Le gaspillage alimentaire

Les chiffres parlent d’eux-mêmes :

  • 1.4 milliards de personnes en surpoids (dont 500 millions d’obèses) ;
  • 870 millions de mal-nourris  (d’après l’ONU) ;
  • 1.3 milliard de tonnes de  produits alimentaires gaspillés dans le monde.

Le gaspillage alimentaire1

 

De nos jours, les populations ne sont pas toujours très économes en matière de nourriture. Trois quotidiens en octobre dernier  ont traité ce sujet :

Le journal Libération, dans un premier article évoque la désinvolture avec laquelle les Français gaspillent. Bruno Lhoste, directeur général d’Inddigo (société de conseil et d’ingénierie en développement durable) et auteur de La grande (sur-)bouffe ;  pour en finir avec le gaspillage alimentaire y est interviewé. L’article insiste sur le fait que ce problème est large et que les solutions ne se révèlent pas idéales. Il y a beaucoup de questions qui se posent et peu de réponses sont trouvées pour essayer d’enrayer ce gaspillage alimentaire. Le journaliste évoque aussi le côté universel de ce fléau même si les pays du Nord sont les plus touchés. L’article de  La Croix et le second article de Libération présentent  une vision plus écologique avec des chiffres plus encourageants (2/3 des emballages ménagers ont été recyclés en 2011). Ils proposent aussi des solutions pour préparer l’avenir, tirent un bilan plus positif et considèrent la France comme un acteur dynamique du développement durable.

Le gaspillage, à travers des solutions diverses, pourrait-il rimer avec recyclage ? 

Analysons ces trois articles :

Libération, octobre 2012 « Du Nord au Sud, des poubelles trop nourries »

Cet article  est plutôt inquiétant puisqu’il affirme que le gaspillage se calculerait à 260 kg/ habitant/an, soit 150 kilos de nourriture gâchée ou abîmée durant les étapes de production. Pour Bruno L’Hoste, président d’Indiggo: « C’est un problème systémique, complexe, qui n’a malheureusement pas de solution simple, car pas de cause unique » En effet, tout le monde jette : les producteurs, victimes des aléas climatiques, les transporteurs ensuite qui abîment une partie de leur cargaison. Puis les grandes surfaces et les supermarchés qui envoient  1.15 million de tonnes de produits chaque année à l’incinération. Pourtant, environ 30 kilos de ce que l’on jette chaque année pourraient être aisément consommés ou, mieux, non achetés.  Certains  produits « en trop » connaissent d’ailleurs une nouvelle vie, et sont redistribués par la banque alimentaire (plus de 100 000 tonnes en 2011).

Libération, octobre 2012 « Des idées contre les avides d’ordures »

Trois pays font l’objet d’une étude et l’article expose et compare leurs solutions pour réduire les déchets alimentaires. Tout d’abord, au Japon, des organismes divers tels que Agri Gaia System  transforment 70% des 20 millions de tonnes de détritus alimentaires (des supermarchés, restaurateurs ou industries agro-alimentaires) en mélasse pour les élevages de porcs ou poulets et également en fertilisants  et en méthane. En France, les lois du Grenelle, établies en 2007 pour encourager le recyclage, constituent des objectifs optimistes, qui ne pourront visiblement pas être atteints (le but serait pour les matières organiques d’arriver à un taux de recyclage de 45%) mais des mesures sont tout de même prises. Dans les Bouches-du-Rhône, par exemple, un programme de sensibilisation dans les établissements scolaires a été très efficace puisqu’il a entrainé une réduction du gaspillage de 30% entre 2006 et 2011. Enfin, en Grande-Bretagne, le programme Wrap  insiste sur l’importance de la planification des repas, la taille des portions et le stockage de la nourriture. Ce qui a abouti à une réduction de moitié du gaspillage par semaine et par foyer.

La Croix, octobre 2012 « je recycle, tu recycles, il recycle… »

Dans ce journal, les chiffres sont plutôt encourageants : 2/3 des emballages ménagers ont été recyclés en 2011 en France. A l’origine de cette progression, de plus en plus de Français (93%) se sentent concernés par le développement durable et agissent. Néanmoins, le bilan est hétérogène : dans les campagnes, 54 kg de déchets sont recyclés par an et par habitant contre seulement 30 kg en ville.  Cette différence est due au manque de place pour créer des espaces de tri adaptés en milieu urbain. Tandis qu’en milieu rural, les collectivités sont encouragées, et surtout subventionnées par tonne de déchets récupérés par la société Eco-emballage (qui a reversé 519 millions d’euros en 2011). Elle a pu constater que les matières les plus recyclées sont l’acier, le verre, les papiers et cartons dont le taux de recyclage atteint les 60%. En dernière position arrive le plastique avec un taux de 22% mais des investissements nécessaires seront bientôt mis en place (de 500 millions à 1 milliard d’euros).

Le gaspillage alimentaire 2

Flore Dionizo et Mélina Manzini (2de5) et  Nina Drapala (2de4).

Cette revue de presse a été réalisée à l’occasion des A.P de seconde avec Mme Novales, documentaliste.

