Les piscines chauffées extérieures, vous aimez ?

les piscines chauffées

Pas mal non ?! Les piscines chauffées extérieures intéressent les nombreux touristes en montagne. En effet, la température extérieure étant assez basse, ces piscines offrent de bonnes occasions aux touristes de venir en vacances, se relaxer tout en se réchauffant et accompagnés d’un beau paysage.

Mais ces piscines sont des problèmes pour la planète et notamment pour la montagne. En effet, elles consomment énormément de chauffage et donc d’énergie, ce qui favorise le réchauffement climatique. De plus, le défrichement de nombreux espaces pour la réalisation de ces piscines est important et envahit de nombreux espaces.

La piscine extérieure chauffée : un endroit pour prendre du bon temps mais mauvais pour l’environnement !

Seconde 7

Cet article a été écrit à la suite de la sortie dans le massif des Monts de la Madeleine le 29 mars 2016.La sortie, animée par l’association Madeleine Environnement, portait sur la biodiversité (SVT, C. Larcher), le tourisme durable (EMC, N. Mergoux), en lien avec l’EDD (C. Lecocq Hubert).

L’agropastoralisme

L’agropastoralisme

L’agropastoralisme est une pratique qui lie l’agriculture et l’élevage. Il est plus fréquent dans les zones délaissées par l’agriculture, et en particulier dans régions semi-arides ou montagneuses dans lesquelles les différences climatiques sont marquées entre la saison froide ou chaude.

Le maintien de troupeaux d’une certaine densité dans le paysage agricole ou forestier présente parfois un grand intérêt éco-paysager pour l’entretien de clairières, de corridors écologiques, de milieux ouverts ou pour la lutte contre les incendies en période sèche. De plus, les animaux transportent de nombreux organismes et peuvent enrichir le sol de leurs excréments ou nourrir d’autres animaux nécrophages quand ils meurent.

Les enjeux agro-environnementaux.

Comme toute forme d’exploitation des milieux, l’agropastoralisme modèle et transforme les paysages et leur biodiversité et ce, depuis la préhistoire[]. semble-t-il [][]. Au-delà de certains seuils, une dégradation importante et durable des milieux est possible, notamment durant les épisodes de sécheresse comme au Mali[].

Il peut présenter des aspects négatifs: si les animaux sont en surnombre ou présents trop longtemps au même endroit, ils exercent une pression trop forte sur le milieu et cela entraîne une situation de surpâturage. Si elle perdure ou s’étend à grande échelle, les cheptels peuvent alors contribuer à dégrader les sols et à un effondrement de la biodiversité.

Peut-on protéger le loup tout en maintenant l’agropastoralisme ?

Témoignage d’une attaque : « Ce sont 31 brebis qui auraient été victimes d’attaque de loups, principalement lors d’une grosse attaque sur des troupeaux en estive, en août, sur la petite commune de Dourbies. L’un des éleveurs en a perdu dix-huit malgré la présence d’un berger qui les gardait. S’il a été quasi inexistant dans les Pyrénées-Orientales, le loup s’est en revanche fait remarquer dans l’Aude, où ses attaques à répétition dans le secteur du Razès avaient provoqué la colère des agriculteurs. En Lozère, en revanche, le canidé a été particulièrement actif  avec plus de 300 bêtes tuées. »

Pourtant, le loup est une espèce strictement protégée en France comme en Europe. Elle figure dans l’arrêté du 23 avril 2007 fixant la liste des mammifères protégés sur le territoire national et les modalités de leur protection. La France représente un cas exceptionnel en Europe de reconstitution d’une population de loups (réapparus de façon naturelle dans le massif du Mercantour) à l’échelle d’un pays où il avait disparu au début du XXème siècle.

L’usage des chiens de protection a été demandé par les autorités. Ils sont devenus indispensables mais leur introduction dans les troupeaux pose des problèmes financiers et de surcharge de travail. Les éleveurs de petits troupeaux financent les mesures de défense supplémentaires à 100 %. Par ailleurs, les troupeaux de moins de 150 animaux ne sont aidés financièrement que pour un chien.

De plus, les conflits avec les autres usagers de la montagne sont de plus en plus fréquents et peuvent se terminer au tribunal. D’autre part chaque année des chiens de protection sont blessés ou tués lors des attaques.

Le collectif Cap-Loup qui réunit des associations engagées dans la protection du loup dénonce lui, les rumeurs, les erreurs et les contre-vérités les plus grossières qui ont été colportées par des responsables du monde agricole, des chasseurs, et par des élus.
Ces associations souhaitent la présence de l’espèce en France et pensent que  la cohabitation entre le loup et les activités humaines est possible.

