unanimité.

Le village n’étant pas très riche, les citadins firent d’abord cadeau d’une partie de leur marchandise aux habitants, afin qu’ils puissent tester eux-mêmes leurs produits. Les essais furent très concluants, et très vite on racheta engrais chimiques et insecticides. Les productions de céréales étaient désormais facilitées par la disparition des insectes, les légumes poussaient plus vite, et bientôt les hommes se rendirent compte qu’ils n’avaient plus besoin de passer autant de temps aux champs. Les enfants de Babacar étaient mieux nourris, semblaient se porter en meilleure santé qu’avant, et pouvaient passer beaucoup de temps avec leur père qui leur apprenait à devenir des hommes. On mettait tous ces changements positifs sur le compte des engrais, et régulièrement le chef prenait contact avec les gens de la ville pour que de nouveaux produits leur fussent livrés.

Les premiers mois passèrent, et tout semblait aller pour le mieux, lorsque le fils cadet de Babacar tomba malade. Il consulta le médecin, qui conseilla au garçon de rester allongé et de surtout bien se nourrir. Or, au lieu de s’améliorer son état empira, jusqu’à ce qu’il ne fût plus capable de ne boire que de l’eau. Son père, inquiet, apprit alors que d’autres enfants étaient pris de fièvre et d’une même douleur à l’estomac. On se demanda ce qui se passait, d’où venait cette épidémie. Il sembla que les oiseaux, qu’on avait l’habitude de manger aux repas de midi, avaient désormais un arrière-goût étrange, et même l’eau n’était plus la même. Ce qu’ils ignoraient, c’est que les oiseaux, se nourrissant des céréales produites par les champs, avaient été contaminés par les pesticides et autres engrais chimiques dissous dans les cultures. Les enfants, de santé plus fragile que les adultes, avaient également été affectés par ce mal, et même l’eau, que Babacar allait tirer du puits pour son fils malade, était chargée de produits chimiques nocifs pour la nature et le corps humain. Sans le savoir, tout le village avait contribué à la dégradation progressive de l’environnement, leur environnement.

Antoinette Neyra seconde 4

Ce travail a été réalisé, suite à l’intervention d’une conteuse au CDI avec Madame Neau (professeur de français) et Madame Lecocq (documentaliste).