Origine et exploitation des combustibles fossiles : problèmes liés à leur utilisation

Avant les vacances de Printemps, le mardi 22 avril 2014, la classe de 2°4 a eu la chance d’assister à une conférence sur les combustibles. Celle-ci fut présentée par M. Davide Olivero, géologue, professeur à la faculté de Lyon 1 de Villeurbanne, qui est intervenu pendant 2h.

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Il a commencé par nous expliquer que lorsque l’on parle de combustibles, on pense directement au mot « problème ». En effet, ce sont la plupart du temps des énergies non renouvelables qui polluent fortement (en utilisant ces combustibles, en 2011 la Chine, les Etats-Unis et l’Europe ont rejeté 34 076 327 382 tonnes de CO2) et sont donc néfastes pour l’environnement. Ce renvoi de dioxyde de carbone dans l’atmosphère augmente la production de gaz à effet de serre et donc entraîne une augmentation de la température. D’ici 2100, les hausses de température varieront entre 0,3 et 4,8 °C, ce qui débouchera sur une fonte des glaces et donc la hausse du niveau des mers et océans.
Les combustibles fossiles sont des hydrocarbures, contenant du carbone et de l’hydrogène, ce sont des ressources naturelles localisées parmi les roches sédimentaires du sous-sol. Ils se présentent sous des formes diversifiées : le pétrole, le gaz naturel et le charbon.
M. Olivero nous a expliqué leur formation : de l’accumulation de la matière organique à sa transformation en hydrocarbures, puis leur migration à travers les couches géologiques jusqu’à la formation des gisements exploitables.
Pétrole, gaz naturel et charbon, énergies non renouvelables, représentent 89% de la consommation humaine contre seulement 11% pour les énergies renouvelables comme la biomasse, l’hydroélectricité, l’éolien, le solaire ainsi que la géothermie, jugés peu efficaces.
Parmi les énergies non renouvelables utilisées par l’homme, on trouve aussi le gaz de schiste, qui est un gaz non conventionnel. Celui-ci est piégé dans les roches sédimentaires et ne subit pas de migration primaire (où des fluides s’échappent de la roche si la pression est suffisante). L’utilisation de ce gaz aux Etats-Unis est actuellement de 14% et selon les études réalisées, celle-ci devrait passer à 45% d’ici 2030. Mais l’’exploitation du gaz de schiste n’est pas sans danger pour l’environnement : pollution des nappes phréatiques, des rivières, nombre important de puits nécessaires et impact sur les paysages…
La croissance démographique entraîne une augmentation de la consommation des énergies non renouvelables. Par exemple, depuis le 1er janvier, 2 572 398 423 tonnes de charbon ont été consommées.
Si celle-ci continue de s’accroître, dans 40 ans, le pétrole, qui représente 32% de la consommation, aura disparu, dans 60 ans le gaz sera épuisé et dans 120 ans il n’y aura plus de charbon. En résumé, d’ici un siècle, toutes les énergies non renouvelables seront épuisées si leur utilisation continue d’augmenter. De plus, en brûlant ces énergies on renvoie du dioxyde de carbone dans l’atmosphère, ce qui modifie le cycle du carbone. Cela entraine une forte pollution, qui débouche sur un dérèglement climatique portant fortement atteinte à la faune et la flore.

C’est pour toutes ces raisons qu’il est indispensable de mettre en place des systèmes écologiques tournés vers le développement durable si nous voulons protéger notre planète.

Ce travail a été réalisé en lien avec les cours de SVT (A. Portelli) dans une démarche d’éducation au développement durable (EDD).
La classe de 2nde4

Les énergies renouvelables, des projets en marche…

Les énergies renouvelables, des projets en marche2 

            Depuis quelques années, la question du développement durable se pose de plus en plus dans notre  quotidien. Dans ce développement durable, ils y a plusieurs domaines pour ralentir les conséquences des agissements de l’homme sur la planète; l’un d’eux étant les énergies renouvelables, sujet traité par nos trois articles de journaux :

« Plein feu sur le biogaz » du magazine Énergie et Développement Durable 037 de février-mars 2012;

« Tunnel photovoltaïque en Belgique » du magazine Énergie et Développement Durable 036 de décembre-janvier 2011-2012 ;

« L’État, mauvais payeur des bonus automobiles » du journal  Les Échos des 14 et 15 décembre 2012

Ils relèvent tous d’un sujet autour des énergies renouvelables, cependant le secteur d’activité n’est pas tout à fait le même selon les articles:

Les deux premiers cités se concentrent sur les mises en place de mesures pour favoriser les énergies propres: l’un traite les panneaux photovoltaïques pour la consommation électrique, l’autre parle d’un gaz alternatif aux gaz actuels, souvent source de pollution.