Après quelques décennies d’absence à la suite de sa destruction par l’homme, voilà plus de vingt ans que le loup est revenu naturellement en France, par ses propres moyens.

Le loup (« Canis lupus ») est une espèce protégée par la loi, mais pas toujours par nos élus. Pourtant, 76 % des Français considèrent que le loup a toute sa place dans la nature en France, et 80 % sont farouchement opposés à son éradication. Seulement 6 % de nos compatriotes se montrent fermement opposés à sa présence, notamment chez les plus de 65 ans.

Les protecteurs du loup estiment que toute une série de mesures existent pour protéger le bétail (berger, clôtures, chiens). Elles sont efficaces si elles sont bien mises en œuvre. Les troupeaux bien gardés ne sont pas ou très peu l’objet de prédations. La prédation sur le bétail ne sera jamais complètement nulle partout, mais un mode de conduite des troupeaux adapté permet de la réduire drastiquement voire de l’annuler localement.

 Seconde 7

Cet article a été écrit à la suite de la sortie dans le massif des Monts de la Madeleine le 29 mars 2016.La sortie, animée par l’association Madeleine Environnement, portait sur la biodiversité (SVT, C. Larcher) et le tourisme durable (EMC, N. Mergoux), en lien avec l’EDD (C. Lecocq Hubert)

 

 

 

Les éoliennes, la seule vraie solution ?

Les éoliennes 1

Nous avons visité le 29 mars, lors de notre sortie dans le massif des Monts de la Madeleine, le parc éolien de st-Nicolas-Des-Biefs ; il contient 7 éoliennes.

La durée de vie du parc est de 20 à 25 ans ! Plutôt pas mal non ?

La production énergétique du parc : 46.8 KW/h par an, soit la consommation de 55000 personnes par an (20.400 foyers).

Les éoliennes permettent d’éviter la consommation de 60.000 tonnes de CO2/an

L’éolien est une énergie renouvelable et propre, inépuisable et abondante. Le parc permet la création d’emplois, de croissance économique régionale et d’innovation technologique, il est source de développement local.

Il permet l’indépendance énergétique nationale et locale.

Le développement des énergies renouvelables s’inscrit dans une démarche de développement durable.

Les éoliennes 2

Cependant, nous pouvons constater que les éoliennes ont un impact négatif sur la biodiversité car

– le fonctionnement des pales augmente la mortalité des chauves-souris, des rapaces et des grands échassiers ;

– l’évitement des parcs éoliens par les oiseaux peut conduire à des échecs de reproduction ou à des décantonnements ;

– l’implantation au sol des éoliennes entraîne aussi la destruction de la biodiversité en raison de l’altération et de la dégradation des sites de reproduction et des aires de repos des espèces protégées.

Les éoliennes 3

Julien Allain et Achille Pluvinage, Seconde 7

Cet article a été écrit dans le cadre du projet « montagne » subventionnée par la Région Auvergne Rhône-Alpes La sortie, animée par l’association Madeleine Environnement, portait sur la biodiversité (SVT, C. Larcher) et le tourisme durable (EMC, N. Mergoux), en lien avec l’EDD (C. Lecocq Hubert).

 

La filière du bois

La filière du bois 1

Les forêts de montagne

Au 19e siècle, certains massifs montagneux français ont été replantés de résineux pour réduire le ruissellement, les crues torrentielles, l’instabilité des pentes, les avalanches et pour produire du bois.

Les forêts de montagne présentent une certaine diversité d’essences même si les conifères y sont majoritaires. Leur végétation varie selon l’altitude et l’exposition

On trouve le plus souvent un premier étage de peuplements denses composés de sapins, d’épicéas, de hêtres : c’est «l’étage montagnard ». Des peuplements plus clairs de pins à crochets ou de mélèzes constituent « l’étage subalpin ».

Toutes ces forêts sont aussi variées que les massifs et  les expositions : les Vosges, le Jura, les Alpes, le Massif Central et les Pyrénées ont tous une flore, une faune, des reliefs et des ambiances forestières bien caractéristiques. Les forêts de montagne sont aussi productives : 37% des forêts françaises de production se trouvent en montagne.

Une gestion durable du bois

La gestion durable signifie la gérance et l’utilisation des forêts et des terrains boisés, d’une manière et d’une intensité telles, qu’elles maintiennent :

  • leurs diversités biologiques ;
  • leurs productivités ;
  • leurs capacités de régénération ;
  • leurs vitalités ;
  • leurs capacités à remplir les fonctions écologiques, économiques et sociales pertinentes actuellement et dans le futur.

