Un déo dit « bio»

D’après la dernière campagne de publicité d’Ushuaïa, leurs déodorants sont certifiés « bio ». Mais le sont-ils vraiment ?

Gel douche bio-truc, déo bio-machin, le nouveau marché du bio n’a pas fini de nous en faire voir. En France, il n’existe actuellement aucune réglementation pour encadrer l’usage du terme bio en cosmétique. Ce qui peut paraître contradictoire puisque dans le domaine de l’alimentation les réglementations sont très strictes. En 2006, la direction générale de la concurrence de la consommation de la répression des fraudes (DGCCRF) a testé 47 produits prétendus naturels ou biologiques mais 6 d’entre eux ne rentraient pas dans les normes écologiques.

C’est pourquoi nous avons décidé de nous pencher sur la fiabilité d’une publicité concernant les déodorants biologiques Ushuaïa.

Des composants fiables ? :

A première vue, tout converge pour nous prouver l’aspect naturel de ce produit. Sur la publicité on retrouve tous les items « bio » : couleurs, fleurs, fruits, plantes … Par ailleurs, nous pouvons voir le logo « cosmétique bio, charte cosmébio ». Après vérification, nous avons constaté que ce produit labélisé par cosmébio est certifié par écocert (cosmébio est une référence en cosmétique naturelle, écologique et biologique ; écocert, lui, délivre une certification pour les produits issus de l’agriculture biologique, les cosmétiques écologiques et biologiques). Le soutien de ces deux labels à la gamme de ce produit n’est pas anodine, ni négligeable. Il représente un atout pour la vente du produit. Pour approfondir la critique de ce cosmétique, nous nous sommes intéressées aux composants de ce déodorant Ushuaia. Ainsi, il est certain que les ingrédients sont 100% naturels. Si l’on prend l’exemple de l’aloe vera, on apprend qu’il est d’origine bio. Cependant, les ingrédients provenant de l’agriculture biologique ne représentent que 20% du produit. De plus, certaines substances naturelles comme l’inaloeol, lemonere, benzyle, alcool …sont potentiellement allergisantes pour des personnes sensibles.

Les limites de l’emballage :

Le déodorant contient parallèlement ce qui peut être à l’origine d’irritation. Concernant l’emballage, il est réalisé en polypropylène qui d’après U est recyclable à un très bon point mais Le magazine Terra Economica de novembre 2008 affirme que l’emballage des déodorants en plastique pose problème, car il ne se recycle seulement que s’il est composé exclusivement d’aluminium, d’acier ou de verre. En effet, seules deux sortes de plastique trouvent une seconde vie. Or le paquet de ce produit ne fait pas partie de cette catégorie. Si nous comparons l’emballage de ce produit avec d’autres emballages en plastique, nous constatons qu’il est possible d’obtenir des solutions plus écologiques. Volvic, par exemple, a crée la première bouteille éco-conçue  (20% de plastique végétal issu de canne à sucre et 25% de plastique recyclé). En outre Ushuaïa aurait pu aller plus loin en proposant des emballages rechargeables comme de nombreuses marques l’ont déjà fait.

Pour conclure, on ne peut pas parler de publicité mensongère pour les déodorants Ushuaïa car le produit respecte quelques exigences écologiques. Malgré cela, nous pourrions nous attendre à plus d’efforts de la part cette marque reconnue. Il faut tout de même garder une certaine vigilance face aux publicités de cosmétiques dits biologiques.

Fausse pub

Clémence Vignon, Pauline Radix, Pauline Reynaud et Eléonore Pahaut (1ère S3).

 Ce travail a été réalisé avec Mme Lecocq Hubert lors des séances d’ECJS.

Le Greenwashing ? Comment décrypter les faux produits écolos ?

On a de très nombreux cas de Greenwashing, scandales courants de l’actualité. Ainsi, tout comme Le chat vert « éco-efficacité », ou encore le fameux K2R écologique dont le slogan « dur avec les taches, pas avec la nature » insiste très lourdement sur des propriétés écologiques en fait irréelles et pousse le consommateur à choisir le produit pour ses qualités environnementales qu’il ne possède pas entièrement. Il s’agit donc bien d’une arnaque écologique !

Il est courant de trouver des publicités concernant des lessives vantant leurs qualités écologiques. On doit donc se méfier des différents slogans publicitaires divulgués de nos jours puisqu’on remarque après étude que peu d’entre elles répondent réellement à tous les critères proclamés par les labels écologiques.

Qu’est-ce qu’une lessive écologique ? En existe-t-il vraiment ? La réponse donnée par les professionnels est, sans le moindre doute, non. En effet, une « lessive écologique » serait un produit sans le moindre impact sur l’environnement. Une étude de 60 millions de consommateurs nous confirme « l’écotoxicité de l’eau de lavage de toutes les lessives ». Il n’existe donc pas de lessive écologique.