Le troisième critique l’État, qui incite à passer des voitures fonctionnant à l’essence aux voitures hybrides ou électriques, mais qui n’est pas prêt à en assumer les conséquences.

En effet, dans l’article intitulé « Plein feu sur le biogaz »,  nous apprenons que le ministère de l’Écologie est prêt à soutenir de nouvelles mesures de mise en activation d’un gaz dans le réseau de gaz usant de la méthanisation. La méthanisation incite à produire une énergie renouvelable à partir de matières organiques comme les déjections animales, permettant de réduire et traiter ces dernières et de produire une énergie verte renouvelable tant qu’il y aura des animaux sur cette terre. Les producteurs de ce biogaz bénéficieront d’une réduction sur la consommation d’électricité ainsi que d’une aide financière pour le développement des entreprises, leur permettant de produire ce type spécifique de gaz.

Ensuite, l’article « Tunnel photovoltaïque en Belgique » nous explique qu’un tunnel va être recouvert de 16 000 panneaux photovoltaïques, produisant chacun 245W, soit un total de 3300MWh. Cette puissance électrique sera nécessaire pour l’alimentation des infrastructures ferroviaires ainsi que certains trains. Cette action permettrait de « réduire les émissions de CO2 de 2 400 tonnes par an » et de donner l’exemple pour permettre le développement de projets similaires, comme c’est le cas en Angleterre (avec le recouvrement d’un pont entier de 4 000 panneaux photovoltaïques). Cependant ce projet demande une certaine organisation car le développeur Enfinity est en collaboration avec l’opérateur ferroviaire belge Infrabel, les municipalités et les organismes de financement.

Enfin, en lisant l’article « L’État, mauvais payeur des bonus automobiles » nous apprenons  que depuis août et pendant quatre mois, l’Etat a refusé de rembourser aux concessionnaires les bonus écologiques pour favoriser l’achat des voitures hybrides et électriques. Cela lui a permis d’économiser 20 millions d’euros, manque à gagner pour les fabricants automobiles. Les plus touchés sont sans doute Toyota et Peugeot, dominants du marché des voitures propres en France. La cause des agissements de l’État est l’augmentation du montant des bonus écologiques  (passant de 5 000 à 7000 euros pour les électriques et de 2 000 à 4000 pour les hybrides) ainsi que l’augmentation des malus écologiques: cela va inciter à changer de voiture pour des véhicules propres, augmentant le coût des bonus pour l’État et la réduction  de malus, créant un déficit budgétaire (1,45 milliard entre 2008 et 2011).

Les énergies renouvelables, des projets en marche2 (1)

Pour conclure, de nombreux projets favorisant le développement des énergies renouvelables sont en marche (comme nous avons pu le voir avec le biogaz et le tunnel photovoltaïque) ; cependant, nous avons vu que, sans soutien de l’État, ces projets perdront vite leur intérêt (les concessionnaires ont maintenant peur de vendre des voitures électriques sur le marché français à cause de ce non-remboursement).

Pierre Fromont, Jean-Baptiste Gabory, Mehmet Ersoy, seconde 5

La question du Nucléaire et des énergies renouvelables en France

Je vous rappelle que depuis l’accident nucléaire dans la centrale de Fukushima-Daiichi (Japon) le 11 mars 2011, la polémique sur le nucléaire en France qui avait déjà été soulevée a vigoureusement refait  surface, et est aujourd’hui également alimentée par les annonces successives de sortie du nucléaire de l’Italie, de la Suisse et de l’Allemagne.