La gestion des granulés de bois

La filière du bois 2

Depuis 10 ans, la filière de chauffage aux granulés de bois affiche une progression d’année en année. En 2014, la production de granulés en France a atteint 1,5 million de tonnes. Sur les 10 dernières années, la production annuelle a été de 45%.

Aujourd’hui, 50 producteurs fournissent le marché hexagonal.

Un marché encore restreint  puisque le chauffage aux granulés de bois ne représente qu’une faible part du marché global du chauffage : 9% du marché des appareils indépendants et 1% du marché des chaudières.

Le chauffage central aux granulés connaît aussi un grand essor grâce à  son fonctionnement totalement automatique et à ses excellentes performances de rendement.

Le côté positif des granulés de bois, c’est que contrairement aux sources d’énergies fossiles, ils ne contribuent pas au déstockage du carbone.

La filière du bois 3

Une activité diversifiée et d’avenir

À l’image de la forêt française, les scieurs français proposent une offre très large, dans de multiples essences. Ils sont capables de s’adapter et de produire dans de grandes longueurs ou à des dimensions spécifiques. L’activité est en expansion que ce soit dans la construction, dans le bois de chauffage ou dans l’éco construction.

La maison construction-bois

La filière du bois 4

Utilisé comme matériau de construction, le bois permet de construire facilement des bâtiments à basse consommation. Les exemples qui sortent de terre, depuis longtemps à l’étranger et depuis peu en France, en sont la preuve. Les maisons à ossature-bois représentent plus de 11% des maisons individuelles construites.

Arthur Poulat, Paul Krolak et  Amaury Sarzaud, Seconde 7

Cet article a été écrit à la suite de la sortie dans le massif des Monts de la Madeleine le 29 mars 2016.La sortie, animée par l’association Madeleine Environnement, portait sur la biodiversité

(SVT, C. Larcher) et le tourisme durable (EMC, N. Mergoux).

 

Conférence de l’auteur Pierre Péju

Conférence de l’auteur Pierre Péju 1

La classe de première ES1 a pu rencontrer Pierre Péju, auteur de plus de vingt livres dont La Petite Chartreuse (2003) pour lequel il a obtenu le prix du livre Inter et le prix Rosine-Perrier, Le rire de l’ogre (2005, prix du roman Inter), L’état du Ciel (2013) et Pourquoi moi je suis moi (2014).

Le 22 avril, cette conférence/rencontre s’inscrivait dans le projet d’Éducation au Développement Durable, subventionné par la Région, et consacré cette année à la montagne.

Pierre Péju a été professeur de philosophie notamment à la Sorbonne à Paris et dans l’établissement international Stendhal à Grenoble. Cependant, il a préféré se consacrer à l’écriture d’ouvrages. Il nous a d’ailleurs confié que ces deux activités étaient incompatibles par manque de temps.

Son envie d’écrire s’explique par son désir de faire réfléchir les hommes sur des thématiques diverses et variées : le devenir d’une personne, le destin, le bonheur, l’enfance ou encore, les obstacles que l’on peut rencontrer dans la vie. Ainsi, il nous dit « les histoires que je raconte ou que j’imagine sont porteuses de questions ». Pierre Péju, au travers de celles-ci, nous apparaît alors comme un écrivain qui se situe entre le romanesque et la philosophie. Pour permettre au lecteur une projection ou une identification avec «les protagonistes de ses histoires », Pierre Péju fait un travail d’approfondissement sur la psychologie de ses personnages et la cohérence de son récit pour le rendre plausible et proche de la réalité.

De plus, Pierre Péju laisse une place à part entière à la nature et, plus particulièrement à la montagne. Cette nécessité de citer la montagne dans ses récits provient d’une passion qui naît lorsqu’il s’installe aux abords de la Chartreuse, non loin de la ville de Grenoble. La montagne a provoqué en lui une réelle inspiration au travers de  multiples escapades dans ce lieu qu’il décrit comme  «beau» et avec un «sentiment profond du temps». En effet, pour lui,  la montagne change d’aspect à chaque heure et chaque saison.

Dans ses romans, il ne cherche pas simplement à faire apparaître la montagne comme un décor de fond, mais bel et bien comme une personnalité propre. Ainsi, pour cet auteur, la montagne a un rôle réel de par son aspect physique rocheux mais aussi  un rôle symbolique de par la spiritualité qu’elle dégage. Selon P. Péju, les hommes entretiennent un rapport spécifique avec la montagne car c’est un lieu de solitude qui ramène l’Homme à sa petitesse.