 

 

Comment «Penser global, Agir local »?(1)

Bilan d’une année scolaire

S’occuper de la formation et de l’accompagnement des éco-délégués au lycée, c’est rendre les élèves acteurs autour de projets dont ils ont l’initiative, c’est aussi les sensibiliser au sein même de leur établissement aux enjeux du développement durable, fil rouge des nouveaux programmes de géographie. Seulement, le développement durable  n’est pas l’écologie, pas davantage la seule protection de la nature. Ce concept est à l’interface de trois piliers conformément à la définition du rapport Brundtland. Il doit être envisagé dans toute sa complexité et intégrer le développement économique, la justice sociale et la qualité environnementale.

Cette approche globale du concept a été éclairée puis discutée, débattue à l’issue d’une demi-journée de formation des éco-délégués initiée à Mongré par une intervenante  mandatée par la FRAPNA dès le retour des vacances de la Toussaint . Ce temps de formation s’est prolongée pour les éco-délégués, membres du Comité de pilotage, par un séminaire consacré aux énergies, organisé par La Région. Ils ont ainsi pu mesurer combien le développement durable est devenu un objet politique dont la mise en œuvre dépend largement des choix politiques de l’Etat, des régions en l’occurrence.

A l’issue de ces périodes de formation et de réflexion, les éco-délégués ont opéré des choix d’action à Mongré, validés par le comité de pilotage :

–          Sensibiliser leurs camarades au self-lycée sur le gaspillage du pain. Ils ont réalisé des panneaux exposés dans l’enceinte du self sur le thème de la faim dans le monde, les inégalités autour de l’accès à la nourriture.  Pendant une semaine, sur les temps de repas, ils se sont relayés afin d’expliciter leur projet. Dans un deuxième temps et pendant un mois, ils ont effectué quotidiennement la pesée  du pain récupéré afin d’évaluer l’efficacité de leur action. Au-delà des résultats statistiques plus ou moins probants, cette expérience a été pour eux l’occasion de communiquer, d’échanger avec leurs pairs. Cette initiative  a permis aussi d’associer activement les élèves éco-délégués  de seconde, jusque-là un peu rétifs, dans le sillage de leurs aînés de première et de terminale.

–          Organiser un temps fort d’une semaine autour du commerce équitable en association avec Artisans du Monde  et les Pères Blancs. Les enjeux étaient multiples. D’abord pédagogiques puisqu’une exposition prêtée par Artisans du Monde renseignait et explicitait les mécanismes du commerce équitable. Les Pères Blancs et les bénévoles de leur association ont apporté un éclairage culturel et humain en  témoignant de leur action auprès des populations africaines et en exposant également des objets d’art africain particulièrement appréciés par les élèves découvrant une culture qui nous est guère familière. Enfin, la vente de produits d’Artisans du Monde (bijoux, encens, produits de beauté, goûters bio.. ) à permis de réaliser un bénéfice qui servira à pérenniser la publication du Vert Mongré dans sa quatrième édition.

L’ensemble de ces actions conduit aura sans doute  aussi contribué de manière active à l’éducation de futurs citoyens éco-responsables.

(1)   Citation de René Dubos au premier  sommet sur  l’environnement en 1972.

Marie-Line Dumas, professeur d’Histoire-géographie, responsable de la formation des éco-délégués lycée.

                               

Halte au gaspillage !

La notion de développement durable va au-delà des simples préoccupations environnementales et se décline selon les 3 volets : économique, environnemental et social.

Préserver la planète, c’est économiser nos ressources en évitant la surconsommation et, dans le même temps, lutter contre les inégalités entre ceux qui manquent de nourriture et ceux qui en ont trop.

Nous constatons qu’à la cantine, une certaine quantité de pain est gaspillée chaque jour.

Certes, les tranches non consommées sont récupérées par le personnel et données aux poules mais n’était-il pas urgent, dans un établissement éco-responsable de sensibiliser les élèves au problème du gaspillage ?

France Nature Environnement a réalisé avec le soutien de l’ADEME un dossier sur le gaspillage alimentaire que vous pouvez consulter sur : http://preventiondechets.fne.asso.fr

Cette étude nous apprend que gaspiller un pain est équivalent en terme d’impact sur l’effet de serre à :

–       rouler en voiture sur 2 km environ ;

–       allumer une lampe (60 W) pendant 32 heures ;

–       faire 2 cycles de lave-vaisselle.

De plus, gaspiller du pain, c’est gaspiller de l’eau puisqu’il faut 1000 litres d’eau pour fabriquer 1 kg de farine.

D’une façon générale, un quart de la nourriture mondiale va à la poubelle alors que toutes les quatre secondes, une personne meurt de faim dans le monde !

Les éco-délégués et leurs responsables ont décidé de lancer une campagne afin de s’attaquer, à leur niveau, au gaspillage du pain à la cantine.

  • Du 14 au 18 février, ils ont mis en place des  poubelles « spécial pain » et veillé à ce que les élèves jettent leurs tartines au bon endroit
  • A partir du 21 février, ils ont commencé à peser le pain gaspillé.
  • A partir du 14 mars, une grande campagne de sensibilisation et de communication sera lancée et les éco-délégués pourront alors évaluer si le gaspillage a diminué.

Mongré reversera alors à une association caritative la somme correspondant au pain non gaspillé.

C.L.