Tout d’abord, ce problème environnemental a soulevé un aspect majeur : la question de l’emploi. Dans le magazine Acteurs de l’économie, paru en octobre 2O11 à l’occasion du 10ème anniversaire de la société Aréva, la question de la pérennité du nucléaire, qui implique les nombreux employés du secteur, est posée. Dans cet article sont interviewés des salariés, cadres et ingénieurs, qui travaillent pour la société : ceux-ci sont désabusés par l’absence des

emplois qui avaient été promis. Selon eux les « politiques naviguent à vue », et ils voient une nette cassure entre l’ « avant » et l’« après » Fukushima. Au contraire, le chef de la division lyonnaise de l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) se montre extrêmement positif quant à l’avenir du nucléaire. Le Figaro publié le 3 janvier 2012 évoque aussi ce problème social : l’arrêt des parcs de production engendrerait des centaines de milliers de pertes d’emplois.

L’enjeu financier, relié à l’enjeu écologique, est également primordial dans le débat. Dans Le Figaro, on parle de « l’énergie nucléaire et du bon sens ». Les travaux de précaution pour permettre aux centrales de fonctionner sont annoncés comme très onéreux, on se demande donc s’il est bien fondé d’investir dans des renforcements de la sécurité des centrales ou si les milliards d’euros engagés ne devraient pas plutôt servir au développement de nouvelles énergies. Le Figaro annonce que le Grenelle de l’environnement n’a pas atteint l’essor annoncé pour de nouvelles énergies mais que la responsabilité en revient au gouvernement et aux militants écologistes qui empêchent par exemple de découvrir les possibilités du gaz de schiste, et non à la filière du nucléaire (le journal la défend d’ailleurs vigoureusement, étant contre un arrêt brutal des réacteurs).

Selon Acteurs de l’économie, le prix de démantèlement du parc n’est « absolument pas maîtrisé » et le budget nucléaire n’est pas compatible avec le Grenelle de l’environnement dont le budget de développement doit servir à atteindre 23%  d’énergies renouvelables en 2020. Le Figaro, lui, annonce un coût de 500 milliards d’euros. De plus, même si on apprend dans Acteurs de l’économie que dans la région du Tricastin la taxe foncière versée par Areva et EDF s’élève à 12 millions d’euros (et il y a en tout 58 réacteurs en France), le magazine insiste également sur le coût du nucléaire à long terme. Dans Le Monde, François Brottes (environnement, parti-socialiste) regrette que l’ASN ne donne pas beaucoup de chiffres dans son rapport, et estime même au vu des surcoûts annoncés par EDF que « la sûreté n’a pas de prix ».

Du côté de la politique et du gouvernement, la faute semble partagée : les avis divergent. Alors que Le Figaro dénonce la mauvaise gestion du gouvernement (pour le développement de nouvelles énergies) et la pression des écologistes, les journaux Le Monde du 3,4 et 5 janvier se penchent sur la politique du nucléaire et nous exposent les avis de plusieurs bords politiques. En effet, les écologistes avec Eva Joly se sentent victorieux suite au rapport de l’ASN (3 janvier 2012) qui fait tomber le « tabou du coût du nucléaire » et ouvre le débat des aspects économiques du nucléaire. A gauche, François Hollande est pour une transition énergétique, mais surtout pour le renforcement de la sécurité (formation de personnels plus qualifiés, normes plus strictes, interdiction dela sous-traitance…), dans le cadre de son alliance avec Europe Ecologie-Les Verts. A droite, Nicolas Sarkozy est pour la poursuite du « tout-nucléaire ».

Finalement, quelles mesures sont-elles prises ? L’Autorité de Sûreté Nucléaire, après avoir effectué un audit des installations nucléaires françaises, ne demande aucun arrêt immédiat de réacteurs nous annonce Le Monde du mercredi 4 janvier dans son entretien avec son président, André-Claude Lacoste. Seules les mises aux normes européennes et les mesures de sécurité sont à l’ordre du jour. Nathalie Kosciusko-Morizet et Henri Proglio, interviewés, sont également partisans de la non-fermeture des centrales : ce dernier fait confiance à EDF pour sa capacité financière et  la ministre chargée de la sûreté nucléaire refuse « toute position idéologique » sur la question.

Pourtant, le directeur de l’Institut de Radio protection de Sûreté Nucléaire (l’IRSN) assure aux journalistes du Monde que les risques d’accidents sont sous-estimés par EDF et nous rappelle ainsi que le nucléaire n’est pas une « technologie parfaite ».