Conférence de l’auteur Pierre Péju2

A la suite de cette explication sur le rapport qu’entretient Pierre Péju avec la montagne, nous avons eu l’occasion d’échanger avec lui et donc  de lui poser plusieurs questions :

– «le livre La Petite Chartreuse est-il inspiré de faits réels ?»

La réponse de Pierre Péju est non. Sa création faisait partie d’un cahier des charges qu’il s’était imposé à lui-même. Il fallait qu’il y ait un enfant, un homme et une femme, ne faisant pas partie d’un schéma familial. Ainsi, c’est son intuitivité qui a servi à créer l’histoire qui se termine tragiquement.  En anecdote par exemple, l’adaptation au cinéma de La Petite Chartreuse n’a pas respecté le dénouement de l’histoire car les distributeurs ne souhaitaient pas une fin aussi tragique.

– « Est-ce vous qui créez la quatrième de couverture ? »

Non. Ce n’est pas Pierre Péju qui a fait la quatrième de couverture pour la collection de poche.

« Être écrivain, est-ce une vocation ou un apprentissage ? »

Pour lui, être écrivain correspond à une vocation mais aussi, par un investissement et donc un apprentissage très intense. Lorsque l’on est écrivain selon Péju, on pense tout le temps à écrire par passion.

« Attachez-vous une certaine importance à évoquer des faits d’actualité dans vos livres ? »

Oui. Pour lui, l’actualité permet de rendre compte des choses et donne une réalité au livre. De plus, cela intervient pour donner une sensibilité aux personnages et les rendre plus crédibles. Cela permet également aux personnages d’évoluer en fonctions des évènements qu’ils subissent.

« Pourquoi avez-vous choisi d’écrire des romans alors que la philosophie était votre domaine de prédilection ? »

Pierre Péju a une attirance pour l’art de l’écriture et une aisance dans le genre romanesque. Cependant, il a le souci de débattre et de poser des questions. Pour lui, la philosophie passe par le fait de réfléchir tout en racontant.

« Dans La Petite Chartreuse, un passage a retenu notre attention vis-à-vis de l’ange qui arrive sur terre en profitant de la mort d’une personne. Cela crée un paradoxe puisque les anges ont pour but de faire le Bien, cet ange ne devrait donc pas avoir d’effets néfastes sur la vie d’une personne. Qu’en pensez-vous ? »

Pierre Péju trouve cette question extrêmement intéressante. Il ne pensait pas du tout à cette façon d’interpréter ce passage. Cette question prenait donc part dans la logique d’une interprétation personnelle. Chaque lecteur peut donc déduire de l’histoire des interprétations auxquelles l’auteur n’avait pas forcément pensé.

– « La Chartreuse est-il un lieu de prédilection pour vous ? »

De nombreux paysages ont retenu son attention dans ces randonnées dans la Chartreuse. Cependant, une de ses visites lui a particulièrement plu : le Prieur de Salaise. Il a trouvé ce lieu absolument intéressant puisqu’il a pu vivre en inclusion dans une cellule de monastère. Il a aussi été charmé par les chants qu’il entendait. Cette ambiance lui a permis d’écrire et avoir beaucoup d’inspiration par la connivence avec la montagne.

A la suite de cette interview, nous avons eu droit à une séance de dédicaces.

Conférence de l’auteur Pierre Péju3

Conférence de l’auteur Pierre Péju4

Cette conférence nous a donc permis de mieux appréhender la montagne à travers l’écriture et la vision d’un écrivain, mais également de mettre en relation une étude faite en classe avec une approche plus concrète.

Sarah Tourneur, Julien Grisoni

Ce travail a été réalisé dans le cadre d’un projet interdisciplinaire sur la montagne, en lien les cours de français (C. Rivoire) et l’EDD (C. Lecocq Hubert), et avec le soutien financier de la Région.

Balade en montagne avec Jean-François Noblet

Balade en montagne
Jean-François Noblet, membre de la Fédération de la protection de la nature, conseiller technique environnement du Conseil général de l’Isère, et naturaliste zoologiste est intervenu en ce mois de Mars 2016 auprès de notre classe de 2nde pour nous présenter le milieu de la montagne et les enjeux liés au tourisme.

