Aimerions-nous étudier au Burkina Faso ?

Aimerions-nous étudier

 L’accès à l’éducation au Burkina Faso favorise l’émancipation des femmes. D’ailleurs, depuis peu, la scolarité des jeunes filles est aussi importante que celle des garçons. Il y a 65% de taux de scolarisation en primaire pour les garçons contre 54,5% pour les filles. L’école est accessible aux enfants habitant en ville et à la campagne. Ainsi, le nombre scolarisé n’a cessé d’augmenter, ce qui montre une évolution des droits de la femme.

La parité filles/garçons semble être respectée, pourtant des indicateurs nous montrent que les garçons étudient plus que les filles.

La scolarité au Burkina Faso est accessible à tous, filles comme garçons, néanmoins dans le pays pour environ 60 000 étudiants on compte seulement 20 000 filles. Nous remarquons donc que la proportion des filles étudiantes atteint tout juste le tiers. De plus, le taux de scolarité est faible : en 2002-2003, celui des filles en primaire était de 38,2% contre 40,6% pour les garçons. Ceci s’explique par le fait que l’école n’est pas obligatoire, contrairement à la France. L’école est donc une chance pour eux. Au Burkina Faso, les études, de la maternelle au supérieur, sont payantes. Par exemple, dans la commune de Nouna, au Burkina Faso, l’année scolaire coûte 25 000 F.CFA ajouté à cela 5 000 F.CFA de frais de dossier… soit 45,7€ alors que le salaire moyen par mois est de 175€. Sachant que le taux de fécondité par femme, au Burkina, est estimé à plus de 5 enfants en 2015, que plus l’enfant fait des études, plus le coût est important et que, en plus de cela, les fournitures, les uniformes, etc. sont à payer. Le coût est donc très élevé pour une famille de classe moyenne. Par conséquent, le taux de scolarisation des filles baisse en fonction de la progression des études. En 2002-2003 par exemple, le taux de scolarité secondaire était de 13,8% pour les filles contre 17,3% pour les garçons.

Les élèves du Burkina Faso ont une longue journée de cours car ils commencent à 6h55 et terminent à 18h. Leurs journées sont rythmées par des heures de cours, de travaux de groupes mais aussi de ménage. Les élèves habitent soit à la campagne, soit en ville… Mais l’école étant une chance pour eux, ils acceptent de faire près d’une heure de trajet en bus, moto, voiture, à pied pour s’y rendre. Ensuite chacun peut s’engager dans des études supérieures mais tous, n’ont pas forcément les mêmes ambitions.

Dans le cadre de l’EMC, nous avons travaillé sur les droits des femmes au Burkina Faso. Toutes nos recherches ont abouti à un échange avec un établissement à Koudougou afin d’observer les différences entre notre culture et la leur. L’école avec laquelle nous échangeons au Burkina Faso favorise l’éducation des filles dont le nombre est neuf fois supérieur au nombre de garçons. C’est une avancée pour l’éducation des femmes. Des mesures sont mises en place afin d’inverser la tendance.

Aujourd’hui, des associations se créent afin de limiter les inégalités d’accès à l’éducation. Elles trouvent, per exemple des fonds et de la main-d’œuvre pour construire des écoles. Des démarches sont mises en place pour inciter les parents à envoyer leurs enfants, particulièrement les filles, à l’école. Au Burkina Faso, l’école n’a pas pour but de préparer les enfants à un métier. De plus, le travail est rare. Cependant, le développement d’un pays passe par l’éducation et donc par l’augmentation du nombre d’enfants scolarisés.

Un proverbe africain  dit : « Lorsque vous éduquez un homme vous éduquez un individu. Lorsque vous éduquez une femme vous éduquez une nation ou une famille ». Pourtant, hélas, malgré les évolutions depuis de nombreuses années, les mentalités évoluent peu et trop de femmes sont encore destinées à fonder une famille et non pas à travailler.