Ainsi, la polémique du nucléaire est au cœur des débats qui alimentent les élections présidentielles à venir (en mai 2012) étant donné la complexité du problème, comme nous le montrent Le Monde, Le Figaro et Acteurs de l’économie. On voit également une confusion quant aux chiffres annoncés, et on remarque que les aspects financiers et sociaux sont aussi importants que l’aspect environnemental. Faut-il sortir du nucléaire ? Comment ? Voilà les deux interrogations autour desquelles les différents bords politiques s’affrontent, sans toutefois avoir encore trouvé une réponse.

Laurie Saladino, Antonella Mazzitelli et Elisa Soyer-Chaudun, (seconde 7).

Cette revue de presse a été réalisée au CDI dans le cadre des A.P de seconde.

Quelles énergies pour l’avenir ?

Aujourd’hui il est indéniable que le réchauffement climatique est présent, et il progresse à une vitesse supérieure à celle attendue. D’après un article de Libération paru le 30 Décembre 2011, de Sylvestre Huet, « le risque d’un dérapage climatique devient de plus en plus probable ». Deux journaux, Le Monde et L’Humanité nous confrontent à deux points de vue très différents quand aux énergies qui permettraient de  ralentir ce dérapage climatique.

L’article du Monde, paru le 30 janvier 2012, nous indique que « l’ONU se positionne pour une croissance verte ». Pour l’ONU, les énergies vertes et le développement durable sont une « réalité pratique et quotidienne » puisqu’ils permettent au monde entier de maintenir des conditions de vie potable. Mais ce que nous rappelle Le Monde, c’est que « D’ici 2030, le monde aura besoin au moins de 50% de plus de nourriture, de 45% de plus d’énergie et de 30% de plus d’eau […] nous devons résoudre le dilemme du développement durable, sinon, nous courons le risque de condamner jusqu’à trois milliards de personnes à une vie de pauvreté endémique ». Il est donc essentiel d’après Le Monde de combiner les énergies vertes avec le développement durable pour que la vie puisse perdurer.

Cependant, Marie-Noëlle Bertrand met en évidence dans son article paru dans L’Humanité le 27 Janvier 2012 que toutes les énergies vertes ne sont pas toutes aussi durables qu’on le pense. Elle met notamment en avant les agro carburants qui « n’ont à ce jour rapporté d’autres bénéfices que ceux perçus par les industriels ». Ils n’ont donc pas eu d’impact significatif sur l’environnement, puisqu’ils ne  sont pas aussi compétitifs que les autres carburants comme le gazole ou l’essence, puisque ces derniers « permettent de parcourir 100 kilomètres,  le biodiesel  n’en autorise que 89 et le bioéthanol que 69. »
Ces agro carburants ne répondent donc pas à tous les critères du développement durable, puisqu’ils ne s’intègrent pas dans la partie économique de ce dernier.

Grace au Monde et à l’Humanité, on peut conclure qu’il y a des énergies vertes et des énergies « soi-disant » vertes, qui ne n’ont aucun impact (négatif ou positif) sur l’environnement. Au contraire, elles coûtent très cher et ne sont pas accessibles à la majorité de la population qui n’est pourtant pas désintéressée du sort de sa planète.

CORNELIS Morgane, COURTIAL Fanny (2°5)

Cette revue de presse a été réalisée au CDI dans le cadre des A.P de seconde.

Les combustibles fossiles : pour combien de temps encore ?

Les énergies renouvelables sont en développement alors que les combustibles fossiles sont en phase d’épuisement.

« Réduire notre consommation d’énergie, c’est un défi de tous les jours », voilà ce que pensent les écologistes ou encore ceux qui contrôlent les réserves de combustibles fossiles.

Si on utilisait l’intégralité des combustibles fossiles, avec quelle énergie pourraient s’alimenter les générations futures ?