En effet, le mode de vie à la montagne n’a pas toujours été le même qu’aujourd’hui : les activités qui existaient avant le développement du tourisme et du ski, et l’émergence d’un nouveau modèle touristique à visée écologique, étaient bien différentes et fondées principalement sur l’agriculture.
Mais tout d’abord, rappelons ce qu’est le milieu montagnard.
La montagne est organisée en plusieurs « étages » en fonction de l’altitude. Lorsque celle-ci est élevée (supérieure à 2900/3000 m), les conditions climatiques sont dures, et l’on trouve les neiges éternelles. Mais avec sa diminution, la faune et la flore changent et s’adaptent. L’étage alpin entre 2200/2400 m et 2900 m est composé d’arbres bas, de buissons, et l’on y rencontre par exemple, des animaux spécifiques comme le chamois ou le tétra-lyre propres à cet étage et à l’étage subalpin. Ce dernier s’élève à 1500/1700 m et on y trouve essentiellement des conifères. Puis entre 900/1100m et 1500 m s’étend l’étage montagnard, mélangeant les conifères et les feuillus. Enfin l’on trouve l’étage collinéen entre 200/400 m et 900 m ou se développent des feuillus. Aux altitudes inférieures se trouvent les plaines. L’altitude a aussi un impact sur l’implantation des populations, du fait des conditions toujours plus dures avec son élévation. Par conséquent les installations humaines dépassent rarement les 1900 m, avec, par exemple, Saint-Véran dans le Queyras qui est le village le plus haut à 2000m. A cette influence de l’altitude s’ajoute celle du soleil qui, selon l’exposition, détermine l’adret (au soleil) et l’ubac (à l’ombre).