Aliénor Barthelet, Julian Bermudez, Anthony Montaya, Baptiste Gervais,  Zoé Nespoulos et Romane Solelhac

Cet article a été réalisé dans le cadre des cours d’EMC de N. Mergoux en collaboration avec C. Lecocq Hubert, professeur documentaliste.

 

 

 

 

Les inégalités culturelles finissent-elles par devenir naturelles ?

les inégalités culturelles

Etre une femme au Burkina Faso signifie occuper la place la plus importante de la famille, participer à l’éducation des enfants, vivre avec la polygamie tout en se considérant égale à l’homme.

Comment des jeunes femmes qui considèrent que « la polygamie est une bonne chose » et que « les traditions sont très exigeantes » parviennent à trouver leur place dans la famille sans parler d’injustice ?

Nous sommes six jeunes filles occidentales qui avons, dans le cadre des cours d’EMC (éducation morale et civique), créé un échange avec des collégiens burkinabé. Ils habitent à Les inégalités culturelles , la troisième ville du pays. La classe comporte 74 élèves dont 12 garçons et 62 filles.

groupe 2

Notre premier contact a été très chaleureux. Ils nous ont écrit :

« C’est avec un plaisir immense que nous vous écrivons pour vous exprimer notre joie de pouvoir échanger avec vous. Nous sommes enchantées de faire votre connaissance et de pouvoir partager avec vous notre amitié. Même à des milliers de kilomètres les uns des autres, nous vous transmettons nos salutations les plus amicales, les plus fraternelles. »

Nous leur avons adressé nos questions concernant la place des femmes au Burkina Faso, en ayant conscience de nos différences culturelles. Nous allons essayer d’interpréter leurs réponses avec un avis le plus objectif possible et dans une démarche non anthropocentrique.

A la suite des recherches que nous avons menées, nous avons pu remarquer avec notre regard d’Européennes que la situation de la femme au Burkina Faso était peu envieuse. Cependant leurs réponses à nos questions reflètent une situation positive et en amélioration. Effectivement et contrairement aux idées reçues, le mariage est une question de choix et les jeunes filles ne doivent se marier qu’à 20 ans dans le cadre d’un mariage civil et/ou religieux.

De plus l’Etat a pris des mesures contre l’excision, tradition qui fut pendant longtemps pratiquée.

Aujourd’hui les femmes ont le sentiment de disposer pleinement de leur corps, notamment avec les contraceptifs.

Cela les conduit à affirmer qu’elles sont égales aux hommes, en particulier grâce à l’émancipation féminine.

En parallèle, certains de leurs propos ont attiré notre attention.

Pour commencer les femmes occupent la place la plus importante de la famille : ce sont elles qui participent le plus à l’éducation et à l’épanouissement des enfants.

Cela laisse à penser que les pères sont peu impliqués dans ces tâches. En outre, les traditions encore très présentes dictent parfois la vie des individus et plus particulièrement des femmes.

Par exemple, selon les clans, les lois sont transgressées et le type de mariage et l’âge de la mariée ne sont pas respectés.

Pour finir, dans le cadre de notre échange inter-continental, un élément nous a particulièrement interpellées : la pratique de la polygamie.

La polygamie est dite une « bonne chose », elle est légale et uniquement masculine.

Nos correspondantes expliquent cela en invoquant des raisons pratiques et financières. Elles mettent en avant le fait que le nombre de garçons est minoritaire par rapport à celui des filles.

Cela reste choquant à nos yeux et peut même sembler contradictoire avec la vision égalitaire de la femme vis-à-vis des hommes.

Pour conclure, cet échange fut pour nous enrichissant d’un point de vue culturel et social. Il a été l’occasion d’une réflexion sur notre place dans la société, il est également important de s’intéresser à la place des femmes au-delà des frontières françaises dans l’espoir qu’un jour les femmes soient égales aux hommes à tous les niveaux et dans le monde entier.

Alice Hubert, Justine Tremerel, Léa Breger, Margotte Chassagne, Kim Michon et Maëva Sanchez

Cet article a été réalisé dans le cadre des cours d’EMC de N. Mergoux en collaboration avec C. Lecocq Hubert, professeur documentaliste.