Monsieur Davide OLIVERO, géologue et maître de conférence à l’université Lyon I, nous a présenté les nouvelles énergies qui remplaceraient les combustibles fossiles, c’est à dire le pétrole, le charbon ou encore le gaz. Ces énergies seraient les énergies renouvelables déjà présentes, mais en très faible quantité. Ces technologies comme les panneaux solaires, les éoliennes ou encore la construction de barrages sont pour l’instant limitées. Les combustibles fossiles représentent aujourd’hui 87 % de notre énergie mais justement, à cause de ce pourcentage élevé et compte tenu du fait que ces ressources sont limitées, ces énergies viennent à disparaître. Selon les spécialistes, il ne restera plus de charbon dans 180 ans, de  gaz dans 60 ans et de pétrole dans seulement 40 ans.

Face à ce constat, les chercheurs essaient de trouver de nouvelles énergies renouvelables et de développer des énergies disponibles. Les plus gros consommateurs comme l’Asie, qui utilise 8,4 % des énergies présentes, ou l’Amérique du Nord, qui en utilise 18%, doivent réduire leur consommation et passer aux énergies renouvelables. Cette  surconsommation énergétique entraîne, de plus, de graves  problèmes environnementaux comme le réchauffement climatique (causé par le CO2 rejeté dans l’air).

Alors, si l’utilisation des énergies non renouvelables utilisées par l’homme ne cesse pas, que se passera-t-il ?

Charlotte GILLON, Mylème LALANNE et Louise FRANCK

Ce travail a été réalisé dans le cadre des cours de SVT avec Mme Berger.

Maison bioclimatique : Maison du futur ?

Cette année, chaque classe de technologie de 3ème a réalisé une maquette de maison écologique, produisant de l’énergie propre. L’une d’entre elle a été présentée par quelques-uns de ses constructeurs à Mongré au stand «Maison Bioclimatique», lors de la journée du 6 avril dédiée à l’environnement. Cette habitation utilise des éléments naturels pour obtenir une autonomie électrique et fonctionne grâce à des énergies renouvelables. La maison miniature est dotée de panneaux solaires, d’une isolation thermique à l’aide de briques et de laine de verre, d’un chauffage bio- thermique (énergie du sol captée), d’une éolienne, et d’un système de récupération d’eau de pluie. L’enthousiasme des élèves présentant ce projet, mais aussi des visiteurs du stand, marque un intérêt grandissant pour ces maisons d’un genre nouveau, mais aussi pour le thème des énergies renouvelables (au programme de physique de 3ème). Nous pouvons en déduire que notre habitat est voué  à évoluer vers ce style de maison.

Carole Aguilera,  élève journaliste à la journée du 6 avril

Conférence de M. SILLION le Mercredi 11 Mars 2009 à la Maison de la Chimie Rhône-Alpes

A l’occasion de la cérémonie de remise des prix aux lauréats du concours régional des XXV ièmes Olympiades de la chimie, M. Bernard SILLION, directeur de rédaction au CNRS de la revue « CHIMIE ET SOCIETE », est venu présenter une conférence sur le thème des « BIOCARBURANTS ».

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En introduction, M. SILLION s’est attaché à définir la CHIMIE comme ce qui sert à décrire la matière, inerte et vivante. Pour lui, la chimie est à la biologie ce que le solfège est à la musique.

  • Quelles sont alors les missions de la chimie ?

Elles résident principalement en une compréhension de la matière et en une transformation de celle-ci ; cependant, de nos jours, de nouveaux objectifs associés à des besoins nouveaux conduisent la chimie à évoluer.

Cette évolution aurait pour origine la raréfaction des matières premières ainsi que le réchauffement climatique, mais M. SILLION tient à rappeler à propos de ce dernier, qu’il y a déjà eu des réchauffements climatiques à raison de cycles d’environ 140 000 ans, dont l’origine est la décroissance, de manière périodique, de la distance Terre – Soleil entraînant le réchauffement de la surface de notre planète. Cependant, la cause principale du réchauffement reste l’activité humaine et notamment les rejets de plus en plus importants depuis le siècle dernier de gaz à effet de serre comme le dioxyde de carbone, CO2. Il existe des moyens naturels d’éviter ces rejets, comme la photosynthèse des végétaux qui utilise le CO2 et l’eau en présence de lumière pour former du glucose et du dioxygène. La biomasse, (organismes végétaux et animaux vivants), se régénère en consommant le CO2, par photosynthèse, à raison de 45% de carbone par an. D’autre part, cette biomasse est une importante source d’énergie

On compte parmi les principaux responsables de l’augmentation du taux de CO2 les raffineries de pétrole utilisant des combustibles fossiles à l’origine de ces émissions. La consommation d’énergie de ces raffineries est d’environ 11000 kWh ce qui est relativement considérable. Elles consomment par an environ 3,5 milliards de tonnes de pétrole. On considère actuellement que les réserves de pétrole sont de 160 milliards de tonnes ce qui nous permettrait de tenir encore 40 à 50 ans en ne modifiant pas nos modes de consommation.