Regard historique sur l’aménagement du territoire

Sur le plan historique, la montagne connaît une réelle révolution dans son occupation par les hommes. Les premiers espaces accueillant des populations furent les cols qui permettaient de contrôler les passages et de récolter des droits de douane. Mais il leur fallut s’adapter aux conditions naturelles : pentes, climat engendrant des difficultés de déplacement. Ainsi c’est surtout dans des refuges d’alpage durant la période estivale que les hommes s’aventuraient dans les étages élevés. Les villes, elles, se sont développées dans les vallées en bas des montagnes. Avant la Première Guerre mondiale, les populations étaient adaptées à la vie en montagne, leurs maisons à étages utilisaient la pente en s’adossant à celle-ci. Cela leur permettait de ranger le foin au 1er étage directement accessible grâce à la pente par l’arrière de la maison. Les animaux étaient à l’étage inférieur et donnant sur l’avant de la maison, entre les deux se trouvaient les hommes isolés par le foin au-dessus d’eux et chauffés par les bêtes en dessous. Les maisons étaient construites avec des matériaux locaux : le bois, la lauze pour le toit…. ainsi ce mode de construction était-il plutôt durable car il y avait peu de transport. Mais le déboisement induit par l’augmentation de la population aux XVIII° et XIX° siècles a pu provoquer une érosion des sols autrefois maintenus par les racines des arbres.
Autre forme d’adaptation : l’obligation d’être solidaire. En effet, avec un climat rigoureux, les populations étaient isolées et devaient donc se soutenir pour éviter les vols de nourriture qui auraient pu leur être fatals. Ainsi existait une réelle entraide. L’agriculture fut aussi marquée par le paysage. Les cultures étaient organisées en étages pour optimiser l’espace car les espaces plats étaient rares. Les torrents étaient déviés pour irriguer au moyen de canaux. Au final les communautés montagnardes étaient des sociétés assez fermées voire hostiles à l’arrivée d’étrangers.
Mais ces sociétés montagnardes ont aussi eu un impact négatif sur la faune en particulier. Par la chasse et le braconnage, de nombreuses espèces ont disparu : le grand coq de bruyère, le cerf, le chevreuil et le sanglier notamment dans les Alpes à la fin du XIX° siècle. Les prédateurs comme les loups, les lynx ou les ours (le dernier a disparu des Alpes françaises en 1937) ont été empoisonnés, ce qui a atteint aussi les aigles et les vautours (les derniers ont disparu dans les années 1920-1930)… tués en mangeant des charognes contaminées. Ainsi la biodiversité a été dégradée fortement.
Après la 1ère guerre mondiale, les espaces montagnards ont commencé à connaître un certain déclin. Beaucoup de leurs hommes sont morts à la guerre. Les femmes et personnes âgées ont des difficultés pour assurer les différents travaux nécessaires aux exploitations agricoles. En conséquence, l’exode rural a augmenté fortement dans les régions montagnardes.
C’est durant cette période que l’Etat va commencer à intervenir pour gérer cet espace. Avec la disparition des forêts alpines, le risque d’inondation dans les vallées a augmenté car les sols ne retenaient plus l’eau des pluies. Ainsi des barrages ont été créés pour contrôler le débit des torrents et cours d’eau, parfois aux dépens de populations qu’il a fallu déplacer. Cela a aussi permis de développer la « houille blanche », c’est-à-dire la production d’hydroélectricité, comme à Serre-Ponçon. Mais ces barrages ont eu un impact sur la faune aquatique en bloquant la migration de certaines espèces de poissons.
L’arrivée d’une agriculture plus industrielle et chimique a eu elle aussi un impact sur l’environnement, l’eau et la faune en particulier. En effet, les traitements antiparasitaires des bovins ont été tellement efficaces que les molécules employées pour tuer les vers dans les intestins du bétail ont tué les animaux vivants des bouses de vaches : insectes, oiseaux, chauves-souris… Une seconde conséquence est que, les bouses de vaches, n’étant plus dégradées par ces animaux, empêchent l’herbe de pousser ce qui réduit la ressource alimentaire du bétail dans les champs. Il en est presque de même pour le mouton que l’on a traité pour une moisissure des sabots à l’aide d’un produit à base de cuivre. Cette substance s’est retrouvée dans la nature et notamment les ruisseaux, provoquant une forte pollution de l’eau et causant la mort de la faune aquatique. Ainsi ce qui semblait être un bien pour l’élevage s’est révélé une catastrophe en terme environnemental et de biodiversité.
Le développement du tourisme après la seconde guerre mondiale a eu un fort impact sur la montagne. L’arrivée des alpinistes (personnes riches qui payent des guides locaux) dans des villes renommées comme Chamonix ou Zermatt en Suisse a menacé la civilisation montagnarde fondée sur la solidarité et la consommation locale. Le ski et les activités touristiques qui lui sont liées se sont beaucoup développés. La création de piscines chauffées en plein hiver, le développement du ski en été sur les glaciers ou des boîtes de nuit sur les pistes ont un fort impact sur la nature et le mode de vie traditionnel des montagnards. Ce développement touristique à outrance va complètement à l’inverse de la nature. Le régime des montagnards à base de fromage notamment est peu à peu remplacé par la pizza dont il faut acheminer les composants parfois de très loin au lieu de consommer des produits locaux. Le goût de l’effort montagnard disparaît suite à l’installation de téléphériques, télésièges… y compris pour les VTT. L’habitat traditionnel en bois et pierre est remplacé par des immeubles en béton. Au final, le seul élément conservé de la vie montagnarde est la pente pour descendre la montagne. Les paysages eux-mêmes sont impactés avec le développement de la voirie pour accéder aux stations qui mutilent les paysages. Les espaces autrefois vierges sont aujourd’hui défigurés par des lignes électriques et des téléphériques. Ceux-ci par ailleurs ont des conséquences négatives sur la faune ; les rapaces, par exemple, s’électrocutent sur les lignes à haute tension et se blessent contre les câbles des remonte- pente… dans le brouillard.
La migration touristique a eu aussi un une forte influence sur l’eau et l’air, car les populations touristiques sont trop nombreuses pour les capacités et les ressources de l’espace montagnard. En effet, les cours d’eau sont surexploités en période touristique. Il est de même difficile de retraiter l’eau en altitude à cause du froid et du gel en hiver, et quand bien même, les équipements en période de forte affluence sont saturés et souvent une partie des eaux ne peut pas être dépolluée alors qu’ils ne fonctionnent qu’à 10% de leur capacité hors saison.

Le réchauffement climatique

Pour terminer, le réchauffement climatique a des conséquences importantes sur les espaces montagnards et les activités touristiques. Il entraine tout d’abord la remontée des pâturages pour le bétail et la faune en élevant l’ensemble des étages alpins. Aujourd’hui dans les Préalpes, les stations de basse altitude manquent de neige et ont donc du mal à être rentables. Seules les grandes stations d’altitude le sont et pourront continuer longtemps, comme l’Alpes d’Huez par exemple. Pour les autres, la solution passe par la neige de culture ; mais là encore, ce n’est pas sans conséquences. Il faut trouver de nouvelles ressources en eau et les stocker. Or les pentes des lacs artificiels sont souvent très raides et les animaux s’y noient, y compris les grenouilles. Les bâches foncées utilisées pour les réservoirs créent une chaleur excessive en été à cause du soleil et cela tue les têtards qui y vivent. La station de Chamrousse en particulier possède un bassin très dangereux pour les animaux. Pour produire cette neige artificielle, on utilise des produits chimiques ou des pollens pour la stabiliser et la rendre plus résistante aux températures élevées. Mais on s’est aperçu que les pollens des canons à neige augmentaient les risques d’allergie chez les enfants des communes concernées.