Cependant, par leurs composants plus ou moins biodégradables, par le niveau de toxicité de l’eau de lessive, etc., il existe des lessives plus ou moins écologiques souvent reconnaissables à des labels officiels (labels verts, labels européens…)

Ici, on étudiera un cas de Greenwashing avéré, la campagne publicitaire du Chat éco efficacité.

Dans ce cas précis, on a une habile utilisation de l’emballage, de l’étiquette du flacon de lessive, dans le but d’induire le client en erreur. Ainsi, le Chat éco efficacité ® va fortement jouer sur la couleur verte afin de « renforcer la dimension écologique ». De la même manière, les mentions du produit sont précédées de diverses affirmations (« tensio-actifs d’origine végétale et la présence d’aucun rejet polluant au fil du temps dans la nature » ainsi que « efficace même en eau froide ») ainsi que de sigles graphiques, signes ambigus, simples signes esthétiques, mais rappelant au client les écolabels officiels, sans pour autant que le produit en possède, et toujours en jouant, auprès du client, sur la confusion, et le manque de précision.

On retrouve aussi ce manque de précision avec les affirmations de la marque, sans la moindre preuve à l’appui (labels…), telles que « Lessive écologique », « éco », « 100% biodégradables ». Ce dernier label prouve que le produit ne comporte aucune substance nuisible à la nature, mais qu’en est-il réellement ? Il s’agit donc ici d’une publicité mensongère.

De plus, alors que les allégations du produit restent vagues et non prouvées, le consommateur se trouve dans l’impossibilité de se renseigner sur ses réelles qualités. En effet, il ne pourra trouver sur son site www.lechatecoefficacite.fr,  aucune indication concrète sur la nature du produit. On nous indique sur le site de l’observatoire  de la publicité, OIP (observatoiredelapublicite.fr), que « Les lessives dites vertes ou écologiques qui respectent l’éco-label sont celles qui imposent une limitation des substances dangereuses, une biodégradabilité accrue et une réduction des produits issus de la pétrochimie pour un lavage efficace. Même s’il n’est pas parfait, ce label officiel permet de faire la différence entre un produit qui tente de réduire réellement son impact sur l’environnement et les autres. A la lecture des points précédents, on voit que Le Chat est nettement dans la « surpromesse » publicitaire »

Enfin, le produit conduit directement le lecteur à la confusion en sous-entendant que la composition du produit le rend tout à fait écologique. Or, les tensio-actifs d’origine « 100% végétale » n’en font pas pour autant un produit entièrement écologique et biodégradable

Le Chat, avec ce produit, n’a pas de comportement particulièrement contraire à un comportement écologique (ce produit pollue du fait des émissions de dioxyde de carbone puisque sa production est centrée à Nemours, en France…), mais la campagne de publicité étudiée reste un cas de Greenwashing, en raison de l’accumulation de sous-entendus, d’approximations, de mensonges par omission.

Nous avons donc pu voir que la publicité vantant les qualités écologiques du Chat Vert n’était pas réellement véridique. A l’inverse de ce produit très médiatisé, nous avons découvert une nouvelle substance dont les critères écologiques sont vérifiés: les noix indiennes de lavage. En effet, ce détergent naturel ne nécessite pas de transformation ou de production industrielle, c’est pourquoi il est biodégradable et hypoallergénique. De plus, le sac de coton dans lequel les noix sont vendues, est également écologique. Néanmoins ce produit, tout à fait naturel, vient de pays asiatiques. Ainsi la longue distance séparant le lieu de fabrication du pays de consommation induit un transport coûteux, et peu écologique du fait des émissions de CO2.

Cependant la récolte et l’entretien de ce produit entraînent la création de nouveaux emplois dans la région et permettent de développer le commerce équitable. Pourtant ce moyen de lavage montre encore quelques inconvénients liés à une origine naturelle; effectivement, certaines noix commercialisées peuvent être inefficaces à cause d’une mauvaise récolte, de mauvaises pluies  ou encore un mauvais séchage.

De par sa méconnaissance dans les pays développés, ces noix indiennes sont peu commercialisées. De plus, on peut supposer qu’elles sont peu utilisées du fait de l’absence d’odeur après le lavage. En effet, nous sommes attachés à la bonne odeur qui se dégage de notre linge propre !

En observant ces deux types de lessives : le Chat Vert et les Noix Indiennes, on constate que le premier type de lessive n’est en aucun cas écologique comme le prétend la publicité. En effet, cela s’explique  par les substances qui la composent, les moyens utilisés pour son exportation (transports…), etc. Tandis que le caractère écologique de ces noix ne fait pas de doute, hormis en ce qui concerne les transports polluants (CO2.). On peut donc dire que ce type de lessive est quasiment écologique. Ainsi, l’essentiel est de tenter d’adopter un comportement le plus écologique possible, sans se vanter de qualités environnementales factices.

Claire-Marie Maignet, Augustin Metge, Axel-Corentin Rongère et Yoann Revol, 1ère S3.

Ce travail a été réalisé avec Mme Lecocq Hubert lors des séances d’ECJS.