De ce fait, on constate un véritable enjeu en ce qui concerne la raréfaction des matières premières. Il faut tenir compte cependant du renouvellement des ressources en pétrole qui s’effectue naturellement.

Par ailleurs, toutes les ressources ne sont pas épuisées lorsqu’il s’agit du carbone : il reste du charbon (laissé à l’abandon par suite de reconversion au siècle dernier d’une industrie minière en une industrie axée vers le pétrole essentiellement), du gaz naturel (méthane CH4) et des hydrates de méthane (stables dans certaines conditions de température et de pression, on ne sait pas actuellement comment les exploiter, emprisonnés dans un dodécaèdre de glace et situés entre 600 et 1000 mètres de profondeur)

Les ressources ne manquent pas, certes, mais restent peu exploitées par manque d’intérêt et d’approfondissement des techniques qui permettraient de le faire.

  • Quelles démarches doit – on entreprendre ?

Il faut développer une chimie plus durable, accroître et diversifier l’utilisation des matières premières et développer les biocarburants. Le terme de « chimie durable » désigne une chimie qui se doit de répondre à nos besoins. En 1990, par exemple, aux Etats-Unis, le programme EPA a lancé un mouvement de chimie verte qui avait pour objectif de développer les technologies chimiques pour éviter les dangers.

Dans cette avancée, l’influence de certaines organisations, telles que l’ONU, est majeure et, plus récemment, il faut citer le programme REACH : programme à dimension européenne dont les objectifs sont d’enregistrer les produits et d’évaluer les risques qu’ils représentent sur la vie humaine et sur l’environnement ; c’est ainsi que sont répertoriées plus de 30 000 espèces chimiques, et qu’au 1er juin 2007, au niveau européen, un règlement a été rédigé, précisant sept objectifs, dont la protection de la santé humaine et la diminution des expériences sur les animaux. En bref ce programme représente une voie nouvelle pour le développement futur de l’industrie chimique et de l’innovation.

  • Où en est l’avancée des démarches pour une chimie durable ?

On compte désormais « les douze commandements de la chimie verte », parmi eux on trouve :

– une volonté de réduire les déchets en en produisant un minimum. Il s’agirait de procéder à des réactions chimiques permettant de mettre en jeu des réactifs ayant pour produit une seule espèce chimique (soit : A+B→AB et non pas A+B→AB + C) ;

– limiter les dépenses énergétiques ;

– rechercher des matières premières renouvelables ;

– rechercher des réactions catalytiques ;

– rechercher davantage de produits de synthèse biodégradables (qui ne persistent pas dans la nature) ;

– travailler en continu pour éviter les stockages.

Les résultats attendus sont principalement :

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L’enjeu ici serait d’utiliser pour une même chimie d’autres sources que le pétrole, on pense :

– aux gaz de synthèse produits à partir d’une oxydation partielle du méthane. D’autre part, les Chinois travaillent efficacement à la valorisation du charbon dont ils font le monopole de l’industrie, ils réfléchissent à sa liquéfaction.

– à réduire CO2 par C selon l’équation : CO2 +C → 2 CO.

– à réintroduire le CO2 dans la chimie par d’autres techniques comme celle de la synthèse du méthanol CH3OH mais pour ce faire il faut des réactions exothermiques (libération d’énergie) ; or certaines sont endothermiques (absorption d’énergie, par exemple : CO2 + CH4 → 2 CO + 2 H2).

Toutes ces réactions ont été mises à l’écart après l’arrivée du pétrole mais sont sur le point d’être remises au goût du jour.