Vers un tourisme durable ?

Aujourd’hui une nouvelle forme de tourisme émerge et se développe, plus enclin à profiter de la nature en l’observant et en la respectant. L’agriculture, qui n’est plus forcément l’activité dominante dans certaines régions montagnardes, délaisse des terres agricoles difficiles d’accès qui sont progressivement abandonnées avec environ 800 hectares qui disparaissent par an. Le point positif est qu’il y a une augmentation de la forêt même si celle-ci n’est pas toujours entretenue. La chasse et le braconnage ont aussi beaucoup régressé dans toutes les Alpes ce qui, là encore, a eu un effet bénéfique. Ainsi le gibier a recommencé à se multiplier : cerfs, sangliers, chevreuils reconquièrent progressivement des territoires d’où ils avaient disparu. L’homme accompagne ce processus en réintroduisant certaines espèces autrefois menacées comme le mouflon, le bouquetin… ainsi la population des grands animaux augmente. Cela a un autre effet positif : celui du retour des prédateurs, que ce soit les loups venus d’Italie où ils sont protégés ou le lynx réintroduit en Suisse, en Allemagne et en France et qui redescend actuellement dans les Alpes du Sud. Les vautours, eux aussi, connaissent des campagnes de réintroduction comme dans les Baronnies et le Verdon, à l’exemple du gypaète barbu, du vautour fauve ou du vautour-moine. La « contre offensive » du tourisme écologique soutient ces actions, en visitant les différents parcs nationaux comme le Mercantour qui sont des alternatives aux stations intégrées des Alpes en conservant la nature et l’habitat naturel de la faune. Des réserves naturelles ont été créées pour protéger des espaces naturels fragiles ; un tourisme « plus nature » qui valorise ce patrimoine est donc en plein essor. Cela d’autant plus qu’il faut savoir qu’aujourd’hui l’équipement des domaines skiables devient excessivement cher et que certaines stations ne sont plus rentables. Donc plusieurs stations sont maintenant orientées vers le côté écologique comme, par exemple, dans les Abruzzes en Italie. Un parc national a été créé après le dernier grand tremblement de terre en 2009. Plusieurs villages ont construit des enclos pour observer des loups, lynx, cerfs, chamois…. Le tourisme se développe car les populations viennent voir ces animaux en enclos pour ensuite aller observer la faune dans le reste du parc. En Bavière (Allemagne) un parc national a mis en place un espace animalier gratuit (à l’exception du parking). Une ballade de 17 km a été proposée permettant, de nuit comme de jour, d’observer la faune et la flore à l’aide de guides qui font visiter le site et l’expliquent aux gens.

Balade en montagne 2

Ainsi J.F Noblet, au terme de sa « balade », a permis aux élèves de notre classe de prendre conscience de l’influence du tourisme de masse sur les écosystèmes alpins en particulier. S’il n’est pas la seule cause de nombreuses atteintes à l’environnement et au mode de vie traditionnel montagnard, il en est néanmoins une cause majeure. Mais on constate qu’une nouvelle forme de tourisme plus respectueuse de l’environnement et soucieuse de la préservation de notre patrimoine naturel, est en train de se développer. Il reste donc, semble-t-il, de l’espoir pour qu’un jour l’on puisse parler du tourisme sous l’angle de la durabilité.
Vous pouvez découvrir le blog de Jean-François Noblet sur : http://ecologienoblet.fr/ et lire son livre La nature au café du commerce : Préjugés et lieux communs sur la faune et la flore (Broché – 3 octobre 2013)

Balade en montagne 3

Arthur Poulat de 2nde 7
Cet article a été écrit en lien avec les cours d’EMC (N. Mergoux) et l’EDD (C. Lecocq-Hubert)

Les parcs régionaux naturels (PNR) : outils de développement durable

Les PNR
Dans le prolongement d’une étude de cas conduite sur le Parc naturel du Pilat en géographie, les premières ES et L de Notre-Dame de Mongré ont assisté à une conférence tenue par Madame Valérie Sauter de l’association Madeleine Environnement dans le but de les sensibiliser à l’aménagement des zones protégées en France.

Définition et genèse des parcs naturels régionaux.