M.SILLION a aussi évoqué:

– Le gaz dihydrogène H2, il est obtenu à 96% à partir de la matière fossile et à 4% par électrolyse de l’eau ; le problème est alors l’importance du coût de l’électricité consommée.

– Les agro-ressources : la question alors est de savoir comment les utiliser. Par exemple, lorsqu’il s’agit de tensioactifs (molécules qui s’organisent à l’interface de deux autres et favorise l’émulsion ; exemple de la moutarde dans une sauce vinaigrette, du jaune d’œuf dans une sauce hollandaise, du savon dans l’eau…), leur intérêt est d’abaisser la tension interfaciale entre deux phases non miscibles.

En Inde, beaucoup de ressources renouvelables sont créées à partir de ressources naturelles.

– Les agro-polymères, tels que la cellulose (produite à raison de 6 millions de tonnes par an pour la chimie, fibres cellulosiques), l’amidon (produit à 35 millions de tonnes par an, polymère biodégradable, amorphe très utilisé pour les emballages et les films), le PLA (l’acide polylactique qui se développe fortement, obtenu par fermentation du sucre ; il n’est cependant pas entièrement naturel) : il faut progresser dans le développement de ces agro-polymères ; en effet les polymères sont présents dans les emballages, le BTP, ils représentent 13% du poids d’une auto, or actuellement, sur les 6,72 millions de tonnes de déchets produits seulement 300 000 tonnes sont renouvelées.

– Les biocarburants mythe ou réalité ?

On entend énormément parler des « biodiesels ». Le fait qu’ils soient des triesters leur donne un poids moléculaire élevé qui limite leur utilisation aux tracteurs lourds : ils seraient inadaptés à des moteurs de voitures.

La référence énergétique pour l’utilisation des carburants est le PCI (Pouvoir Calorifique Inférieur ; sans compter l’eau). L’ester par exemple possède un petit PCI ce qui le rend intéressant d’un point de vue énergétique.

L’obtention du Biodiesel se fait avec un coproduit le glycérol (1,2,3 propane triol) qui sert aussi à une autre polymérisation, ce qui donne un avantage à la production du biodiesel, mais le glycérol à éliminer est fragile, il faut donc trouver des solutions.

Par ailleurs, l’éthanol est largement utilisé en tant que carburant au Brésil car il empêche les rejets de CO2 (40% des voitures là-bas utilisent l’éthanol). Cependant sa production se fait à partir de la canne à sucre dont l’étendue de la production provoque la déforestation. De plus, l’éthanol possède un fort PCI ce qui implique que pour une même puissance il est nécessaire d’utiliser une quantité beaucoup plus importante d’éthanol que d’essence. Il en découle que, si on veut utiliser l’éthanol de façon plus importante en tant que carburant, il sera nécessaire de trouver un autre moyen de le produire et une autre biomasse que le sucre.

On peut penser à la biomasse non liée à la culture traditionnelle comme les dérivés lignocellulosiques issus des plantes entières, il faudra séparer les ligneux des dérivés mais, là encore, le PCI inadapté aura pour conséquence une consommation trop importante de ces plantes.

  • La question qu’il faut se poser en conclusion : est-ce raisonnable de développer les agro-carburants ?

Leur production nécessitant 120% du territoire, nous avons la réponse. Il ne serait plus possible de nourrir les 9 milliards d’habitants de la planète prévus pour 2050.

M. SILLION a alors cité Antoine DE SAINT EXUPERY : « Pour ce qui est de l’avenir, il ne s’agit pas de le prévoir mais de le rendre possible »

30% seulement du gisement pétrolier sont utilisés, on peut tenir mieux partie des ressources fossiles en développant d’autres techniques, par exemple en injectant du CO2 fluide super critique pour dissoudre le pétrole.

Puis M. SILLION a précisé que dans le domaine des énergies, il ne faut pas rêver, en nous indiquant qu’une éolienne ne produit qu’un millième de l’énergie nucléaire, que, pour produire 100W par l’énergie solaire, il faut disposer de un mètre carré de panneaux. Il regrette que le projet de la centrale Super Phénix ait été abandonné.

Enfin, au terme de sa conférence, M. SILLION souligna: « Manger ou conduire il faut choisir ! »

Mariannik MADEC (professeur de physique et chimie en TS) et Sophie SORNET (élève de TS)