Tout d’abord, un parc régional naturel est un territoire rural délimité qui dispose en son sein d’un important patrimoine naturel et culturel. Ces territoires sont habités, il est donc nécessaire de préserver leurs richesses naturelles et humaines. Pour cela, de multiples actions existent : la prévention, la préservation, le fait de promouvoir les qualités du parc, et cela passe par le biais de labels. De plus, des organismes internationaux comme l’UNESCO jouent aussi un rôle de protecteur vis-à-vis de cette préservation.
En 1960, la DATAR(1), face à la périurbanisation et l’avancée du front urbain réfléchit à l’intérêt de préserver des zones naturelles en France. A la suite de cette réflexion, la journée de l’Urse-en-Provence, qui réunit en 1966 différents corps de métiers et spécialistes, est organisée pour réfléchir au maintien d’une activité économique dans les territoires ruraux tout en préservant leur environnement. C’est dans cette optique que sont créés les parcs régionaux par décret en 1967. De 1967 à 1976, on assiste à une véritable promotion de ces parcs naturels régionaux présentés comme étant d’abord des lieux récréatifs pour les citadins, mais aussi, des lieux de vie, de travail pour leurs habitants .A la suite de cette période, un volet économique se rajoute au volet du développement durable pour pouvoir dynamiser ces PNR. La notion d’éco-développeur fait son apparition. Elle repose sur une alliance entre les agriculteurs et le gouvernement. Cela débouchera finalement sur une réflexion au sujet de l’agronomie. Entre 1988 et 1997, les parcs régionaux deviennent des territoires de plus en plus importants. Des grands axes sont donc définis pour fixer des objectifs communs à tous les parcs :
•La préservation de la culture : il s’agit de promouvoir des lieux où la culture locale est très importante, cela passe par la préservation du patrimoine culturel.
•Le développement économique : dans le but de dynamiser les parcs.
•L’éducation à l’environnement : elle repose sur la sensibilisation des agents locaux pour assurer une meilleure préservation du patrimoine naturel.
•L’expérimentation et l’innovation : également utiles à la dynamisation de ces territoires pour ne pas les marginaliser et les inscrire dans une logique d’appartenance nationale.

De 1998 à 2007, la priorité est de limiter l’impact humain sur les PNR pour pouvoir mieux concilier économie et écologie sans toutefois sanctuariser ces territoires qui doivent rester des territoires de vie.

Mais comment obtenir le titre de parc régional naturel ?

Tout d’abord, cela doit émaner d’une demande collective et non individuelle. Ceci débute par une étude préalable pour savoir si le territoire en question correspond à tous les critères d’un PNR. Ensuite, un diagnostic territorial basé sur une charte est transmis au gouvernement. alors, il est demandé à la collectivité territoriale (qui formule la demande) d’apporter des modifications dans la charte dans le but de mieux se conformer aux attentes du gouvernement. Le territoire en question sera donc classé au titre de PNR. Néanmoins, chaque PNR a sa spécificité et est classé selon certains critères qui sont :
•La qualité et le caractère du patrimoine ;
•la qualité du projet proposé ;
•la capacité à répondre vis-à-vis de l’organisme de gestion pour conduire le projet à sa réussite.
Toutes ces initiatives se traduisent par la création de 51 parcs dont deux en DOMTOM ce qui équivaut à 15% du territoire français. De plus, ils abritent 4386 communes avec un total de 4 millions d’habitants. Au sein de ces parcs, sont recensés 2000 agents éco-responsables ainsi que 60 000 exploitations et 300 000 entreprises. Ces parcs sont donc bien des outils de développement durable car ils associent économie et écologie.

Le fonctionnement et la gouvernance d’un PNR

Des élus représentant les communes des territoires concernés par le PNR sont réunis au sein d’un syndicat mixte de gestion auquel sont associés des spécialistes, des scientifiques qui siègent dans des Commissions de travail. Ils travaillent tous en coopération afin de mettre en place des politiques territoriales qui permettront d’innover et d’investir dans les PNR.
Le syndicat mixte sert de figure exécutive pour prendre des décisions sur les politiques territoriales. Pour mener à bien ces politiques, il use d’un budget provenant de subventions européennes, du ministère de l’environnement, de contributions directes des membres du syndicat mixte et de partenariats privés.

Les parcs naturels régionaux permettent d’aménager et de gérer le territoire rural à partir d’une organisation basée sur la démocratie participative qui redonne du pouvoir à la société civile à l’échelle locale ; cela permet à chacun d’avoir un rôle à jouer et de prendre des décisions pour le développement du parc naturel régional en conformité avec les injonctions du développement durable.

Les PNR 2

Sarah Tourneur, Julien Grisoni, Sophie Rabourdin, première ES1
Cet article a été écrit dans le cadre des cours de géographie de Mme Dumas, en lien avec l’EDD